đŸ‡”đŸ‡ž Rima Hassan : le parquet utilise une loi que LFI avait pourtant demandĂ© de supprimer

Rima Hassan : dix mois avec sursis et deux ans d’inĂ©ligibilitĂ© requis. Le parquet applique encore une loi que LFI voulait supprimer du code pĂ©nal.

Rima Hassan fait l’objet de rĂ©quisitions de dix mois de prison avec sursis et de deux ans d’inĂ©ligibilitĂ© dans son procĂšs pour apologie du terrorisme.

Une contrariĂ©tĂ© supplĂ©mentaire pour La France insoumise, qui avait pourtant dĂ©posĂ© une proposition de loi pour supprimer du code pĂ©nal l’article concernĂ©. Manifestement, au parquet, quelqu’un continue d’utiliser la version installĂ©e.

📜 Rima Hassan dĂ©couvre les lenteurs du service abrogation

Il y a des administrations qui ne font aucun effort. Vous leur expliquez qu’une loi est mauvaise, vous dĂ©posez un texte pour l’abroger, vous dĂ©veloppez votre argumentaire et, deux ans plus tard, elles continuent de s’en servir. À ce stade, ce n’est plus de la rĂ©sistance au changement. C’est un abonnement.

Ce mardi 20 octobre, le parquet a requis dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inĂ©ligibilitĂ© contre Rima Hassan, jugĂ©e pour apologie du terrorisme, selon les informations rapportĂ©es part l’AFP. Il s’agit des peines demandĂ©es par l’accusation : le tribunal n’a pas encore rendu son jugement. MĂȘme au comptoir, on attendra donc avant de remplacer « requis » par « condamnĂ© ».

« Elle va sortir son keffieh d’immunitĂ©. »

Djaÿsonne, plus passionné par la téléréalité que par la politique

La nuance est importante. Dans le Haut-Doubs, GĂ©rard Poncet rĂ©clame rĂ©guliĂšrement un ministĂšre, une voiture de fonction et le remboursement du Pontarlier-Anis au titre de la prĂ©vention du stress. Cela ne signifie pas que Bercy ait donnĂ© son accord. Une rĂ©quisition, mĂȘme formulĂ©e avec conviction, n’est pas encore une dĂ©cision.

đŸ—‘ïž Une proposition de loi ne vide pas automatiquement la corbeille

Le rapprochement est tentant : le 19 novembre 2024, des dĂ©putĂ©s LFI ont dĂ©posĂ© une proposition de loi visant Ă  abroger le dĂ©lit d’apologie du terrorisme du code pĂ©nal. Son premier article demandait la suppression de l’article 421-2-5. L’exposĂ© des motifs Ă©voquait notamment les procĂ©dures visant alors Mathilde Panot et Rima Hassan.

Autrement dit, le dossier n’était pas rangĂ© dans la grande chemise « On verra bien Ă  qui ça peut servir ». Les exemples Ă©taient fournis. Il ne manquait qu’un intercalaire, une agrafe et la petite Ă©tiquette « urgent » que chacun colle sur ses propres problĂšmes.

« Au nom du gouvernement » : Jean-Luc MĂ©lenchon veut prĂ©sider la RĂ©publique, mais confond encore le parquet avec le service aprĂšs-vente de l’ÉlysĂ©e.

Le procureur reprĂ©sente les intĂ©rĂȘts de la sociĂ©tĂ©. Institutions judiciaires, premier mois de L1 droit : avant de passer Ă  la VIe, une petite rĂ©vision de la Ve.

PrĂ©cisons ce que disait le texte : ses auteurs dĂ©nonçaient une instrumentalisation de l’infraction et renvoyaient aux dĂ©lits dĂ©jĂ  prĂ©vus par la loi sur la presse, notamment l’apologie de crimes, de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanitĂ©. Il ne s’agissait donc pas, dans leur argumentaire, de dĂ©livrer une carte de fidĂ©litĂ© autorisant tous les propos. Ils voulaient changer le cadre juridique. Le dĂ©saccord porte sur les outils juridiques. Au comptoir, on traduira par : mĂȘme chantier, mais priĂšre de changer la caisse Ă  outils.

Reste ce dĂ©faut de fabrication de la dĂ©mocratie parlementaire : dĂ©poser une proposition ne suffit pas Ă  modifier la loi. Il faut encore qu’elle aboutisse. Un dĂ©tail de procĂ©dure que DjĂ€ysonne juge particuliĂšrement dĂ©courageant pour les jeunes gĂ©nĂ©rations, habituĂ©es Ă  ce que le bouton « supprimer » fasse au moins disparaĂźtre quelque chose.

