🌀Hypnose dans le Haut-Doubs : GaĂ«lle Tournier nous apprend Ă  lĂącher la pelle

Praticienne de l'hypnose Ă  Arc-sous-Cicon, GaĂ«lle Tournier (Arc Hypnose) se confie Ă  l'Ouest RĂ©publicain, dans le mĂȘme ton. Autant vous dire qu'on adore.

Ancienne infirmiĂšre devenue praticienne en hypnose, GaĂ«lle Tournier exerce Ă  Arc-sous-Cicon depuis 2018. Nous l’avons repĂ©rĂ©e sur Facebook, puis nous avons commis l’erreur de lui envoyer un questionnaire. Elle nous l’a rendu avec du retard, certes, mais aussi avec du ComtĂ©, un tĂ©lĂ©siĂšge de MĂ©tabief, une horloge comtoise, des pelles Ă  neige et une rĂ©fĂ©rence Ă  Coquy. Autant dire qu’on ne pouvait plus ne pas publier l’interview.

Normalement, lorsqu’on interroge une praticienne en hypnose, on s’attend Ă  parler de conscience modifiĂ©e, de lĂącher-prise et d’accompagnement.

Avec GaĂ«lle Tournier, tout cela est bien au programme. Mais il faut ajouter les journĂ©es qui finissent Ă  16 h 30 en dĂ©cembre, le lac Saint-Point, les cĂąbles de tĂ©lĂ©ski et cette capacitĂ© propre aux habitants du Haut-Doubs Ă  rester, selon elle, « en vigilance orange toute l’annĂ©e ».

Son cabinet Arc Hypnose est installĂ© Ă  Arc-sous-Cicon, oĂč elle exerce depuis 2018. Son site la prĂ©sente comme maĂźtre praticienne en hypnose ericksonienne ; son parcours d’infirmiĂšre occupe une place centrale dans sa maniĂšre d’exercer.

Et c’est justement par là que commence son histoire.

đŸ©ș De la blouse blanche Ă  l’hypnose dans le Haut-Doubs

Gaëlle Tournier a travaillé de nombreuses années comme infirmiÚre, dans différents services. Mais avec le temps, quelque chose finit par coincer.

Elle raconte s’ĂȘtre retrouvĂ©e Ă  « courir dans tous les sens », avec le sentiment de ne plus disposer du temps nĂ©cessaire pour rĂ©ellement prendre soin des personnes.

L’hypnose n’a donc pas Ă©tĂ©, selon elle, un changement complet de direction.

PlutĂŽt un changement de trousse Ă  outils.

Les compresses et les gants ont laissĂ© place aux mĂ©taphores, Ă  la respiration et Ă  l’imaginaire. Le principe reste cependant le mĂȘme : Ă©couter, comprendre, rassurer et accompagner.

Avec un avantage non négligeable sur son ancienne activité : « nettement moins de chances de me faire renverser par un chariot de soins ».

Son passĂ© d’infirmiĂšre reste d’ailleurs trĂšs prĂ©sent dans sa pratique. Elle explique notamment s’appuyer sur les connaissances acquises au cours de sa carriĂšre et continuer Ă  se former rĂ©guliĂšrement. Son site mentionne plusieurs spĂ©cialisations complĂ©mentaires ainsi qu’un accompagnement destinĂ© aussi bien aux adultes qu’aux enfants et adolescents.

🐔 Non, personne ne fait la poule

Reste Ă©videmment le problĂšme numĂ©ro un de l’hypnose : son image.

Prononcez le mot devant quelqu’un et il y a toujours un pendule qui apparaüt quelque part, suivi d’un type à la voix grave capable de transformer un comptable de 47 ans en poule pondeuse devant une salle hilare.

Gaëlle Tournier fait immédiatement la différence entre cette hypnose de spectacle et ce qui se passe dans son cabinet.

« Si l’hypnose consistait vraiment Ă  faire caqueter les gens, je serais dĂ©jĂ  en tournĂ©e mondiale avec un costume Ă  paillettes. »

Chez elle, assure-t-elle, personne ne dort, personne ne perd le contrîle et personne n’est contraint de faire quoi que ce soit.

