🚛 Portiques Ă©cotaxe : le Haut-Doubs veut recycler le grand fiasco national sous le pont des Rosiers

Portiques écotaxe sous le pont des Rosiers : le Haut-Doubs recycle un fiasco national pour stopper les poids lourds trop optimistes.

Portiques Ă©cotaxe, pont des Rosiers, RN57, poids lourds et flair administratif : dans le Haut-Doubs, on n’a peut-ĂȘtre pas de pĂ©trole, mais on a encore quelques vieilles idĂ©es nationales qui traĂźnent dans les greniers de la RĂ©publique. Et parfois, entre deux dossiers empilĂ©s en prĂ©fecture, une idĂ©e surgit : puisque les camions continuent de tenter leur chance sous le pont des Rosiers, pourquoi ne pas recycler les anciens portiques Ă©cotaxe pour les arrĂȘter avant qu’ils ne se prennent pour des cabris mĂ©talliques ?

L’idĂ©e a ce charme trĂšs français des solutions qui arrivent douze ans trop tard, mais au bon endroit. À l’époque, les portiques Ă©cotaxe devaient surveiller les poids lourds, les identifier, les faire payer, et accessoirement rappeler Ă  tout le monde que l’État savait encore planter des trucs au bord des routes. Puis le projet a fini comme beaucoup de grandes rĂ©formes : en polĂ©mique nationale, en dĂ©montage partiel et en traumatisme budgĂ©taire qu’on Ă©vite d’évoquer Ă  table.

Mais dans le Haut-Doubs, rien ne se perd. Pas mĂȘme les Ă©checs.

🚧 Portiques Ă©cotaxe : un monument national enfin utile Ă  quelque chose

Il faut reconnaĂźtre que le pont des Rosiers a remis au goĂ»t du jour une question simple : comment expliquer Ă  un poids lourd qu’un pont trop bas est effectivement trop bas ?

Les panneaux, visiblement, ne suffisent pas. Les restrictions de hauteur, c’est dĂ©coratif. Les itinĂ©raires conseillĂ©s, c’est pour les faibles. Et le GPS, surtout quand il a Ă©tĂ© programmĂ© entre deux cafĂ©s sur une aire d’autoroute, reste un animal dangereux.

D’oĂč cette proposition dĂ©sormais Ă©tudiĂ©e trĂšs sĂ©rieusement par des gens qui ne devraient probablement pas avoir accĂšs Ă  une imprimante couleur : installer des portiques Ă©cotaxe en amont du pont, non pas pour taxer les camions, mais pour les juger moralement.

Mais une poutre en sapin avec deux gars qui gueulent, ça marche aussi

Gérard Poncet, responsable de la sécurité routiÚre pragmatique

L’appareil ne flasherait pas seulement les plaques. Il analyserait l’intention.

“Poids lourd dĂ©tectĂ©. Conducteur confiant. GPS allemand. Niveau de mauvaise foi : Ă©levĂ©.”

À partir de lĂ , plusieurs options seraient possibles. Un voyant rouge. Une sirĂšne. Une voix prĂ©enregistrĂ©e de SĂ©golĂšne Royal disant : “Je vous avais prĂ©venus.” Ou, plus localement, un message de GĂ©rard Poncet, retraitĂ© de la DDE, diffusĂ© dans un haut-parleur lĂ©gĂšrement saturĂ© :

“Demi-tour, grand. MĂȘme le hĂ©risson a compris avant toi.”

đŸ›» Le pont des Rosiers devient la nouvelle frontiĂšre administrative

Le pont des Rosiers n’est plus seulement un ouvrage d’art. C’est devenu un rite initiatique.

Dans certains villages, on vĂ©rifie si les jeunes savent couper du bois. Ici, on observe si un camion sait lire un panneau. Pour l’instant, les rĂ©sultats sont mitigĂ©s.

Le principe du portique serait donc de crĂ©er une frontiĂšre psychologique avant l’impact. Une sorte de douane mentale. On ne demanderait pas au chauffeur ses papiers, mais son degrĂ© de luciditĂ©.

Un camion se prĂ©sente. Le portique scanne. Il dĂ©tecte la hauteur, le tonnage, l’itinĂ©raire, le petit espoir ridicule que “ça va peut-ĂȘtre passer en visant bien”. Puis il dĂ©clenche une procĂ©dure d’urgence appelĂ©e localement “arrĂȘte tes conneries”.

À ce stade, trois niveaux d’alerte seraient prĂ©vus :

  • Niveau 1 : clignotant orange, message poli, possibilitĂ© de faire demi-tour dignement.
  • Niveau 2 : gyrophare, alerte sonore, apparition d’un panneau “TU NE PASSES PAS”.
  • Niveau 3 : intervention de GisĂšle depuis Morteau, en visio, pour humilier le conducteur devant sa cabine, son employeur et sa descendance.

Cette derniĂšre option serait rĂ©servĂ©e aux rĂ©cidivistes, aux camions de livraison “qui en ont pour deux minutes” et aux chauffeurs expliquant qu’ils “ne sont pas du coin”, phrase qui, dans le Haut-Doubs, n’a jamais constituĂ© une circonstance attĂ©nuante.

