L’actualité internationale a donc franchi un nouveau palier : Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, est désormais interdit d’accès au territoire français. Une décision annoncée par la diplomatie française après la polémique liée au traitement de militants européens d’une flottille pour Gaza. Dans les chancelleries, on parle sanctions, droit international, relations bilatérales et communiqué grave publié sur X.
Dans le Haut-Doubs, naturellement, on a immédiatement compris l’essentiel : si Paris peut dresser une liste noire, alors Pontarlier aussi.
Car ici, cela fait des années que des comportements hautement préoccupants sont observés sur le terrain. Des actes répétés. Des mots prononcés sans prudence. Des expressions lâchées en public, parfois devant des enfants, des vaches ou des anciens de la DDE. Des gens qui disent “au Haut-Doubs”. Des visiteurs qui demandent un pastis. Des automobilistes qui klaxonnent un C15 parce qu’il roule à 63 km/h en montée. Des touristes qui appellent tout le monde “Doubsien”, y compris à Morteau, avant de s’étonner que le silence devienne soudain très administratif.
À L’Ouest Républicain, nous avons donc consulté nos sources locales, nos archives, deux comptoirs, trois parkings et une table collante où la vérité finit toujours par remonter. Conclusion : la vraie liste noire du Haut-Doubs existe déjà. Elle n’est simplement pas publiée au Journal officiel, parce que personne n’a trouvé le bon Cerfa.
📰 Dans cet article
🧀 Les gens qui disent “au Haut-Doubs” seront reconduits à la frontière grammaticale
Premier motif d’inscription : l’expression “au Haut-Doubs”.
La rédaction le rappelle avec la patience fatiguée d’un moniteur d’auto-école coincé derrière une voiture immatriculée 75 : on dit dans le Haut-Doubs. Pas “au Haut-Doubs”. Jamais. Même sous la menace. Même sur LinkedIn. Même dans un dossier de subvention intitulé “Valorisation du territoire et synergies agro-montagnardes”.
“Au Haut-Doubs”, ça sonne comme un consultant parisien qui aurait découvert Mouthe sur une carte météo en cherchant une destination “authentique, mais avec du réseau”. Le genre de personne capable d’arriver en softshell neuve, de parler de “territoire de résilience” et de demander si le Comté existe en version végétale.
La sanction proposée reste modérée : une reconduite immédiate jusqu’au panneau “Bienvenue dans le Jura”, avec obligation de réécrire cinquante fois : “Je suis dans le Haut-Doubs, et je ne fais pas le malin.”. Bref, une OQTHD.
🍹 Le mot “pastis” déclenche une alerte orange à Pontarlier
Deuxième motif : demander un pastis.
Il y a des sujets délicats. Il y a la géopolitique. Il y a les finances publiques. Et puis il y a l’individu qui entre quelque part dans le secteur de Pontarlier et demande “un petit pastis”.
On ne sait pas exactement ce qui se passe ensuite. Les témoignages divergent. Certains parlent d’un froid brutal dans la pièce. D’autres évoquent une chaise qui grince seule. Un ancien aurait simplement posé son verre, lentement, avant de murmurer : “Ici, on dit Pont.”
Le Pontarlier n’est pas un détail folklorique. C’est un marqueur civilisationnel. Une ligne de démarcation. Un rempart liquide contre l’effondrement culturel. Dire “pastis” ici, c’est comme demander une fondue savoyarde à Métabief avec de l’emmental râpé industriel : techniquement possible dans une société libre, mais moralement dangereux.
La liste noire prévoit donc une mesure adaptée : toute personne surprise à dire “pastis” dans le Haut-Doubs devra suivre un stage de réintégration locale animé par Gisèle, avec dégustation encadrée, regard sévère et diaporama intitulé “Le Pont : ce que Marseille n’a jamais compris”.
🐄 “Doubsien” au lieu de Doubiste : l’erreur qui peut coûter cher socialement
Troisième motif : appeler un habitant du département “Doubsien”.
La nuance est capitale. Un habitant du département du Doubs est un Doubien ou un Doubiste. Un Doubsien, c’est un habitant de la commune de Doubs. C’est précis, localisé, cadastralement sensible.
Or, chaque été, des visiteurs débarquent avec leurs bonnes intentions et leurs mauvaises terminaisons.
“Vous les Doubsiens, vous êtes attachants.”
Silence. Regard fixe. Une vache arrête de mâcher. Un commerçant range lentement la boîte à monnaie. Quelque part, un hérisson change de trottoir.
L’erreur n’est pas seulement linguistique. Elle trahit une méconnaissance profonde du territoire. C’est mettre dans le même sac Besançon, Pontarlier, Morteau, Doubs, le Doubs, les Doubistes, les Doubiens, les Doubsiennes et les gens qui pensent encore qu’on peut traverser Houtaud en parlant de RN57 n’importe comment. Bref : c’est ouvrir une crise institutionnelle avec un simple suffixe.
La sanction proposée par la commission informelle des gens déjà agacés : obligation de lire à voix haute un glossaire local devant trois anciens, sans rire, sans inventer “Doubsardois”, et sans demander si “Haut-Doubiste” prend un trait d’union.
🚗 Les klaxonneurs de C15 en côte : menace directe contre l’ordre rural
Quatrième motif : klaxonner un C15.
Le C15 dans le Haut-Doubs n’est pas un véhicule. C’est une espèce protégée. Un patrimoine roulant. Une chapelle sur quatre roues. Un outil agricole capable de transporter simultanément deux bottes, un chien, une débroussailleuse, un voisin, trois sacs de granulés et un secret de famille datant de 1998 (sauf les coins à champignons).
