La visite du pape LĂ©on XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, coĂ»tera 27 millions dâeuros Ă organiser. LâĂglise de France en a pour lâinstant collectĂ© 5,5 millions et fait donc appel aux dons. Jusque-lĂ , rien de trĂšs rĂ©publicainement croustillant. Sauf que ces dons ouvrent droit Ă une rĂ©duction dâimpĂŽt de 66 %, tandis que lâĂtat prendra de son cĂŽtĂ© en charge la sĂ©curitĂ© rĂ©publicaine. Delphine Hans-Public a donc ressorti le pognonier.
đ° Dans cet article
đ° Visite du pape : 27 millions, dont 21,5 restent Ă trouver
La ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques de France a annoncĂ© lundi 7 septembre que le budget global du voyage apostolique atteignait dĂ©sormais 27 millions dâeuros.
La somme doit financer lâaccueil des participants, la logistique, lâamĂ©nagement des sites et les dispositifs nĂ©cessaires aux diffĂ©rents rassemblements. Plus de 700 000 personnes sont dĂ©jĂ inscrites et environ 2 500 journalistes sont attendus. Ă Paris seulement, la messe de la place de la Concorde et des Champs-ĂlysĂ©es pourrait rassembler 500 000 personnes.
Le problĂšme, pour lâinstant, tient surtout dans une soustraction suffisamment simple pour ne pas avoir besoin dâun miracle : sur les 27 millions nĂ©cessaires, seuls 5,5 millions ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© collectĂ©s.
Il reste donc 21,5 millions dâeuros Ă faire apparaĂźtre.
Lâorganisation compte principalement sur les dons des fidĂšles et des participants, mais Ă©galement sur de grands donateurs, des entreprises, la vente de produits dĂ©rivĂ©s et, si nĂ©cessaire, certaines ressources propres de lâĂglise. Des dons par SMS et QR codes sont mĂȘme prĂ©vus lors des grandes cĂ©lĂ©brations.
Ă LâOuest RĂ©publicain, nous aurions probablement ajoutĂ© une tombola avec un kilo de ComtĂ© et une photo dĂ©dicacĂ©e de GĂ©rard Poncet, mais chacun sa stratĂ©gie de financement.
đ§Ÿ 100 euros donnĂ©s, jusquâĂ 66 euros retrouvĂ©s chez DHP
Câest en arrivant sur la page de don que Delphine Hans-Public a entendu le pognonier remuer tout seul.
Le site officiel annonce en effet trĂšs clairement : « reçu fiscal » et « rĂ©duction dâimpĂŽt de 66 % ».
Le mĂ©canisme nâa Ă©videmment pas Ă©tĂ© créé spĂ©cialement pour LĂ©on XIV. Câest le rĂ©gime fiscal classique applicable aux dons Ă©ligibles Ă des organismes dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : pour un particulier, la rĂ©duction dâimpĂŽt atteint 66 % du montant versĂ©, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Autrement dit, un contribuable qui donne 100 euros et peut utiliser intégralement la réduction correspondante débourse finalement 34 euros aprÚs avantage fiscal.
Les 66 autres ne sont pas versĂ©s par Bercy Ă lâĂglise. Ils viennent en diminution de lâimpĂŽt dĂ» par le donateur.
Nuance importante, notamment pour Ă©viter Ă quelques dĂ©fenseurs enthousiastes de la laĂŻcitĂ© de dĂ©couvrir le Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts dans nos commentaires Facebook : il sâagit dâun dispositif gĂ©nĂ©ral, pas dâune niche fiscale inventĂ©e pour financer la papamobile.

Mais Ă©conomiquement, la consĂ©quence existe bien : une partie du financement privĂ© produit une moindre recette fiscale pour lâĂtat.
Et câest prĂ©cisĂ©ment Ă cet instant que DHP commence Ă compter.
đ§ź Le miracle des 3,63 millions⊠qui nâest quâun plafond thĂ©orique
Prenons volontairement une hypothÚse absurde mais pédagogique.
Si les 5,5 millions dâeuros dĂ©jĂ annoncĂ©s avaient tous Ă©tĂ© versĂ©s par des particuliers bĂ©nĂ©ficiant intĂ©gralement de la rĂ©duction fiscale de 66 %, le montant maximal des rĂ©ductions dâimpĂŽt correspondantes atteindrait 3,63 millions dâeuros.