🧠 La technologie au service du bon sens qu’on avait dĂ©jĂ 

Évidemment, certains esprits chagrins rappelleront qu’il existe dĂ©jĂ  des solutions : panneaux, signalisation dynamique, itinĂ©raires de dĂ©viation, contrĂŽles, barriĂšres physiques. Mais ces gens manquent de poĂ©sie administrative.

Car le portique Ă©cotaxe a un avantage considĂ©rable : il a dĂ©jĂ  coĂ»tĂ© cher. Et en France, quand quelque chose a dĂ©jĂ  coĂ»tĂ© cher, on se sent moralement obligĂ© de lui trouver une utilitĂ© vingt ans plus tard, ne serait-ce que pour pouvoir dire : “Vous voyez bien qu’on avait raison.”

Le Haut-Doubs pourrait donc devenir territoire pilote du recyclage des mauvaises idĂ©es nationales. AprĂšs avoir accueilli le froid, les frontaliers, le Pont, les C15 increvables et les rĂ©unions publiques oĂč quelqu’un finit toujours par parler de la neige de 1985, il accueillerait enfin la rĂ©demption de l’écotaxe.

Les portiques ne prĂ©lĂšveraient plus d’argent. Ils prĂ©lĂšveraient de la dignitĂ©.

Chaque camion arrĂȘtĂ© Ă  temps permettrait d’éviter un nouveau blocage, une nouvelle photo sur Facebook, une nouvelle indignation en commentaire et une nouvelle rĂ©union oĂč tout le monde dĂ©couvre que “quand mĂȘme, il faudrait faire quelque chose”.

🩔 MĂȘme le hĂ©risson demande une expĂ©rimentation

Selon nos informations, un hérisson aurait été aperçu en train de traverser la chaussée en amont du pont, regardant successivement le panneau de limitation, le pont, puis un camion hésitant.

Il aurait ensuite levĂ© les yeux au ciel, avant de repartir dans le fossĂ© avec cette dignitĂ© silencieuse des espĂšces qui ne disposent pas du permis poids lourd mais comprennent tout de mĂȘme la gĂ©omĂ©trie Ă©lĂ©mentaire.

Ce signal faible n’a pas Ă©chappĂ© Ă  certains observateurs locaux. Si mĂȘme la faune commence Ă  douter de la capacitĂ© des humains Ă  interprĂ©ter une hauteur maximale, c’est peut-ĂȘtre qu’il faut passer Ă  l’étape supĂ©rieure.

Le MHDGA, sollicitĂ© sur la question, n’a pas souhaitĂ© commenter officiellement. GĂ©rard Poncet aurait simplement indiquĂ©, depuis son garage, qu’un portique, “c’est bien, mais une poutre en sapin avec deux gars qui gueulent, ça marche aussi”. Une position jugĂ©e rustique, mais budgĂ©tairement compĂ©titive.

📡 Une modernisation trùs haut-doubienne

Le projet pourrait mĂȘme aller plus loin. Chaque passage suspect dĂ©clencherait une notification automatique Ă  la rĂ©daction de L’Ouest RĂ©publicain, avec photo floue, heure prĂ©cise et taux d’optimisme du chauffeur.

Un tableau de bord permettrait de suivre les indicateurs :

  • Camions arrĂȘtĂ©s avant humiliation.
  • Camions ayant tentĂ© “en biais”.
  • Conducteurs ayant accusĂ© le GPS.
  • Nombre de fois oĂč quelqu’un a dit : “Avant, on n’avait pas besoin de tout ça.”

À terme, une carte interactive pourrait mĂȘme ĂȘtre proposĂ©e, mais uniquement si DjĂ€ysonne ne part pas photographier des palmiers Ă  Montperreux au moment exact oĂč le camion passe.

Car c’est aussi cela, le progrĂšs local : installer des technologies complexes pour compenser le fait qu’un stagiaire a oubliĂ© son parapluie.

🏁 Le Haut-Doubs, laboratoire du recyclage rĂ©publicain

Finalement, le pont des Rosiers offre une occasion inespérée : transformer un symbole national de renoncement en outil local de prévention.

Les portiques Ă©cotaxe n’auront peut-ĂȘtre jamais sauvĂ© les finances publiques, mais ils peuvent encore sauver un pont, trois rĂ©troviseurs, deux heures de bouchon et la patience dĂ©jĂ  fragile des automobilistes.

Dans le Haut-Doubs, on a toujours su faire avec ce qu’on avait sous la main : un C15, une pelle, un bout de ficelle, un panneau tordu, un ancien de la DDE et un bon sens parfois brutal. Ajouter un portique Ă©cotaxe Ă  cette panoplie ne serait finalement qu’un geste de continuitĂ© nationale.

La France avait inventé une usine à gaz.

Le Haut-Doubs pourrait en faire un détecteur à camions trop confiants.

Et rien que pour ça, le recyclage mĂ©rite d’ĂȘtre Ă©tudiĂ© sĂ©rieusement. Ou au moins avec un cafĂ©, un Pont, et quelqu’un capable de lire une limite de hauteur sans demander Ă  son GPS.

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

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