🚗 Prix de l’essence : la taxe vroomer volontaire atteint 1 092 € par an

Illustration de l’article « đŸ›ąïž DĂ©troit d’Ormuz : dans le Haut-Doubs, GĂ©gĂ© surveille surtout le niveau de gasoil du C15 » publiĂ©e sur L’Ouest RĂ©publicain.

Le prix de l’essence continue de grimper et avec lui apparaĂźt un nouveau prĂ©lĂšvement parfaitement facultatif : la taxe vroomer volontaire. Son principe est simple : dĂ©penser environ 91 euros de plus chaque mois en Ă©nergie pour pouvoir continuer Ă  expliquer que la voiture Ă©lectrique coĂ»te beaucoup trop cher.

Selon une analyse de Roole Data publiĂ©e ce samedi 5 septembre, le budget mensuel moyen consacrĂ© Ă  l’énergie atteint dĂ©sormais 137 euros pour une voiture Ă  essence, contre 46 euros pour une voiture Ă©lectrique.

Une différence de 91 euros par mois.

Soit 1 092 euros par an.

À L’Ouest RĂ©publicain, nous avons donc dĂ©cidĂ© de donner un nom Ă  cette contribution librement consentie : la taxe vroomer volontaire.

⛜ Prix de l’essence : 91 euros par mois pour prĂ©server ses convictions

Évidemment, il ne s’agit pas rĂ©ellement d’une taxe.

Bercy n’envoie aucun avis d’imposition. Il n’existe ni formulaire Cerfa, ni prĂ©lĂšvement Ă  la source, ni case Ă  cocher dans la dĂ©claration de revenus.

Le fonctionnement est beaucoup plus simple.

Il suffit de se rendre rĂ©guliĂšrement dans une station-service, de regarder dĂ©filer les euros sur la pompe puis de repartir en expliquant sur Facebook que « de toute façon, l’électrique, ça coĂ»te une fortune ».

Le prĂ©lĂšvement moyen atteint dĂ©sormais 91 euros par mois par rapport au budget Ă©nergĂ©tique d’une voiture Ă©lectrique.

À l’annĂ©e, la contribution reprĂ©sente donc 1 092 euros.

Une somme qui prĂ©sente toutefois plusieurs avantages : elle permet de profiter de l’odeur du sans-plomb, de surveiller quotidiennement le cours du Brent et d’expliquer Ă  ses proches que son prochain vĂ©hicule devra absolument pouvoir parcourir 850 kilomĂštres sans arrĂȘt parce qu’on ne sait jamais.

🚙 Dans le Haut-Doubs, tout le monde ne choisit pas vraiment sa voiture

GĂ©rard Poncet tient d’ailleurs Ă  rappeler une Ă©vidence que les tableaux Excel oublient parfois : dans le Haut-Doubs, tout le monde n’a pas 35 000 euros Ă  mettre dans une voiture neuve, une borne devant la maison et un concessionnaire Ă  dix minutes.

Beaucoup roulent avec une voiture déjà payée, parfois depuis longtemps, parce que remplacer un vieux diesel qui fonctionne encore coûte infiniment plus cher que continuer à lui mettre du carburant.

Pour les mĂ©nages modestes, les gros rouleurs, ceux qui habitent loin des bornes ou qui ont besoin d’un utilitaire rustique pour le bois, les travaux ou les chemins blancs, le passage Ă  l’électrique ne se rĂ©sume donc pas Ă  comparer 137 et 46 euros sur une feuille de calcul.

« C’est trĂšs bien votre voiture Ă  piles, mais trouvez-moi dĂ©jĂ  un C15 Ă©lectrique Ă  2 500 balles qui dĂ©marre Ă  -22 °C et dans lequel on peut mettre trois stĂšres de bois », rĂ©sume le prĂ©sident du MHDGA, GĂ©rard Poncet.

La taxe vroomer volontaire vise donc moins ceux qui gardent leur vieille voiture faute de mieux que ceux qui en ont les moyens, dont l’usage se prĂȘte Ă  l’électrique, dĂ©pensent 1 000 euros de plus par an en carburant et continuent ensuite d’expliquer avec assurance que l’électrique est forcĂ©ment une ruine.

🔌 La recharge Ă©lectrique reste Ă  46 euros

Pendant ce temps-là, le budget énergétique moyen des voitures électriques est resté autour de 46 euros par mois durant le premier semestre.

La comparaison mĂ©rite Ă©videmment une prĂ©cision avant que Michel, 57 ans, ne nous explique qu’une batterie coĂ»te 38 000 euros et qu’il connaĂźt personnellement quelqu’un dont la ZoĂ© a explosĂ© Ă  Vesoul.

Nous parlons ici uniquement du coĂ»t de l’énergie.