đŸ…żïž GisĂšle avait pourtant demandĂ© la fin du stationnement payant

À Morteau, GisĂšle accueille cette affaire avec la gravitĂ© de quelqu’un qui a dĂ©jĂ  contestĂ© un horodateur. Elle aussi connaĂźt la violence d’un systĂšme qui refuse de confondre une demande personnelle et une modification du droit applicable.

« Moi aussi, j’avais demandĂ© la suppression du stationnement payant. Ils m’ont quand mĂȘme mis une prune. Apparemment, il fallait attendre la rĂ©ponse » s’Ă©nerve GisĂšle, ancienne du tabac-presse, service des rĂ©formes immĂ©diatement souhaitables.

Depuis, elle milite pour une application anticipĂ©e des revendications. Le principe est simple : dĂšs qu’un citoyen a trouvĂ© une rĂšgle profondĂ©ment injuste, celle-ci cesse de lui ĂȘtre opposable jusqu’à ce que tout le monde ait fini d’en discuter. Les limitations de vitesse seraient ainsi suspendues chaque dimanche soir, au retour de chez les beaux-parents.

Rima Hassan : dix mois avec sursis et deux ans d’inĂ©ligibilitĂ© requis. Le parquet applique encore une loi que LFI voulait supprimer du code pĂ©nal.

GĂ©rard Poncet Ă©tudie dĂ©jĂ  l’intĂ©gration de cette mesure au programme du MHDGA. Il propose toutefois une exception pour les rĂšgles qui lui donnent raison. Celles-lĂ  resteraient immĂ©diatement applicables, avec possibilitĂ© de rĂ©troactivitĂ© jusqu’à la derniĂšre engueulade au cafĂ©.

🧣 Le keffieh d’immunitĂ©, option conseil de Koh-Lanta

DjĂ€ysonne, qui a suivi les rĂ©quisitions avec la concentration d’un adolescent devant une finale de tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©, pense avoir trouvĂ© une parade : « Elle va sortir son keffieh d’immunitĂ©. » Dans sa version du procĂšs, Rima Hassan attendrait le dernier moment pour brandir l’accessoire devant le prĂ©sident, juste avant le dĂ©pouillement des bulletins.

Le stagiaire imagine déjà la séquence : gros plan sur les visages, roulement de tambour, magistrat qui retourne une enveloppe. Puis cette annonce : « Les réquisitions contre vous ne seront pas comptabilisées. » Il trouve que cela manque cruellement à la justice française, dont les audiences gagneraient beaucoup avec deux torches et Denis Brogniart.

Rima Hassan : dix mois avec sursis et deux ans d’inĂ©ligibilitĂ© requis. Le parquet applique encore une loi que LFI voulait supprimer du code pĂ©nal.

GisĂšle douche ses ambitions de producteur :

« Mon petit, c’est un tribunal. Tu peux venir avec un collier, un foulard ou le rideau de la cuisine, c’est toujours le juge qui dĂ©cide. »

DjĂ€ysonne note donc que l’immunitĂ© textile n’est pas encore homologuĂ©e. Il suggĂšre de dĂ©poser une proposition de loi. Nous revoilĂ  au dĂ©but.

đŸ’» Le parquet n’a pas installĂ© la mise Ă  jour

Pour DjĂ€ysonne, le problĂšme de Rima Hassan relĂšve avant tout de l’informatique. LFI aurait envoyĂ© une demande de dĂ©sinstallation ; la justice continuerait Ă  faire tourner le programme. Un classique. Il conseille de redĂ©marrer l’AssemblĂ©e, tout en reconnaissant que la derniĂšre tentative a surtout ouvert davantage de fenĂȘtres.

Le stagiaire a également suggéré de déplacer le code pénal dans la corbeille. Carine Terre-Vioux lui a expliqué que cela supprimerait seulement son raccourci. Il a trouvé cette distinction excessivement juridique, puis a proposé de renommer le fichier « ancien_code_ne_pas_utiliser_version_finale_V2 ».

Pendant ce temps, Rima Hassan attend le jugement et le tribunal conserve son rĂŽle : dĂ©cider, au vu des faits et du droit, de ce qu’il retient ou non. Notre comitĂ© de comptoir conserve le sien : constater que les institutions françaises persistent Ă  distinguer ce qu’un parti souhaite de ce que la loi prĂ©voit.

C’est bien la peine de demander une abrogation si les gens attendent qu’elle soit votĂ©e.

Paul Emique
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