🌳 Pognonier : Delphine Hans-Public alerte sur sa culture intensive pour la présidentielle 2027

À l’approche de 2027, le pognonier prolifère. Delphine Hans-Public passe les premières promesses économiques des candidats au pognonomètre.

À huit mois de la présidentielle, une espèce végétale que l’on croyait mythologique connaît une croissance spectaculaire : le pognonier. Cet arbre remarquable permet de financer baisses d’impôts, hausses de dépenses et promesses diverses sans engrais, sans arrosage et, dans certains cas, sans financement clairement identifié. Delphine Hans-Public, pressentie pour Bercy, réclame un moratoire immédiat sur sa culture intensive.

🌳 Le pognonier prolifère à l’approche de la présidentielle 2027

L’alerte est partie de Bercy.

Ou plus exactement des environs immédiats de Bercy, Delphine Hans-Public n’ayant toujours pas officiellement reçu les clés.

Depuis plusieurs semaines, la spécialiste des finances publiques observe une prolifération inquiétante d’une espèce longtemps considérée comme imaginaire : le pognonier.

« Le pognonier est un arbre extraordinaire. Il apparaît environ neuf mois avant une élection présidentielle, produit plusieurs dizaines de milliards d’euros sans effort et dépérit généralement au lendemain du second tour », explique DHP.

Le premier débat économique de la présidentielle 2027, organisé le 27 août par le Medef, lui a fourni un terrain d’étude exceptionnel. Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen y ont présenté leurs recettes respectives pour les finances publiques, les entreprises, les salaires ou la dette.

Une biodiversité politique remarquable.

« À gauche, à droite, au centre : tout le monde dispose désormais de sa variété. Certaines donnent des dépenses, d’autres des baisses d’impôts, d’autres encore des économies. Mais à la fin, nous demandons toujours à voir le verger. »

L’Ouest Républicain a donc rencontré Delphine Hans-Public pour établir un premier état sanitaire des plantations françaises.

🔥 Jean-Luc Mélenchon : peut-on brûler les feuilles mortes ?

L’Ouest Républicain : Jean-Luc Mélenchon propose de s’attaquer à la partie de la dette publique détenue par la Banque de France. C’est du pognonier ?

Delphine Hans-Public : Pas exactement. C’est une technique plus avancée. Au lieu de faire pousser du pognon, vous faites disparaître la facture.

Le candidat de La France insoumise défend l’annulation ou le gel de la partie de la dette française détenue dans le cadre de l’Eurosystème. Cette part représenterait environ 18 % de la dette française. La proposition a déjà provoqué un débat juridique et économique, le président de la Bundesbank rappelant notamment que l’annulation de dette détenue par une banque centrale se heurte aux règles européennes.

DHP : J’avais déjà exprimé mon opposition au brûlage des OAT. Je maintiens. Une obligation souveraine n’est pas un sarment de vigne.

OR : Il n’y aurait donc pas de récolte ?

DHP : Si quelqu’un vous doit 100 euros et que vous brûlez sa reconnaissance de dette, lui a gagné 100 euros. Vous, curieusement, vous ne venez pas de gagner 100 euros. Voilà pourquoi les comptables sont rarement invités aux barbecues.

💰 Marine Le Pen : une récolte annoncée à 125 milliards

OR : Marine Le Pen promet, elle, 125 milliards d’euros d’économies.

DHP sort immédiatement sa calculatrice.

La candidate du Rassemblement national a annoncé qu’elle présenterait avant le débat budgétaire une trajectoire comprenant 125 milliards d’euros d’économies. Elle défend parallèlement une règle d’or limitant le déficit à 3 % du PIB et maintient son projet de retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, voire 60 ans pour certaines carrières commencées tôt.

DHP : Très intéressant. Nous avons la quantité de fruits annoncée avant même d’avoir le plan du verger.

OR : 125 milliards, c’est beaucoup ?

DHP : C’est une très belle récolte. Je souhaite simplement connaître l’adresse de l’exploitation, la superficie des parcelles et le rendement à l’hectare.

Le détail du plan doit être présenté ultérieurement.

« Je ne dis pas que les 125 milliards sont introuvables. Je dis simplement qu’en finances publiques, écrire “125 milliards d’économies” et réaliser 125 milliards d’économies sont deux activités distinctes. L’une nécessite un traitement de texte. L’autre quelques arbitrages légèrement moins agréables. »

✂️ Bruno Retailleau : couper pour faire pousser

La variété cultivée par Bruno Retailleau intrigue davantage DHP.

Le candidat LR veut réduire de 40 milliards d’euros les cotisations sociales et impôts de production. Il a parallèlement avancé d’importantes réductions de dépenses publiques et la suppression de 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires.

DHP : Ici, nous avons une technique sylvicole originale. On enlève 40 milliards d’un côté et on explique que la taille sévère de la forêt administrative permettra notamment de compenser.

OR : C’est donc financé ?

DHP : Il existe au moins une réponse à la question « où cherchez-vous l’argent ? ». C’est déjà beaucoup plus intéressant qu’un pognonier totalement spontané. Reste ensuite à vérifier que couper entre 250 000 et 300 000 branches produit exactement la quantité de bois annoncée sans supprimer les feuilles dont on avait encore besoin.

Elle précise qu’elle refuse désormais l’expression « économies évidentes ».

« Une économie évidente est généralement une dépense dont bénéficie quelqu’un d’autre. »

Si vous me dites que vous serez à Morteau à 17 heures, je peux parfaitement vous croire. Si vous êtes actuellement à Marseille, je vais néanmoins vous demander comment.

