Le pluralisme est une valeur essentielle du service public, dont France Inter. La libertĂ© dâexpression aussi. Radio France y tient tellement quâen 2024 ses syndicats faisaient grĂšve pour en rĂ©clamer la « rĂ©affirmation sans limite ». Deux ans plus tard, nouveau prĂ©avis de grĂšve : cette fois, pour demander le retrait dâun Ă©ditorialiste venu de Valeurs actuelles. Entre-temps, Charles Sapin a mĂȘme eu le temps de prononcer sa premiĂšre chronique. Sujet hautement subversif : la dette publique.
đ° Dans cet article
đš UPDATE (19 septembre) â France Inter coupe Sapin
Finalement, les « cinquante nuances de gauche » auront eu raison de la cinquante-et-uniÚme.
Samedi 19 septembre, Charles Sapin a annoncé que la direction de France Inter lui avait signifié la suppression de son éditorial politique du dimanche matin.
La station avait tentĂ© une derniĂšre solution : remplacer ses deux minutes trente dâĂ©dito par un dĂ©bat contradictoire. Proposition dĂ©jĂ jugĂ©e insuffisante par les grĂ©vistes, « syndicats et artistes », dont le problĂšme dĂ©clarĂ© restait moins le format de lâĂ©mission que la prĂ©sence mĂȘme dâun responsable de Valeurs actuelles Ă lâantenne. Une nouvelle journĂ©e de grĂšve avait dâailleurs Ă©tĂ© votĂ©e pour lundi 21 septembre.
Charles Sapin, lui, refuse le lot de consolation.
Dans un long texte publiĂ© sur X, il commence sobrement par « Ici la bĂȘte du GĂ©vaudan », dĂ©nonce ce quâil considĂšre comme une « censure prĂ©ventive » et reproche Ă Radio France dâavoir finalement « rendu les armes ». Il rappelle surtout que son Ă©ditorial reprĂ©sentait, selon son calcul, 0,025 % du temps dâantenne.
Deux minutes trente par semaine.
CâĂ©tait donc encore trop.

La sĂ©quence est dâautant plus remarquable que France Inter avait prĂ©cisĂ©ment justifiĂ© son recrutement par la nĂ©cessitĂ© dâĂ©largir le pluralisme de son antenne Ă lâapproche de la prĂ©sidentielle. Trois semaines, deux Ă©ditos, une premiĂšre grĂšve de deux jours et la menace dâune seconde plus tard, lâĂ©dito disparaĂźt.
La direction pourra objecter quâelle nâa pas demandĂ© Ă Charles Sapin de disparaĂźtre : elle lui proposait dĂ©sormais de dĂ©battre avec quelquâun dâautre. Ce qui pose tout de mĂȘme une question assez extraordinaire.
Pourquoi un Ă©ditorialiste venu de Valeurs actuelles aurait-il besoin dâun contradicteur attitrĂ© pour disposer de deux minutes trente dâantenne, lĂ oĂč les autres Ă©ditorialistes peuvent simplement⊠éditorialiser ?
Charles Sapin a choisi de ne pas participer à cette expérience scientifique.
Lâaffaire aura donc permis de rĂ©pondre Ă la question posĂ©e par notre titre.
Ă France Inter, le pluralisme existe bien.
Il est simplement préférable de venir accompagné.
đȘ§ Deux jours de grĂšve contre un Ă©ditorialiste
Les salariĂ©s de Radio France sont appelĂ©s Ă faire grĂšve les dimanche 13 et lundi 14 septembre. Au cĆur du conflit : Charles Sapin, directeur adjoint de la rĂ©daction de Valeurs actuelles, recrutĂ© pour assurer lâĂ©ditorial politique du dimanche matin sur France Inter.
DĂšs lâannonce de son arrivĂ©e, fin aoĂ»t, la contestation sâorganise. La sociĂ©tĂ© des journalistes de France Inter parle dâune « ligne rouge », tandis que les syndicats dĂ©noncent lâarrivĂ©e dâun responsable dâun mĂ©dia quâils classent Ă lâextrĂȘme droite. Le 2 septembre, les personnels rĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale votent Ă lâunanimitĂ© une motion demandant Ă la direction de renoncer Ă sa chronique.
Leur argument est clair et mĂ©rite dâĂȘtre rapportĂ© sans caricature : ils ne reprochent pas Ă Charles Sapin un dĂ©rapage personnel Ă lâantenne. Ils reprochent principalement son appartenance Ă Valeurs actuelles, notamment en raison des condamnations judiciaires passĂ©es du magazine.
La formulation utilisĂ©e devant lâintĂ©ressĂ© a au moins le mĂ©rite de la franchise : « Ce nâest pas ta personne le problĂšme, câest Valeurs actuelles. »
Voilà qui simplifie considérablement le débat.
