La rentrée est à peine commencée et la Bourgogne-Franche-Comté décroche déjà une médaille : deuxiÚme région de France au classement du seum au travail. Selon un test en ligne réalisé par Chance auprÚs de plus de 15 000 participants, notre région affiche un score moyen de 48,7 sur 100. Seuls les Hauts-de-France font mieux. Enfin une compétition dans laquelle le Grand Est reste derriÚre nous.
đ° Dans cet article
đ Le seum professionnel a dĂ©sormais son thermomĂštre
Il fallait bien que quelqu’un finisse par le mesurer.
Chance, sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans l’orientation professionnelle, a profitĂ© de la rentrĂ©e pour lancer son « Seum-o-mĂštre », un questionnaire de dix questions destinĂ© Ă Ă©valuer le niveau de frustration professionnelle de ses participants.
Le principe est simple : votre réveil sonne le lundi matin. Sourire : zéro point. Soupirer : cinq points. Fixer le plafond en envisageant sérieusement une reconversion comme berger dans le Larzac : dix points.
D’autres questions demandent si l’ouverture de l’agenda de septembre suscite encore quelques projets enthousiasmants ou provoque dĂ©jĂ un calcul mental du nombre de jours restant avant les vacances de la Toussaint.
Au terme du questionnaire, chacun reçoit un score sur 100.
Entre le 20 aoĂ»t et le 7 septembre 2026, 15 347 personnes ont complĂ©tĂ© l’intĂ©gralitĂ© du test. Leur score moyen atteint 46,4 sur 100.
Chance distingue ensuite trois grandes catégories : le « zéro seum », le « seum modéré » et le « gros seum ».
Ă ce stade, la crĂ©ation d’un certificat mĂ©dical d’absence pour seum aggravĂ© ne semble toutefois pas prĂ©vue.
đ„ Bourgogne-Franche-ComtĂ© : 48,7 sur 100
C’est surtout le classement gĂ©ographique qui nous intĂ©resse.
Avec un score moyen de 49,6 sur 100, les Hauts-de-France remportent le championnat national.
La Bourgogne-Franche-Comté suit avec 48,7.
Le Grand Est complĂšte le podium Ă 47,4.
Nous sommes donc officiellement plus contrariés professionnellement que la moyenne nationale, établie à 46,4.
L’Ă©cart demeure toutefois assez modeste : 2,3 points.
Autrement dit, il n’est pas encore nĂ©cessaire de convertir immĂ©diatement l’ensemble des pĂąturages du Haut-Doubs en centres d’accueil pour cadres en reconversion venus apprendre Ă surveiller des MontbĂ©liardes.

Chance ne fournit d’ailleurs pas de donnĂ©es dĂ©partementales permettant de dĂ©terminer si le Doubs tire la rĂ©gion vers le haut, ni si le seum est plus concentrĂ© Ă Besançon, dans le Haut-Doubs ou Ă proximitĂ© immĂ©diate d’une machine Ă cafĂ© d’open space.
Nous resterons donc prudents.
â ïž Un actif sur trois ? Pas exactement
Le communiqué de Chance annonce que 34,4 % des participants dépassent le seuil de 60 sur 100, qualifié de « seum structurel ».
L’entreprise en tire un message accrocheur : environ un actif sur trois serait en situation de seum critique.
Il faut cependant regarder la mĂ©thodologie avant d’envoyer un tiers de la population active garder des moutons.
Les 15 347 personnes interrogées ne constituent pas, dans les éléments communiqués, un échantillon représentatif de la population active française.
Il s’agit de personnes ayant volontairement dĂ©cidĂ© de rĂ©aliser en ligne un test intitulĂ© « Seum-o-mĂštre ».
Cela introduit un tout petit biais potentiel.
Il est par exemple assez vraisemblable qu’un salariĂ© enchantĂ© de reprendre son travail, sifflotant dĂšs 7 h 42 devant Outlook et impatient de retrouver son tableau Excel trimestriel, soit lĂ©gĂšrement moins tentĂ© de cliquer sur un test proposant de mesurer son niveau de seum professionnel.
Les chiffres décrivent donc les participants au questionnaire.
Ils ne permettent pas, Ă eux seuls, d’affirmer que 34,4 % de l’ensemble des actifs français ont atteint le stade du cerveau ayant « officiellement posĂ© sa dĂ©mission avant le corps ».
Nuance certes moins spectaculaire sur Instagram, mais statistiquement assez utile.
đ¶ Les jeunes ont davantage le seum
Les rĂ©sultats fournis par Chance montrent Ă©galement un Ă©cart important selon l’Ăąge.
Chez les 16-24 ans, le score moyen atteint 52,7 sur 100.
Chez les 55 ans et plus, il tombe Ă 38,8.
La rentrée professionnelle semble donc nettement plus difficile à digérer chez les jeunes actifs que chez ceux qui commencent à voir apparaßtre la retraite au bout du tunnel.
Chance indique également que 88 % des femmes ayant répondu au test ressentent au moins un peu de seum.
LĂ encore, faute d’Ă©chantillon reprĂ©sentatif documentĂ©, mieux vaut lire ces donnĂ©es comme une photographie des rĂ©pondants plutĂŽt que comme un recensement national du soupir devant la machine Ă cafĂ©.
đ Le Larzac ne pourra pas accueillir tout le monde
DerriĂšre le vocabulaire volontairement lĂ©ger, Chance dĂ©fend Ă©videmment son activitĂ© : accompagner les personnes qui s’interrogent sur leur orientation ou leur reconversion professionnelle.
Son cofondateur Ludovic de Gromard estime que le « seum de rentrĂ©e » peut ĂȘtre davantage qu’un simple blues post-vacances et constituer, pour certains, un signal invitant Ă faire le point sur leur vie professionnelle.
Sur ce point, le Seum-o-mÚtre remplit probablement assez bien son objectif : dix questions amusantes peuvent suffire à faire émerger une interrogation beaucoup moins amusante.
« C’est vraiment ça, ma vie professionnelle pour les trente prochaines annĂ©es ? »
Pour 65,6 % des participants, le seuil de 60 points n’est pas atteint.
Pour les autres, Chance suggĂšre donc de s’interroger.
Quant à la Bourgogne-Franche-Comté, elle repart de cette rentrée avec une deuxiÚme place nationale.
C’est dĂ©jĂ mieux qu’une rĂ©union Teams Ă 8 h 30.

Retrouvez
đ€ La Bourgogne-Franche-ComtĂ©, vice-championne de France du seum au travail
sur nos réseaux
đ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de LâOuest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.
đ Dâautres rebondissements, rĂ©vĂ©lations ou photos floues Ă propos de ce sujet vous attendent sur nos rĂ©seaux :
đ Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous ĂȘtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-mĂȘme, mais on vous suggĂšre fortement de jeter un Ćil Ă notre glossaire.