Pas du prix d’achat du vĂ©hicule. Pas de sa dĂ©cote. Pas de l’assurance. Pas du remplacement Ă©ventuel d’une batterie. Pas davantage du coĂ»t d’un moteur thermique, d’une boĂźte de vitesses ou de quinze annĂ©es de vidanges.

Comparer le coĂ»t total d’une voiture nĂ©cessite Ă©videmment beaucoup plus de donnĂ©es.

Mais lorsqu’on s’intĂ©resse uniquement Ă  ce qu’il faut lui mettre dedans pour avancer, le constat est lĂ©gĂšrement embarrassant : l’essence coĂ»te actuellement presque trois fois plus cher que l’électricitĂ©.

📈 La taxe vroomer a fortement augmentĂ© en six mois

Le plus intĂ©ressant est peut-ĂȘtre son Ă©volution.

En dĂ©but d’annĂ©e, le budget mensuel moyen d’une voiture essence Ă©tait encore estimĂ© Ă  112 euros. Il atteint dĂ©sormais 137 euros.

Soit une hausse de 25 euros par mois en six mois. L’électricitĂ©, elle, est restĂ©e autour de 46 euros.

La taxe vroomer volontaire s’est donc considĂ©rablement alourdie sans qu’aucun dĂ©putĂ© n’ait eu besoin de voter quoi que ce soit. Pour une fois, mĂȘme Delphine Hans-Public n’y est pour rien.

Avec 137 € d’essence contre 46 € d’électricitĂ© par mois, la taxe vroomer volontaire atteint dĂ©sormais 1 092 € par an.

La principale explication vient de la hausse des prix pĂ©troliers, alimentĂ©e par les tensions gĂ©opolitiques et notamment autour du dĂ©troit d’Ormuz.

Autrement dit, quelques milliers de kilomĂštres plus loin, le pĂ©trole s’agite et GĂ©rard dĂ©couvre quelques jours plus tard que son plein lui coĂ»te huit balles de plus.

Le véhicule électrique présente alors un défaut particuliÚrement agaçant : il refuse obstinément de fonctionner au pétrole.

đŸ›ąïž Les dieselistes bĂ©nĂ©ficient d’un tarif rĂ©duit

Les propriétaires de voitures diesel ne sont toutefois pas abandonnés.

Leur budget énergétique moyen est passé de 98 à 119 euros par mois entre janvier et juin.

Par rapport aux 46 euros de l’électrique, leur taxe vroomer volontaire peut donc ĂȘtre estimĂ©e Ă  seulement 73 euros par mois, soit 876 euros par an.

Un dispositif particuliÚrement généreux en faveur des gros rouleurs.

L’hybride non rechargeable s’établit quant Ă  lui Ă  111 euros par mois, tandis que l’hybride rechargeable atteint 88 euros — Ă  condition, dĂ©tail assez fondamental, de penser effectivement Ă  le recharger.

L’administration fiscale de L’Ouest RĂ©publicain rappelle en effet qu’acheter un hybride rechargeable sans jamais brancher la prise ne permet pas de bĂ©nĂ©ficier du crĂ©dit d’impĂŽt « j’ai vaguement essayĂ© ».

đŸŽïž Pendant ce temps-lĂ , dans le journal des vroomers

Auto Plus nous apprend que « le moteur thermique reste imbattable pour ces voitures ».

Ces voitures : des hypercars de 1 000 chevaux capables de rouler à 350 km/h et produites à quelques centaines d’exemplaires.

L’Ouest RĂ©publicain reconnaĂźt volontiers que notre calcul Ă  1 092 euros par an de taxe vroomer volontaire ne couvre pas encore parfaitement les besoins du Haut-Doubiste contraint d’effectuer son trajet Dommartin–Pontarlier en Audi de 1 001 chevaux.

Nos excuses à cette importante catégorie socioprofessionnelle.

Et le gag supplĂ©mentaire : mĂȘme leur exemple de « thermique imbattable » embarque trois moteurs Ă©lectriques.

💾 Une contribution entiùrement facultative

Naturellement, personne n’est obligĂ© d’acheter une voiture Ă©lectrique.

Les besoins diffĂšrent, les prix d’achat aussi, tout comme les possibilitĂ©s de recharge, les kilomĂ©trages, les usages professionnels ou la nĂ©cessitĂ© de tracter la caravane familiale jusqu’à Palavas-les-Flots tous les 17 aoĂ»t.

La taxe vroomer volontaire reste donc exactement ce que son nom indique : volontaire.

Mais avec 1 092 euros d’écart annuel sur la seule Ă©nergie, un nouveau principe de prudence pourrait dĂ©sormais s’appliquer dans les discussions automobiles : avant d’expliquer que « l’électrique coĂ»te beaucoup trop cher », mieux vaut peut-ĂȘtre terminer son plein.

Le ticket de caisse pourrait participer au débat.

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

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