Chez LâOuest RĂ©publicain, le pognonier avait dâabord trouvĂ© sa gardienne : Delphine Hans-Public. Puis, Ă force de regarder qui sortait rĂ©ellement la calculatrice, le sĂ©cateur ou la tronçonneuse budgĂ©taire, un dĂ©tail a fini par devenir difficile Ă ignorer : Christelle Morançais, AgnĂšs Verdier-MoliniĂ©, AmĂ©lie de Montchalin, Christine Lagarde⊠notre petit club du pognonicide est trĂšs majoritairement fĂ©minin. CoĂŻncidence ? Ăchantillon foireux ? Ou simple hasard Ă©ditorial parfaitement exploitable un 1er octobre ?
Article rĂ©digĂ© par Carine Terre-Vioux @ctv pour l’occasion.
PrĂ©cision avant que le service juridique ne tousse : Octobre rose reste Ă©videmment la campagne de sensibilisation au cancer du sein. Chez OR, on nâen emprunte ici que le calendrier et la palette graphique.
Le reste relĂšve dâune discipline beaucoup moins mĂ©dicale : la limitation de la culture intensive du pognonier.
đ° Dans cet article
đȘ Le pognonicide : une nouvelle espĂšce politique
Nous avions déjà le pognonier.
Cette plante remarquable permet de faire apparaĂźtre quelques milliards supplĂ©mentaires pour financer une promesse Ă©lectorale, une baisse de prĂ©lĂšvements ou un programme dont la colonne « financement » a malencontreusement disparu Ă lâimpression.
Puis est arrivĂ© le DHP-mĂštre, chargĂ© de compter les milliards dans lâautre sens.
Il nous manquait un mot pour dĂ©signer les personnes qui semblent prendre un plaisir particulier Ă arriver devant lâarbre avec une paire de ciseaux.
Ce sera donc : le pognonicide.
« Le pognon nâa pas de sexe. Une addition non plus. »
Delphine Hans-Public
Pas nĂ©cessairement quelquâun qui veut rĂ©duire toutes les dĂ©penses publiques.
Pas forcĂ©ment quelquâun qui souhaite augmenter tous les impĂŽts.
Simplement quelquâun qui, lorsquâon lui prĂ©sente une promesse Ă 12 milliards, pose cette question profondĂ©ment dĂ©sagrĂ©able :
« Et vous les prenez oĂč ? »
Curieusement, notre casting commence à ressembler à une réunion non mixte.
âïž Christelle Morançais : elle Ă©tait dans le game avant DHP
RĂ©tablissons dâabord la chronologie.
Chez OR, Delphine Hans-Public nâa pas inventĂ© la discipline. Elle est notre dĂ©clinaison maison dâune espĂšce dĂ©jĂ observĂ©e dans la nature.
Avant elle, il y avait notamment Christelle Morançais.
Ă lâautomne 2024, la prĂ©sidente de la rĂ©gion Pays de la Loire avait annoncĂ© vouloir rĂ©aliser 100 millions dâeuros dâĂ©conomies sur le budget rĂ©gional 2025, bien davantage que lâeffort initialement demandĂ© par lâĂtat. Le budget finalement adoptĂ© a comportĂ© une forte rĂ©duction des dĂ©penses de fonctionnement, suscitant notamment une vive contestation dans les secteurs culturel et associatif.
Autrement dit : quand DHP est arrivĂ©e chez OR avec son classeur Excel et son absence totale dâĂ©motion devant un tableau budgĂ©taire, CM avait dĂ©jĂ fait chauffer le sĂ©cateur.
« Je nâai jamais prĂ©tendu avoir inventĂ© la soustraction », aurait pu rĂ©pondre DHP si nous lui avions posĂ© la question.
Nous ne lâavons pas fait.
Nous tenons Ă conserver une ambiance de travail acceptable.
đ§ź AgnĂšs Verdier-MoliniĂ© : AVM nâa jamais vraiment quittĂ© la calculatrice
DeuxiÚme membre naturel du club : AgnÚs Verdier-Molinié.
La directrice de la Fondation iFRAP défend depuis longtemps une réduction de la dépense publique et critique réguliÚrement le niveau du déficit et de la dette français. En février 2026, elle estimait encore que le déficit resterait supérieur à 5 % et jugeait insuffisante la maßtrise de la dépense publique.
Chez OR, AVM dispose donc depuis longtemps de son badge dâaccĂšs au local technique du pognonier.