đïž Sapin prend le micro et parle⊠de la dette
Car entre lâannonce de son recrutement et le vote de la grĂšve, Charles Sapin a effectivement eu lâoccasion de parler.
Sa premiĂšre chronique est diffusĂ©e dimanche 30 aoĂ»t. Elle dure environ deux minutes trente et pose une question : aprĂšs lâaffaire DSK en 2012, Fillon en 2017 et la guerre en Ukraine en 2022, quel pourrait ĂȘtre « lâĂ©vĂ©nement surprise » venant bouleverser la prĂ©sidentielle de 2027 ?
Réponse proposée : le mur de la dette et la dégradation des finances publiques françaises.
Sapin souligne notamment que lâaugmentation des taux dâintĂ©rĂȘt et le poids du dĂ©ficit pourraient sĂ©rieusement compliquer les promesses Ă©conomiques des candidats et rĂ©duire les marges de manĆuvre du prochain prĂ©sident. Le Parisien, pourtant peu suspect de militantisme en faveur de Valeurs actuelles, juge la chronique sans surprise particuliĂšre : elle « faisait le mĂ©tier ».
Autrement dit, les opposants Ă sa prĂ©sence disposaient dĂ©sormais dâune premiĂšre piĂšce concrĂšte pour Ă©tablir la dangerositĂ© Ă©ditoriale du nouveau chroniqueur.
Il avait expliquĂ© que 3 500 milliards dâeuros de dette risquaient de poser quelques problĂšmes Ă celui qui gagnerait lâĂ©lection prĂ©sidentielle.
LâOuest RĂ©publicain a immĂ©diatement saisi Delphine Hans-Public, notre spĂ©cialiste des finances publiques, dĂ©jĂ mobilisĂ©e pour surveiller la prolifĂ©ration du pognonier Ă lâapproche de 2027.
Son expertise est sévÚre.
« Jâai Ă©coutĂ©. Le problĂšme, câest quâil dit quelque chose dâassez Ă©vident. Les candidats peuvent promettre des baisses dâimpĂŽts, des dĂ©penses nouvelles, des hausses de salaires, des aides ou la gratuitĂ© de ce quâils veulent. Ă un moment, quelquâun devra quand mĂȘme financer tout ça. Nous avons dĂ©jĂ vĂ©rifiĂ© le pognonier : la rĂ©colte reste trĂšs incertaine. Si Charles Sapin commence Ă rappeler quâune promesse doit ĂȘtre financĂ©e, je vais difficilement pouvoir demander sa suspension pour hĂ©rĂ©sie comptable. »

DHP renvoie dâailleurs les lecteurs Ă notre prĂ©cĂ©dent contrĂŽle phytosanitaire du pognonier prĂ©sidentiel, dans lequel les premiĂšres propositions Ă©conomiques des candidats ont Ă©tĂ© passĂ©es au pognonomĂštre.
« Je rappelle simplement une rĂšgle extrĂȘmement rĂ©actionnaire enseignĂ©e en comptabilitĂ© : quand on dĂ©pense un euro, il faut soit lâavoir, soit le trouver, soit lâemprunter. La campagne prĂ©sidentielle permettra certainement dâexplorer une quatriĂšme possibilitĂ©. »
La premiĂšre chronique de Charles Sapin nâayant donc rĂ©vĂ©lĂ© ni appel au coup dâĂtat ni projet dâannexion de Montreuil, la grĂšve pouvait continuer.
đ En 2024, la libertĂ© dâexpression Ă©tait « sans limite »
Le parallÚle avec Guillaume Meurice mérite alors un petit détour par les archives.
En mai 2024, lâhumoriste est suspendu aprĂšs avoir rĂ©pĂ©tĂ© Ă lâantenne sa plaisanterie controversĂ©e visant Benyamin NĂ©tanyahou. Il est convoquĂ© Ă un entretien disciplinaire et sera finalement licenciĂ© quelques semaines plus tard.
Le 12 mai, les salariés de Radio France sont appelés à la grÚve par CGT, CFDT, FO, SNJ, SUD et UNSA.
Le prĂ©avis rĂ©clame notamment « la fin de la rĂ©pression de lâinsolence et de lâhumour » et, surtout, la « rĂ©affirmation sans limite de la libertĂ© dâexpression sur nos antennes ».
Il prĂ©cise mĂȘme que, dans une sociĂ©tĂ© clivĂ©e, « la pluralitĂ© et lâhumour doivent garder une place centrale ». Sans limite.
« Cinquante nuances de gauche ».
Sophia Aram Ă propos de France Inter
La formule était ambitieuse. Deux ans plus tard, elle semble nécessiter quelques astérisques.
Lorsque Guillaume Meurice avait effectivement prononcĂ© des propos qui lui valaient une procĂ©dure disciplinaire, la libertĂ© dâexpression justifiait une grĂšve.
