Dans le Haut-Doubs, on nâest pas du genre Ă parler de signes.
On prĂ©fĂšre les relevĂ©s mĂ©tĂ©o, les chronos et les feuilles de match. Mais parfois, mĂȘme les plus cartĂ©siens reconnaissent que lâhistoire a le sens de lâinsistance, surtout aux JO biathlon.
Retour en 2006, Jeux olympiques de Turin, en Italie. Le 17 fĂ©vrier prĂ©cisĂ©ment. Une Française sâĂ©lance sur le sprint de biathlon. Pas favorite sur le papier, pas installĂ©e dans un storytelling prĂ©mĂąchĂ©, mais solide, appliquĂ©e, froide comme un matin sans soleil Ă Pontarlier. Florence Baverel-Robert.
Ă lâarrivĂ©e : mĂ©daille dâor.
La premiĂšre française Ă obtenir une mĂ©daille d’or olympique en biathlon sur une Ă©preuve individuelle.
Et accessoirement, un petit détail qui a son importance : elle vient du Haut-Doubs.
Ce jour-lĂ , le territoire bascule. Le biathlon français nâest plus seulement prometteur ou âen constructionâ. Il est champion olympique. Et pas par accident.
Pour vĂ©rifier cette thĂ©orie, le Pontissalien – encore ! – Vincent Defrasne, s’adjuge dĂšs le lendemain le titre sur la poursuite.
đ° Dans cet article
đźđč LâItalie, ce pays oĂč le Haut-Doubs vise juste
Vingt ans plus tard, le décor se remet en place.
Les Jeux olympiques dâhiver Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina 2026 auront lieu⊠en Italie.
MĂȘme pays. MĂȘme sport. MĂȘme exigence.

Dans le Haut-Doubs, personne nâa oubliĂ© Turin. Ni les anciens qui parlent encore de la course comme si elle avait eu lieu âlâhiver dernierâ, ni les plus jeunes qui ont grandi avec cette mĂ©daille comme rĂ©fĂ©rence silencieuse. Ici, on ne fait pas de statues, mais on se souvient.
đïž JO Biathlon : Le Haut-Doubs nâa pas fait une championne, il a lancĂ© une dynamique
Ce serait une erreur de réduire Turin 2006 à un exploit isolé.
La victoire de Florence Baverel-Robert a ouvert une porte. DerriÚre, toute une génération de biathlÚtes françaises est passée, avec une constance qui force le respect.
Les Jeux suivants ont confirmé une chose : les Françaises savent gagner aux Jeux.
En relais fĂ©minin, dâabord, dĂšs 1994 Ă Albertville. En relais mixte ensuite, qui rapporte 2 mĂ©dailles en 3 Ă©ditions. Dans des formats oĂč lâerreur individuelle se paie cash et oĂč la solidaritĂ© ne se dĂ©crĂšte pas.
Impossible de parler du palmarĂšs olympique sans citer celles qui ont consolidĂ© cette place française au sommet de l’Olympe :
- 1 Dorin-Habert, pilier des relais mĂ©daillĂ©s, symbole dâintelligence de course et de rĂ©gularitĂ© ;
- Anaïs Bescond, présence constante dans les grandes échéances, médaillée olympique en relais ;
- 1 Braisaz-Bouchet, capable de faire exploser une course ou de verrouiller un collectif quand il le faut.
Ces médailles-là ne font pas toujours les gros titres. Elles construisent pourtant la crédibilité olympique du biathlon français. Une crédibilité patiemment bùtie, édition aprÚs édition.
đ„ Hommes et femmes, une histoire commune⊠mais un dĂ©clencheur venu dâici
Quâon soit clair : lâhistoire du biathlon est autant masculine que fĂ©minine.
Les hommes ont apporté leur part de titres, de relais solides, de performances marquantes. Le biathlon français est une réussite collective, transversale, structurée.
Mais le déclencheur olympique, celui qui a tout changé dans le regard porté sur ce sport en France, il vient bien du Haut-Doubs, en 2006, sur une course individuelle féminine. Un fait. Pas un slogan.
đ 2026 : cette fois, on ne rĂȘve plus, on calcule
La grande diffĂ©rence entre 2006 et 2026, câest celle-ci : Ă Turin, on espĂ©rait un exploit. Ă MilanoâCortina, on arrive avec un tableur Excel.
Le biathlon français se prĂ©sente avec une gĂ©nĂ©ration complĂšte, habituĂ©e aux podiums, aux saisons longues, Ă la pression mĂ©diatique. Et au cĆur de ce dispositif, il y a une Ă©vidence locale : Lou Jeanmonnot.

Lou, câest du Haut-Doubs pur jus. Du calme. Du tir. De la constance. Pas de gestes inutiles, pas de discours trop grands. Une biathlĂšte qui avance course aprĂšs course, et qui, aujourdâhui, rend crĂ©dibles plusieurs titres olympiques : en individuel, en relais fĂ©minin, en relais mixte.
Oui, plusieurs. Et câest bien lĂ le changement dâĂ©poque.
La preuve : mĂȘme son chien Inouk est instagrammable. En 2006, on Ă©tait encore Ă la photo sur pellicule.
đŠ Dans le Haut-Doubs, on appelle ça de la logique, pas de lâarrogance
Personne ici ne promet des mĂ©dailles Ă lâavance. Le biathlon est trop cruel pour ça. Mais quand on regarde le passĂ©, le prĂ©sent et les conditions, difficile de ne pas voir la cohĂ©rence.
đ 2006, Italie : une premiĂšre championne olympique française venue du Haut-Doubs.
đ 2026, Italie encore : une gĂ©nĂ©ration entiĂšre capable dâen ramener plusieurs.
Dans le Haut-Doubs, on ne parle pas de destin.
On parle de continuitĂ©. đŻ

Retrouvez
đŻ JO Biathlon, Italie et Haut-Doubs : vingt ans plus tard, lâhistoire repasse au mĂȘme endroit
sur nos réseaux
đ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de LâOuest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.
đ Dâautres rebondissements, rĂ©vĂ©lations ou photos floues Ă propos de ce sujet vous attendent sur nos rĂ©seaux :
đ Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous ĂȘtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-mĂȘme, mais on vous suggĂšre fortement de jeter un Ćil Ă notre glossaire.
