Jean-Luc MĂ©lenchon propose dâannuler la dette publique dĂ©tenue par la Banque de France. Ă LâOuest RĂ©publicain, nous avons immĂ©diatement Ă©cartĂ© lâidĂ©e de brĂ»ler les OAT dans les sous-sols de lâinstitution.
Non seulement Delphine Hans-Public est formellement opposĂ©e Ă ce genre de fantaisie budgĂ©taire, mais Ă choisir un sous-sol, du feu et quelques centaines de milliards dâeuros de patrimoine national, le Fort Saint-Antoine offre des perspectives gastronomiques autrement plus sĂ©rieuses.
đ° Dans cet article
đ„ La dette publique nâest pas du petit bois
LâidĂ©e est revenue cette semaine dans le dĂ©bat public.
Jean-Luc MĂ©lenchon propose dâannuler la dette française dĂ©tenue par la Banque de France, soit environ 18 % de lâendettement public du pays.
La formulation possĂšde lâimmense avantage politique de ressembler Ă quelque chose que chacun peut comprendre aprĂšs deux cafĂ©s : « Cette dette, on lâefface. »
Pour les besoins de la dĂ©monstration, LâOuest RĂ©publicain avait dâabord envisagĂ© une traduction encore plus accessible : descendre dans les coffres de la Banque de France, trouver les OAT, empiler le tout au milieu dâune piĂšce et craquer une allumette.
Les spĂ©cialistes nous signalent malheureusement que les obligations dâĂtat ne sont plus rangĂ©es par liasses avec un joli ruban tricolore dans une cave du boulevard de la Bastille.
Encore une tradition française sacrifiĂ©e sur lâautel de la dĂ©matĂ©rialisation.
Cela nâa pas empĂȘchĂ© Delphine Hans-Public, pressentie pour Bercy et dont la sensibilitĂ© Ă toute disparition inopinĂ©e dâun actif public commence Ă ĂȘtre bien documentĂ©e, de faire savoir quâelle Ă©tait totalement vent debout contre le projet.
« On ne passe pas notre temps Ă demander oĂč part chaque euro de subvention pour laisser ensuite Jean-Luc mettre 600 milliards dans la cheminĂ©e », aurait-elle rĂ©sumĂ© Ă un collaborateur qui cherchait simplement la machine Ă cafĂ©.
đ§Ż Delphine Hans-Public refuse le barbecue obligataire
La position de Delphine Hans-Public est assez simple. Une dette détenue par la Banque de France reste une dette.
La supprimer dâun trait de plume parce que le crĂ©ancier appartient au systĂšme public ressemble beaucoup trop, selon elle, Ă la mĂ©thode consistant Ă rĂ©gler un problĂšme de dĂ©couvert en supprimant lâapplication bancaire de son tĂ©lĂ©phone.
LâĂ©cran est effectivement beaucoup plus agrĂ©able. Le dĂ©couvert demeure nĂ©anmoins un sujet de conversation lors du prochain rendez-vous avec le banquier.
Le projet mĂ©lenchoniste a dâailleurs dĂ©clenchĂ© de sĂ©vĂšres critiques Ă©conomiques et politiques, ses opposants estimant notamment quâune telle annulation poserait des difficultĂ©s juridiques dans le cadre europĂ©en et pourrait dĂ©grader la confiance accordĂ©e Ă la dette française.
« On ne passe pas notre temps Ă demander oĂč part chaque euro de subvention pour laisser ensuite Jean-Luc mettre 600 milliards dans la cheminĂ©e »
Delphine Hans-Public, pressentie comme potentielle occupante de Bercy
Ă ce stade de la rĂ©flexion, LâOuest RĂ©publicain partage donc exceptionnellement lâinquiĂ©tude de ceux qui considĂšrent quâincendier symboliquement les crĂ©ances de lâĂtat constitue une politique budgĂ©taire lĂ©gĂšrement plus Ă©laborĂ©e lorsquâelle est pratiquĂ©e sur Facebook que lorsquâelle doit ĂȘtre expliquĂ©e aux marchĂ©s financiers.
Nous ne brûlerons donc pas les OAT.