Lorsque Charles Sapin arrive avec une orientation politique jugée indésirable par une partie des salariés, la grÚve vise à lui retirer sa chronique.
La libertĂ© dâexpression nâa donc pas disparu Ă Radio France. Elle semble simplement dotĂ©e dâun contrĂŽle parental.
đȘ Charline Vanhoenacker, la porte et la fenĂȘtre
Le parcours de Charline Vanhoenacker ajoute une couche supplémentaire à cette remarquable démonstration de souplesse éditoriale.
En 2023, France Inter met fin Ă son Ă©mission quotidienne et dĂ©place sa bande au dimanche soir. En 2024, aprĂšs le licenciement de Guillaume Meurice et lâarrĂȘt du Grand Dimanche soir, la station ne retient pas le nouveau projet dâĂ©mission hebdomadaire proposĂ© par Vanhoenacker.
Terrible purge.
Quelques semaines plus tard, elle retrouve une chronique du lundi au jeudi dans la matinale de France Inter.
La direction explique alors quâil existe un « besoin de remettre de la satire politique de maniĂšre quotidienne Ă lâantenne ».
Sortie de la quotidienne par la porte, retour dans la quotidienne par la fenĂȘtre.
LâOuest RĂ©publicain nây voit dâailleurs aucun scandale. Une radio est libre de vouloir conserver une personnalitĂ©, de modifier une grille et mĂȘme de changer dâavis. Câest prĂ©cisĂ©ment ce que lâon appelle un choix Ă©ditorial.
đ» Ă gauche, le service aprĂšs-vente est ouvert

Lâaffaire aurait pu rester un conflit interne Ă Radio France.
Plusieurs responsables politiques ont toutefois jugĂ© nĂ©cessaire dâapporter leur contribution Ă la dĂ©fense du pluralisme.
Jean-Luc MĂ©lenchon a ainsi Ă©voquĂ© une « colonisation par les fachos » Ă propos des Ă©volutions de Radio France et dĂ©noncĂ© lâarrivĂ©e de Charles Sapin.
Marine Tondelier est encore plus explicite. La dirigeante Ă©cologiste dĂ©nonce Valeurs actuelles comme un titre oĂč « le racisme est une ligne Ă©ditoriale », considĂšre le maintien de Sapin comme une « capitulation face Ă lâextrĂȘme droite la plus rance » et apporte son « soutien total » Ă la grĂšve des 13 et 14 septembre.
Sandrine Rousseau avait rĂ©agi dĂšs lâannonce de son recrutement en dressant la liste de plusieurs personnalitĂ©s ayant quittĂ© ou perdu leur place sur les antennes publiques â Thomas Legrand, YaĂ«l Goosz, Giulia Fois, Guillaume Meurice, Daniel Mermet â avant de conclure : « Ăa dessine quelque chose quand mĂȘme. »
Oui. Ăa dessine effectivement quelque chose. La nature exacte du dessin dĂ©pend probablement de lâendroit oĂč lâon tient le crayon.
Tous les responsables de gauche ne se sont dâailleurs pas alignĂ©s sur cette position. InterrogĂ© sur Charles Sapin, RaphaĂ«l Glucksmann a dit considĂ©rer que Valeurs actuelles « participe Ă lâoffensive de lâextrĂȘme droite », mais a refusĂ© de dicter au service public ses choix Ă©ditoriaux, rappelant que celui-ci est indĂ©pendant et « nâest pas Ă nos ordres ».
Comme quoi le pluralisme reste parfois contagieux.
Mise Ă jour du 8 septembre :
Mathilde Panot vient désormais compléter le tableau.
InterrogĂ©e sur la mobilisation de Radio France, la prĂ©sidente du groupe LFI Ă lâAssemblĂ©e nationale a rĂ©pondu :
« Je le soutiens de toutes mes forces. »
Puis, lorsquâon lui oppose lâargument du pluralisme :
« Le racisme nâest pas une opinion, câest un dĂ©lit. »
Charles Sapin ayant, pour sa part, condamnĂ© les anciennes caricatures racistes de DaniĂšle Obono publiĂ©es par Valeurs actuelles â et nâen Ă©tant pas lâauteur puisquâil ne travaillait mĂȘme pas encore au magazine Ă lâĂ©poque â la sortie confirme surtout une chose : le procĂšs porte toujours beaucoup sur son employeur et assez peu sur ce quâil a effectivement dit au micro de France Inter.
đ§š UPDATE â Sophia Aram dynamite la rĂ©union de copropriĂ©tĂ©
Et puis Sophia Aram a pris le micro.