Delphine Hans-Public

🏭 Édouard Philippe : le pognonier en circuit fermé

Édouard Philippe propose lui aussi une forte baisse des impôts de production. Son projet présenté avant la campagne prévoit notamment de les réduire d’environ 50 milliards d’euros, en contrepartie d’une réduction équivalente des aides publiques aux entreprises.

Pour une fois, DHP semble presque contrariée.

DHP : Là, c’est embêtant pour notre étude. Il montre un financement en face.

OR : Aucun pognonier ?

DHP : Attention. Nous vérifierons évidemment si les 50 milliards supprimés correspondent réellement aux 50 milliards récupérés, si les entreprises qui perdent les aides sont celles qui bénéficient des baisses et quelles conséquences produit le transfert. Mais sur le principe, prendre 50 quelque part pour mettre 50 ailleurs n’est pas une culture de pognonier.

Long silence.

« Je crains que cette déclaration nuise gravement à ma réputation de caricature. »

🌻 Marine Tondelier : le pognonier accompagné

Marine Tondelier a promis de porter le Smic à 2 000 euros brut. Pour les petites entreprises susceptibles d’être fragilisées, la candidate écologiste prévoit parallèlement un plan d’aide aux TPE et PME, notamment grâce à des allègements d’impôt sur les sociétés.

DHP : Le salaire est d’abord payé par l’employeur. Ce n’est donc pas une dépense publique de 2 000 euros multipliée par le nombre de salariés, contrairement à ce que pourrait raconter un mauvais post Facebook.

À l’approche de 2027, le pognonier prolifère. Delphine Hans-Public passe les premières promesses économiques des candidats au pognonomètre.
À l’approche de 2027, le pognonier prolifère. Delphine Hans-Public passe les premières promesses économiques des candidats au pognonomètre.

Soulagement général.

« En revanche, dès lors que l’État compense une partie de l’effort par des baisses d’impôts ou des aides, je veux le prix du dispositif. On ne peut pas simultanément constater qu’une entreprise ne peut pas supporter seule la hausse et considérer que son accompagnement public coûte zéro. »

DHP classe donc provisoirement la mesure dans la catégorie « pognonier sous serre avec accompagnement horticole ».

⚖️ Raphaël Glucksmann : au moins, le verger est indiqué

Raphaël Glucksmann veut augmenter le salaire net en baissant certains prélèvements sociaux sur le travail et financer cette baisse par une taxation accrue des plus gros héritages : le 1 % des successions les plus importantes, avec un barème progressif à partir de 2 millions d’euros.

DHP : Là encore, je suis contrariée : une recette est annoncée.

OR : Donc validé ?

DHP : Non. « J’ai trouvé une recette » et « ma recette rapporte exactement ce que coûte ma mesure chaque année » sont deux phrases différentes.

Il faudra notamment comparer le rendement attendu de la nouvelle fiscalité successorale au coût de la baisse des prélèvements sur les salaires.

« Mais au moins, quelqu’un nous montre l’arbre sur lequel il souhaite cueillir les fruits. Nous allons maintenant les compter. C’est précisément le travail du pognonomètre. »

📉 Gabriel Attal : calendrier de récolte, quantité à préciser

Gabriel Attal a choisi une approche différente lors du débat du Medef : ramener le déficit public sous les 3 % du PIB en 2032, puis les comptes à l’équilibre en 2037, en concentrant notamment les économies sur les dépenses sociales. Il défend également une baisse du coût du travail et une nouvelle réforme de l’assurance-chômage.

DHP : Il nous donne une date d’arrivée plutôt qu’un panier de billets. Maintenant, nous attendons l’itinéraire.

OR : C’est sévère.

DHP : Non. C’est de la comptabilité. Si vous me dites que vous serez à Morteau à 17 heures, je peux parfaitement vous croire. Si vous êtes actuellement à Marseille, je vais néanmoins vous demander comment.

🧮 Le pognonomètre entre officiellement en service

Au terme de l’entretien, Delphine Hans-Public accepte donc de confier à L’Ouest Républicain une échelle provisoire d’évaluation des promesses de campagne.

  • Pas selon leur orientation politique.
  • Pas selon qu’elles augmentent ou diminuent les impôts.
  • Pas même selon qu’elles plaisent ou déplaisent à DHP.

Mais selon une question beaucoup plus désagréable : Combien ça coûte, qui paie, combien ça rapporte et quand ?

À l’approche de 2027, le pognonier prolifère. Delphine Hans-Public passe les premières promesses économiques des candidats au pognonomètre.

Une mesure correctement chiffrée et financée pourra donc parfaitement recevoir un pognonomètre à zéro.

Une annonce de 10 milliards dont le financement repose sur une hypothèse optimiste nécessitera quelques jeunes plants.

Une promesse de 50 milliards sans contrepartie clairement identifiable exigera une plantation plus sérieuse.

Au-delà, L’Ouest Républicain se réserve le droit de constater une culture intensive du pognonier.

DHP formule une dernière mise en garde :

« La campagne ne fait que commencer. Nous allons entendre parler de dizaines, puis de centaines de milliards d’euros. Certains seront des dépenses. D’autres des recettes. D’autres des économies. Certaines propositions seront financées, d’autres à moitié et d’autres uniquement par la puissance de la volonté politique. »

Elle regarde l’arbre chargé de billets.

« Notre travail ne sera pas d’expliquer aux Français pour qui voter. Il sera simplement de vérifier combien de pognoniers il faut planter pour que la promesse tienne debout. »

Puis elle ajoute :

« Et je préviens Gérard Poncet tout de suite : il n’y touche pas. »

Carine Terre-Vioux
Statut OR : Reporter tout terrain 📸

🍷 Le débat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest Républicain, le groupe de discussion rattaché à la page, et modéré par Gisèle.

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