Ce chiffre nâest surtout pas le coĂ»t rĂ©ellement supportĂ© par lâĂtat.
La collecte mĂ©lange potentiellement plusieurs types de donateurs, tous ne sont pas nĂ©cessairement imposables de la mĂȘme maniĂšre, les plafonds individuels sâappliquent et le mĂ©cĂ©nat des entreprises relĂšve dâautres rĂšgles.
Mais le calcul permet de visualiser le mécanisme : derriÚre chaque euro présenté comme provenant de la « générosité du public », il peut aussi exister une composante fiscale.
Câest beaucoup moins spectaculaire que « lâĂtat finance la visite du pape ».
Câest Ă©galement beaucoup plus exact.
đ Et la sĂ©curitĂ©, elle, est bien dans le pognonier public
Il existe en revanche une dépense publique beaucoup moins théorique : la sécurité.
La FAQ officielle du voyage est particuliĂšrement claire. Ă la question « Qui prend en charge les coĂ»ts du voyage ? », elle rĂ©pond que lâĂglise de France finance lâorganisation des Ă©vĂ©nements pastoraux grĂące aux dons des fidĂšles, tandis que « lâĂtat assure les frais liĂ©s Ă la sĂ©curitĂ© rĂ©publicaine et aux chefs dâĂtat ».
Attention là encore à ne pas tout mélanger.
Les 27 millions dâeuros annoncĂ©s par lâĂglise comprennent bien ses propres dispositifs dâencadrement, de logistique et certains dispositifs sĂ©curitaires liĂ©s Ă lâorganisation. Cela ne signifie pas que la police, la gendarmerie et les mesures relevant directement de lâĂtat soient comprises dans cette enveloppe.
Et pour lâinstant, aucun montant global public de sĂ©curitĂ© nâa Ă©tĂ© annoncĂ©.
On sait en revanche que lâĂtat prend la chose suffisamment au sĂ©rieux pour avoir officiellement classĂ© la visite du pape comme « grand Ă©vĂ©nement ».
Un dĂ©cret publiĂ© le 4 septembre concerne Paris, Saint-Denis, Lourdes, Metz et Goin et invoque notamment le risque dâactes terroristes ainsi que lâampleur de la frĂ©quentation attendue. Il permet notamment des procĂ©dures administratives renforcĂ©es concernant lâaccĂšs de certaines personnes aux installations de lâĂ©vĂ©nement.
Avec plusieurs centaines de milliers de participants, personne ne suggĂ©rera sĂ©rieusement dâenvoyer deux ASVP, trois barriĂšres Vauban et un bĂ©nĂ©vole muni dâun gilet jaune.
La dépense de sécurité publique est donc parfaitement logique.
Elle nâen demeure pas moins publique.
đ DHP demande simplement quâon mette toutes les piĂšces dans le mĂȘme pognonier
Le financement de la visite de Léon XIV produit finalement un montage assez français.
LâĂglise organise les Ă©vĂ©nements pastoraux.
Les fidĂšles donnent.
Bercy accorde la réduction fiscale prévue par la loi.
Beauvau sécurise.
Et tout le monde peut ensuite expliquer, avec une part de vĂ©ritĂ©, que câest quelquâun dâautre qui paie.
Il serait faux dâaffirmer que le contribuable finance les 27 millions dâeuros du voyage apostolique.
Il serait tout aussi faux de considérer que la visite ne produit aucune dépense ni aucun effet budgétaire pour les finances publiques.
Entre les rĂ©ductions dâimpĂŽt attachĂ©es aux dons et le coĂ»t encore inconnu des moyens de sĂ©curitĂ© mobilisĂ©s par lâĂtat, le pognonier sera bien sollicitĂ©.
DHP nây voit dâailleurs aucune raison de sortir le lance-flammes fiscal. Elle aimerait simplement connaĂźtre lâaddition complĂšte.
Parce quâen matiĂšre de finances publiques comme de religion, LâOuest RĂ©publicain reste attachĂ© aux miracles.
Ă condition quâils soient correctement comptabilisĂ©s.

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đž Visite du pape : 27 millions dâeuros, des dons dĂ©fiscalisĂ©s et DHP retrouve le pognonier
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