Alors que la Coupe du Monde 2026 continue de traverser les Ătats-Unis, le Canada et le Mexique comme un frontalier traverse Pontarlier un vendredi soir, Gianni Infantino aurait trouvĂ© la solution pour assister Ă deux matchs par jour : le jet privĂ©. Une information rĂ©vĂ©lĂ©e par la presse britannique et reprise en France, qui confirme une chose : Ă la FIFA, le bilan carbone se calcule manifestement en miles, en kĂ©rosĂšne et en sourires devant les camĂ©ras.
Dans le Haut-Doubs, oĂč lâon culpabilise dĂ©jĂ quand on laisse tourner le C15 trois minutes devant la fruitiĂšre parce quâil fait -12 °C, la nouvelle a Ă©tĂ© accueillie avec une certaine rĂ©serve. Pas de colĂšre excessive. Juste ce silence lourd quâon entend quand quelquâun annonce quâil va âfaire un petit aller-retourâ Los AngelesâVancouver pour voir du football, alors quâici on trouve dĂ©jĂ abusĂ© de descendre Ă Besançon pour un devis.
đ° Dans cet article
đ Bilan carbone : la FIFA dĂ©couvre que trois pays, câest plus grand quâun stade
Il faut dire que cette Coupe du Monde 2026 nâa pas Ă©tĂ© pensĂ©e comme un tournoi de football, mais comme un test grandeur nature pour savoir combien de fuseaux horaires un dirigeant peut traverser avant de commencer Ă confondre le Qatar, le Canada et la buvette de Levier.
Avec 48 Ă©quipes, 104 matchs et des stades rĂ©partis sur trois pays, la compĂ©tition ressemble moins Ă une Coupe du Monde quâĂ une tournĂ©e mondiale de Jean-Michel Aulas avec correspondance Ă Dallas. Les spĂ©cialistes du climat Ă©voquent dĂ©jĂ lâune des Ă©ditions les plus polluantes de lâhistoire du sport. La FIFA, elle, continue de parler durabilitĂ©, probablement depuis un salon VIP climatisĂ© avec vue sur piste.
Ă LâOuest RĂ©publicain, nous avons tentĂ© de joindre le service âsobriĂ©tĂ©â de la FIFA. On nous a rĂ©pondu que le numĂ©ro nâĂ©tait plus attribuĂ© depuis lâinvention du naming, du sponsoring aĂ©rien et des billets vendus au prix dâune petite grange Ă rĂ©nover prĂšs de MĂ©tabief.
âïž Infantino : deux matchs par jour, zĂ©ro correspondance TER
Le prĂ©sident de la FIFA, lui, ne compte pas laisser les distances gĂącher son plaisir. DâaprĂšs les informations publiĂ©es ces derniers jours, Gianni Infantino aurait accĂšs Ă un jet privĂ© fourni dans le cadre dâun partenariat avec Qatar Airways. Objectif : enchaĂźner deux rencontres par jour quand le calendrier le permet.
Dans le Haut-Doubs, cette ambition a immédiatement suscité des réactions.
âDeux matchs par jour ? DĂ©jĂ , moi, deux allers-retours DoubsâPontarlier avec les travaux, je pose une RTTâ, a rĂ©sumĂ© un automobiliste arrĂȘtĂ© au feu, quelque part entre la patience et la dĂ©mission administrative.
Le parallĂšle est cruel : pendant que les habitants dâici optimisent leurs trajets pour Ă©viter la RN57, Ă©conomiser du carburant et ne pas finir coincĂ©s derriĂšre un tracteur, le patron du football mondial optimise son bilan carbone en version long-courrier. Ă ce niveau-lĂ , ce nâest plus un calendrier sportif. Câest un plan de vol.
đ Le Haut-Doubs propose une alternative : le C15 officiel FIFA
Face Ă ce scandale atmosphĂ©rique, plusieurs experts locaux autoproclamĂ©s ont proposĂ© une solution immĂ©diatement compatible avec les valeurs du territoire : remplacer le jet privĂ© dâInfantino par un C15 blanc, lĂ©gĂšrement cabossĂ©, immatriculĂ© dans le 25, avec pneus hiver toute lâannĂ©e et une caisse de ComtĂ© dans le coffre.
Le vĂ©hicule, selon nos calculs internes rĂ©alisĂ©s sur un coin de nappe au Pont, pourrait transporter le prĂ©sident de la FIFA, deux attachĂ©s de presse, un sac de sport, trois dossiers âdĂ©veloppement durableâ et une glaciĂšre. Il ne permettrait Ă©videmment pas dâaller de Miami Ă Seattle dans lâaprĂšs-midi, mais câest prĂ©cisĂ©ment ce qui en ferait une innovation climatique majeure : Infantino serait obligĂ© de choisir un match. Comme tout le monde.