Ă LâOuest RĂ©publicain, on ne va pas jouer les indiffĂ©rents : on aime beaucoup cette femme. Dans sa bouche le matin, il se passe assez rĂ©guliĂšrement des choses intĂ©ressantes.
Surtout, il est assez difficile de la faire passer pour une envoyée spéciale de Valeurs actuelles.
Sophia Aram chronique sur France Inter depuis 2008, a reçu le MoliĂšre de lâhumour en 2024 et se dĂ©finit elle-mĂȘme comme universaliste, laĂŻque, sociale-dĂ©mocrate et fĂ©ministe.
Autrement dit, si elle vient de droite, le trajet a Ă©tĂ© particuliĂšrement mal indiquĂ©. Et câest prĂ©cisĂ©ment ce qui rend sa sortie autrement plus savoureuse.
Ă lâinverse de Laurent Joffrin, qui aime assez rĂ©guliĂšrement enfiler le costume de porte-parole de la presse et des journalistes de gauche, Sophia Aram ne vient pas expliquer de lâextĂ©rieur Ă ses confrĂšres ce quâils devraient penser.
Elle est dans la maison.
Elle connaĂźt la maison.
Et elle vient de dynamiter la réunion de copropriété depuis le salon.
Dans sa bouche ce matin, la chroniqueuse universaliste, laïque, sociale-démocrate et féministe vient de résumer le pluralisme maison en une formule :
« cinquante nuances de gauche ».
Puis elle ironise sur la nĂ©cessitĂ© quasiment thĂ©rapeutique dâaccompagner des salariĂ©s qui risqueraient dâĂȘtre exposĂ©s Ă une opinion diffĂ©rente de la leur.
Le plus amusant est quâAram nâa jamais spĂ©cialement passĂ© son temps Ă mĂ©nager la droite ou lâextrĂȘme droite. Elle cogne simplement aussi sur une partie de sa propre famille politique lorsquâelle estime quâelle raconte des Ăąneries.
Elle avait dâailleurs dĂ©jĂ refusĂ© de participer Ă la grande messe corporatiste autour de Guillaume Meurice en 2024, jugeant sa fameuse plaisanterie mauvaise et critiquant sa dĂ©cision de la rĂ©pĂ©ter malgrĂ© la polĂ©mique.
Ce nâest donc plus seulement Laurent Joffrin qui explique aux grĂ©vistes quâils sont en train de tendre eux-mĂȘmes les verges pour se faire battre.
Avec Sophia Aram, lâexercice devient nettement plus compliquĂ©.
Une femme de gauche, chroniqueuse historique de France Inter, payĂ©e pour exercer son mauvais esprit sur France Inter, vient expliquer sur France Inter que le pluralisme de France Inter ressemble parfois Ă cinquante dĂ©clinaisons de la mĂȘme couleur politique.
On aurait voulu commander une conclusion pour notre article quâon nâaurait pas osĂ© ĂȘtre aussi prĂ©cis.
Merci Sophia.
âïž Le problĂšme nâest donc pas vraiment Charles Sapin
La présidente de Radio France, Sibyle Veil, assume pour sa part le recrutement.
Elle rappelle que Charles Sapin « nâa aucun dĂ©rapage Ă son actif » et dĂ©fend une station oĂč puissent intervenir « toutes les sensibilitĂ©s ». Selon elle, « câest la grandeur du service public que dâĂȘtre pluraliste ». VoilĂ finalement le cĆur du problĂšme.
Les salariés de Radio France ont évidemment le droit de faire grÚve. Ils ont le droit de trouver Valeurs actuelles détestable. Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon ou Sandrine Rousseau ont le droit de soutenir cette mobilisation.
Et les auditeurs ont le droit de constater quâen 2024, des syndicats exigeaient une libertĂ© dâexpression « sans limite » lorsquâun humoriste apprĂ©ciĂ© de la maison Ă©tait suspendu aprĂšs des propos rĂ©ellement tenus Ă lâantenne.
Deux ans plus tard, une partie des mĂȘmes organisations rĂ©clame le retrait dâun chroniqueur essentiellement en raison du mĂ©dia auquel il appartient, alors que sa premiĂšre prestation consistait Ă expliquer que les promesses de 2027 risquaient de se heurter aux finances publiques.
Entre les deux, Charline Vanhoenacker a perdu une quotidienne avant dâen retrouver une autre. Le service public nâa donc manifestement aucun problĂšme avec la diversitĂ© des opinions. Ă condition, peut-ĂȘtre, que celles-ci aient prĂ©alablement rempli le formulaire adĂ©quat.
à Radio France, toutes les opinions sont libres. Certaines nécessitent simplement deux jours de grÚve avant utilisation.
Quelques jours plus tard, le mĂȘme vieux problĂšme â qui fixe les limites de lâexpression ? â sâest dĂ©placĂ© dâun studio parisien Ă un mur de Besançon.

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