Le klaxonner parce qu’il avance tranquillement sur une route montante, c’est révéler une forme d’impatience incompatible avec l’altitude. Le C15 ne va pas lentement. Il respecte la pente, le vent, l’humidité, la mémoire des lieux et le fait que le conducteur connaît personnellement tous les virages depuis l’époque où votre SUV n’était qu’une idée allemande, il y a 150 ans.

Les contrevenants ne seraient pas expulsés immédiatement. Le Haut-Doubs n’est pas cruel. Ils seraient d’abord placés en observation sur le parking du Super U de Doubs, où ils devraient comprendre que la priorité locale n’est pas la vitesse, mais l’art de se garer en diagonale en laissant “encore largement la place”.
🧤 Les gens qui viennent en sandales “parce qu’on est en mai”
Cinquième motif : la sandale de confiance.
Chaque année, des visiteurs arrivent dans le Haut-Doubs persuadés que le calendrier national s’applique aussi ici. Ils voient “mai”, ils pensent terrasse, lunettes de soleil, mollets libres. Erreur. Dans le Haut-Doubs, le mois de mai est une proposition. Une hypothèse administrative. Une rumeur printanière que la météo peut contredire à tout moment avec une averse de neige horizontale.
La sandale n’est pas interdite par haine du pied. Elle est interdite par compassion. Un orteil exposé à 850 mètres d’altitude peut très vite prendre conscience de la fragilité humaine. À partir de là, le porteur devient nerveux, ralentit les files, demande “s’il fait toujours comme ça ici” et finit par publier une story en écrivant “ambiance Sibérie”.
La sanction : confiscation préventive des sandales, remise d’une paire de chaussettes épaisses, et inscription automatique à une conférence de Gisèle :
“On vous avait prévenus, mais vous avez voulu faire les malins.”
🗺️ La liste noire du Haut-Doubs ne vise personne, mais tout le monde se reconnaîtra
Évidemment, les autorités locales n’ont pas confirmé l’existence d’une telle liste noire. Officiellement, rien n’est prêt. Officieusement, plusieurs critères circulent déjà sous forme de post-it, de soupirs et de conversations commencées par “non mais l’autre jour, t’aurais entendu ce qu’il a dit”.
Parmi les cas encore étudiés :
- les gens qui prononcent “Morteau” comme s’il y avait un accent provençal caché dedans ;
- ceux qui demandent si le Mont d’Or “se mange froid, comme un yaourt” ;
- les cyclistes qui remercient les vaches de leur “énergie tellurique” ;
- les automobilistes qui pensent que la neige est une option décorative ;
- les visiteurs qui confondent authenticité et absence de 5G ;
- les influenceurs qui écrivent “petite Suisse française” sous une photo de pré, ce qui peut déclencher une réunion de crise à la fruitière.
Le plus inquiétant, selon nos sources, reste la montée des profils hybrides : des gens capables de dire “au Haut-Doubs”, de commander un pastis, puis de demander “vous êtes Doubsien ?” dans la même phrase. Là, on ne parle plus de maladresse. On parle de cumul aggravé.
🦔 Le hérisson local demande une interdiction de territoire pour les pneus pressés
Dans cette affaire, le hérisson de L’Ouest Républicain a tenu à faire savoir qu’il soutenait toute politique de contrôle, à condition qu’elle s’applique aussi aux conducteurs pressés.
“On parle beaucoup des ministres interdits de territoire, mais moi je vois surtout des gens interdits de patience”, aurait-il déclaré avant de traverser une route départementale sans prévenir, comme le veut la tradition.
Le hérisson propose donc une extension de la liste noire aux véhicules qui accélèrent entre deux virages, aux motos qui réveillent les hameaux “pour profiter du son”, et aux voitures qui collent les pare-chocs dans les descentes en pensant que cela va accélérer le tracteur devant.
Une motion jugée recevable par plusieurs habitants, notamment ceux qui considèrent que la route n’est pas une infrastructure de mobilité, mais un long test moral.
🧾 Une diplomatie locale fondée sur le Comté, la précision et la mauvaise foi
On pourra toujours objecter que comparer une décision diplomatique française à une liste noire haut-doubienne relève de l’exagération. C’est exact. C’est même le principe.
Mais cette actualité rappelle une chose essentielle : toute communauté finit par fixer ses limites. La République interdit de territoire un responsable politique étranger pour des raisons diplomatiques. Le Haut-Doubs, lui, envisage surtout de protéger son vocabulaire, ses boissons, ses routes, ses fromages et ses façons de regarder les gens sans parler pendant sept secondes.
C’est moins spectaculaire, mais plus quotidien.
D’ailleurs, un projet de “liste noire du Haut-Doubs” circulerait déjà sous forme de tableau Excel, avec trois colonnes : faute commise, niveau de gravité, durée de mise à l’écart du comptoir. Le fichier aurait été nommé “version_finale_v7_definitive_OK_Gisele.xlsx”, ce qui laisse penser que le dossier est sérieux.
Gégé Poncet, joint par une source qui a préféré rester proche de la machine à café, estime que la mesure est “nécessaire mais pas suffisante”. Il souhaiterait y ajouter les gens qui disent “province”, les Parisiens qui parlent de “petites routes charmantes” en bloquant toute une départementale pour faire une photo, et les élus qui promettent une concertation avant d’expliquer qu’en fait tout est déjà décidé.
Gisèle, elle, résume l’affaire plus simplement :
“Interdire Ben-Gvir, très bien. Mais qu’on commence aussi à interdire les imbéciles qui disent pastis chez nous. La paix mondiale viendra après.”

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🚫 Liste noire du Haut-Doubs : après Ben-Gvir, la République locale prépare ses propres interdictions de territoire
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🍷 Le débat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest Républicain, le groupe de discussion rattaché à la page, et modéré par Gisèle.
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