Elle nâarrose pas.
Elle mesure.
Puis elle demande pourquoi quelquâun a encore achetĂ© un nouvel arrosoir.
đȘ AmĂ©lie de Montchalin : ADM dĂ©barque directement avec la tronçonneuse
Et voici désormais Amélie de Montchalin.
Nouvelle premiĂšre prĂ©sidente de la Cour des comptes, ADM a marquĂ© les esprits en rappelant que la seule charge dâintĂ©rĂȘts de la dette devrait approcher 80 milliards dâeuros en 2026 et pourrait atteindre 100 milliards par an autour de 2030 si la trajectoire ne sâamĂ©liore pas. Elle rĂ©sume le problĂšme sans botanique : ces intĂ©rĂȘts devront ĂȘtre financĂ©s par moins de dĂ©penses ailleurs ou davantage de recettes.
Chez OR, la traduction est immédiate : pendant que certains plantent des pognoniers, la dette vient déjà cueillir les billets.
« Les hommes promettent, les femmes demandent le tableau de financement. »
Carine Terre-Vioux
ADM vient donc de réussir une entrée remarquée sur le marché du pognonicide.
DHP aurait simplement demandĂ© quâon lui rappelle qui occupait dĂ©jĂ le crĂ©neau avant lâarrivĂ©e de la Cour des comptes.
đŠ Christine Lagarde : la franchise internationale
Il fallait évidemment une succursale étrangÚre.
Christine Lagarde remplit parfaitement le rĂŽle.
La prĂ©sidente de la Banque centrale europĂ©enne a rĂ©cemment rejetĂ© la proposition de Jean-Luc MĂ©lenchon visant Ă annuler une partie de la dette française dĂ©tenue dans lâEurosystĂšme, jugeant notamment quâune telle opĂ©ration se heurterait aux rĂšgles europĂ©ennes et comporterait des risques financiers.
La BCE nâest Ă©videmment ni Bercy ni la Cour des comptes. Christine Lagarde nâa donc pas le mĂȘme mĂ©tier que CM, AVM ou ADM.
Mais lorsquâun candidat propose de rĂ©gler le problĂšme de la dette en faisant disparaĂźtre une partie de la dette, et que CL rĂ©pond en substance « non », le service des admissions du pognonicide commence tout de mĂȘme Ă sortir un badge visiteur.
đ Les femmes seraient-elles donc naturellement anti-pognonier ?
Absolument aucune conclusion sĂ©rieuse ne peut ĂȘtre tirĂ©e de notre Ă©chantillon.
Et pour cause : notre Ă©chantillon a Ă©tĂ© constituĂ© par la rĂ©daction de LâOuest RĂ©publicain au fil de ses propres obsessions budgĂ©taires.
Statistiquement, il a Ă peu prĂšs la valeur dâun sondage rĂ©alisĂ© au comptoir de GisĂšle entre deux cafĂ©s.
Nous avions dâailleurs envisagĂ© ce titre :
« Les hommes promettent, les femmes demandent le tableau de financement. »
Le service statistique nous a demandé de reposer immédiatement cette phrase.
Dâautant que SĂ©bastien Lecornu vient lui-mĂȘme de mettre sur la table un effort budgĂ©taire de 54 milliards dâeuros pour 2027 afin de contenir le dĂ©ficit. Notre magnifique thĂ©orie du pognonicide exclusivement fĂ©minin vient donc de prendre un lĂ©ger coup dans lâaile.

Nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas le mettre sur lâaffiche dâOctobre rose.
Il fallait bien sauver le concept.
đł DHP demande lâarrĂȘt immĂ©diat des conclusions sociologiques
Delphine Hans-Public, sollicitée pour commenter ce déséquilibre manifeste dans les effectifs, refuse toute généralisation.
« Le pognon nâa pas de sexe. Une addition non plus. »
Puis elle regarde successivement CM, AVM, ADM et CL.
« AprĂšs, si vous me demandez pourquoi vous avez trouvĂ© autant de femmes autour du tableau Excel, câest votre problĂšme Ă©ditorial, pas le mien. »
Nous avons briĂšvement envisagĂ© dâajouter Mutti Angela Ă la photo de famille. Le service graphisme a signalĂ© que le montage devenait ingĂ©rable. La rĂ©daction a donc dĂ©cidĂ© de sâen tenir lĂ .
Pour lâinstant.

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