Mais toute cette histoire de chaleur, de caves et de patrimoine national nous a donné une idée.
đ§ Le Fort Saint-Antoine possĂšde un sous-sol beaucoup plus intĂ©ressant
Dans le Haut-Doubs, nous disposons en effet dâune autre rĂ©serve stratĂ©gique.
Le Fort Saint-Antoine.
Ancien ouvrage militaire construit Ă 1 100 mĂštres dâaltitude, il est utilisĂ© depuis 1966 par les Fromageries Marcel Petite pour lâaffinage lent du ComtĂ©.
Et contrairement aux OAT, personne nâa besoin dâun terminal Bloomberg pour constater lâexistence des actifs.
Il suffit dâouvrir la porte.
100 000 meules de Comté.
Cent mille.
RangĂ©es dans des galeries souterraines oĂč elles peuvent poursuivre leur affinage pendant 10 Ă 20 mois, et parfois jusquâĂ 24 ou 30 mois pour certaines sĂ©lections.
Autrement dit, pendant quâĂ Paris des Ă©conomistes discutent de la valeur dâune crĂ©ance dĂ©tenue par une banque centrale sur lâĂtat auquel elle appartient, dans le Haut-Doubs nous possĂ©dons une montagne remplie de fromage.
Les deux situations ont évidemment peu de choses en commun.
Sauf quâon comprend immĂ©diatement laquelle donne faim.
đ« Quitte Ă chauffer une cave, autant obtenir une fondue
Câest ici que notre proposition prend toute sa cohĂ©rence.
Puisque LFI semble vouloir faire disparaĂźtre les OAT dĂ©tenues par la Banque de France, et puisque Delphine Hans-Public refuse catĂ©goriquement quâon touche au moindre centime du patrimoine financier national, LâOuest RĂ©publicain propose un compromis rĂ©publicain.
- On ne brûle rien à Paris.
- On descend au Fort Saint-Antoine.
- Et on fait fondre du Comté.
Lâavantage Ă©conomique est immĂ©diat.
Dans le premier scĂ©nario, plusieurs centaines de milliards dâeuros cessent dâexister par dĂ©cision politique et tout le monde passe ensuite trois semaines sur BFV Ă dĂ©terminer si cela provoquera ou non lâeffondrement de lâeuro.
Dans le second, quelques kilos de ComtĂ© cessent Ă©galement dâexister, mais chacun sait exactement oĂč ils sont passĂ©s.
Câest dĂ©jĂ un progrĂšs considĂ©rable en matiĂšre de traçabilitĂ© de la dĂ©pense.
Delphine Hans-Public aurait nĂ©anmoins demandĂ© que chaque morceau de pain soit numĂ©rotĂ©, que le vin blanc fasse lâobjet dâun appel dâoffres et que tout participant bĂ©nĂ©ficiant de plus de trois pommes de terre dĂ©clare cet avantage en nature.

On ne se refait pas.
đ· Une destruction de valeur enfin acceptable
Naturellement, aucune meule du Fort Saint-Antoine ne sera réellement sacrifiée dans une gigantesque fondue souterraine.
Dâabord parce quâil sâagit de ComtĂ© dâexception.
Ensuite parce que les Fromageries Marcel Petite pourraient légitimement trouver que transformer 100 000 meules en piscine savoyarde constitue une interprétation assez libre de soixante années de savoir-faire.
Mais le principe demeure.
Entre deux projets consistant à faire disparaßtre quelque chose de précieux dans un sous-sol, nous choisirons toujours celui qui nécessite du pain, des pommes de terre et éventuellement un petit savagnin.
- La dette publique ne sera pas réduite.
- Les marchés ne seront pas rassurés.
- Jean-Luc Mélenchon ne sera probablement pas convaincu.
- Et Delphine Hans-Public exigera sans doute une facture.
Mais au moins, Ă la fin, quelquâun aura mangĂ© du ComtĂ©.
Ce qui reste, Ă ce jour, lâun des rares programmes de relance dont LâOuest RĂ©publicain soit capable de mesurer immĂ©diatement les rĂ©sultats.

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đ«Dette publique : quitte Ă faire du feu dans un sous-sol, autant faire fondre du ComtĂ©
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