âOn veut bien lui prĂȘter un C15, mais il faudra quâil accepte de ne pas tout voirâ, explique un ancien de la DDE, qui rappelle que âdans la vie, quand on veut ĂȘtre partout, on finit surtout par gĂȘner au carrefourâ.
đ§ La durabilitĂ©, mais Ă tempĂ©rature haut-doubienne
Le plus piquant reste Ă©videmment le contraste entre les discours officiels de la FIFA et la rĂ©alitĂ© de cette Coupe du Monde XXL. Depuis plusieurs annĂ©es, lâorganisation communique sur ses engagements climatiques, ses stratĂ©gies de durabilitĂ© et son ambition de rĂ©duire ses Ă©missions. Sur le papier, tout est vert. Dans les airs, beaucoup moins.
Dans le Haut-Doubs, cette mĂ©thode est connue. Elle sâappelle âdire quâon va isoler la maison en janvier et acheter un brasero de terrasse en fĂ©vrierâ. Ăa donne bonne conscience, mais ça ne baisse pas franchement la facture.
La FIFA veut donc sensibiliser au climat, mais organise un tournoi oĂč les supporters, les Ă©quipes, les mĂ©dias et dĂ©sormais son prĂ©sident semblent condamnĂ©s Ă traverser lâAmĂ©rique du Nord par les airs. MĂȘme le hĂ©risson de la RN57, pourtant peu suspect de militantisme radical, aurait demandĂ© une pause pour ârĂ©flĂ©chir Ă la cohĂ©rence globale du projetâ.
đïž La Coupe du Monde 2026 devient un sport mĂ©canique
On croyait naĂŻvement que la Coupe du Monde rĂ©compensait les meilleures Ă©quipes de football. Il faudra peut-ĂȘtre revoir le rĂšglement. En 2026, la vraie performance semble consister Ă faire tenir un match, une cĂ©rĂ©monie, une confĂ©rence, une photo officielle, un dĂ©placement aĂ©rien et une dĂ©claration sur lâenvironnement dans la mĂȘme journĂ©e.
Ă ce rythme, le Ballon dâor devrait ĂȘtre remplacĂ© par le Baril dâor, attribuĂ© au dirigeant ayant parcouru le plus de kilomĂštres sans jamais prononcer le mot âcontradictionâ. Gianni Infantino part favori, mĂȘme si la concurrence reste rude dans le football moderne.
Le Haut-Doubs, de son cĂŽtĂ©, observe ce ballet aĂ©rien avec son scepticisme habituel. Ici, on sait quâun trajet mal pensĂ© peut ruiner une journĂ©e, un budget carburant et une humeur familiale. Alors forcĂ©ment, quand la FIFA transforme une compĂ©tition sportive en salon international du kĂ©rosĂšne, ça interpelle.
đ§ Le Haut-Doubs ne compense pas, il rĂąle localement
Reste la grande question : peut-on compenser tout cela ? Planter des arbres ? Acheter des crédits carbone ? Faire pédaler DjÀysonne sur un home-trainer relié à la régie du stade ? La FIFA trouvera sans doute une formule officielle, avec beaucoup de mots anglais, une vidéo bien montée et une musique inspirante.
Dans le Haut-Doubs, on prĂ©fĂšre une solution plus simple : appeler les choses par leur nom. Un jet privĂ© reste un jet privĂ©. Un tournoi Ă©clatĂ© sur trois pays reste un tournoi Ă©clatĂ© sur trois pays. Et un bilan carbone qui sent le kĂ©rosĂšne ne devient pas une dĂ©marche responsable parce quâon colle dessus trois pictogrammes verts et une phrase sur les gĂ©nĂ©rations futures.
La Coupe du Monde 2026 devait faire rĂȘver la planĂšte. Elle y arrive, mais surtout pour ceux qui rĂȘvaient de voir combien de COâ on pouvait produire en voulant absolument assister Ă tout.
Ă ce stade, une seule certitude demeure : si Gianni Infantino passe un jour par le Haut-Doubs, on lui montrera le C15. Ce ne sera peut-ĂȘtre pas rapide. Mais au moins, entre Pontarlier et Mouthe, il comprendra enfin ce que signifie vraiment âdĂ©placement contraintâ.

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đ©ïž Bilan carbone : Infantino veut voir deux matchs par jour, le Haut-Doubs propose un C15 de fonction
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