Quant aux éventuels candidats à la basse-cour :

« Je ne suis pas sponsorisĂ©e par Coquy et je n’ai pas prĂ©vu d’installer un poulailler dans le cabinet. »

Voilà au moins un point définitivement éclairci.

Les gens viennent me voir pour tout […] ce qu’on ne peut pas rĂ©gler avec un bon morceau de ComtĂ©, (mĂȘme affinĂ© 24 mois.)

Gaëlle Tournier

🧠 Alors, qu’est-ce qu’on fait dans le fameux fauteuil ?

Une sĂ©ance commence d’abord
 par une discussion.

La personne explique ce qui l’amĂšne, ce qu’elle traverse et ce qu’elle souhaite travailler. Ensuite vient ce que GaĂ«lle dĂ©crit elle-mĂȘme comme « la star du cabinet » : son fauteuil.

Le principe est alors de guider progressivement la personne vers un état de calme et de concentration.

Elle compare cet Ă©tat Ă  ces moments ordinaires oĂč l’attention se fixe tellement sur quelque chose que le reste semble passer au second plan : ĂȘtre absorbĂ© par un livre, regarder un feu de cheminĂ©e ou conduire avant de rĂ©aliser soudainement qu’on est dĂ©jĂ  arrivĂ©.

Pas de sommeil, donc, dans la maniÚre dont elle décrit sa pratique. Et surtout pas de perte de contrÎle.

« Je guide, la personne choisit. Toujours. »

Praticienne de l'hypnose Ă  Arc-sous-Cicon, GaĂ«lle Tournier (Arc Hypnose) se confie Ă  l'Ouest RĂ©publicain, dans le mĂȘme ton. Autant vous dire qu'on adore.

Son site prĂ©sente de la mĂȘme façon l’hypnose ericksonienne comme une pratique dans laquelle le praticien guide sans imposer et oĂč la personne conserve le contrĂŽle de ses actes et de ses pensĂ©es.

🧀 Stress, sommeil, tabac
 tout ce que le ComtĂ© ne rĂšgle pas

Les personnes qui viennent la consulter le font pour des motifs trÚs différents.

Stress, anxiĂ©tĂ©, sommeil, confiance en soi, Ă©motions difficiles, peurs ou pĂ©riodes compliquĂ©es font partie des demandes qu’elle rencontre. Elle Ă©voque Ă©galement l’arrĂȘt du tabac, la gestion du poids, certaines addictions, la gestion de douleurs dans le cadre d’un suivi mĂ©dical ou encore l’accompagnement de la grossesse et l’amĂ©lioration de performances.

Sans oublier les enfants et les adolescents.

Bref, rĂ©sume-t-elle, « tout ce qu’on ne peut pas rĂ©gler avec un bon morceau de ComtĂ©, mĂȘme affinĂ© 24 mois ».

Et contrairement Ă  une autre idĂ©e rĂ©pandue, il ne serait pas nĂ©cessaire, selon elle, de « croire » Ă  l’hypnose.

Elle prĂ©fĂšre parler de curiositĂ© et de volontĂ© d’essayer.

Le candidat idĂ©al n’a donc pas besoin d’arriver pieds nus, vĂȘtu de lin beige, aprĂšs trois semaines de retraite spirituelle dans l’Himalaya.

En revanche, venir uniquement pour démontrer que rien ne fonctionnera risque de compliquer légÚrement les opérations.

Selon sa comparaison : à peu prùs autant qu’organiser un barbecue sous la pluie.

❄ Le lĂącher-prise comtois, discipline olympique

Évidemment, nous avons souhaitĂ© poser la question essentielle.

Les habitants du Haut-Doubs savent-ils vraiment lĂącher prise ?

La réponse est nuancée.

Parce qu’ici, rappelle GaĂ«lle, on sait dĂ©neiger une voiture en douze secondes. Mais abandonner mentalement la pelle peut rĂ©clamer davantage d’entraĂźnement.

« On est nĂ©s avec un sens innĂ© du “au cas oĂč”, une pelle Ă  neige imaginaire dans une main
 et parfois mĂȘme une raclette Ă  givre dans l’autre. »

Ce qu’elle ne considĂšre d’ailleurs pas comme un dĂ©faut.

Cette vigilance permanente fait partie, selon elle, d’une culture locale oĂč l’on apprend Ă  ĂȘtre solide et Ă  anticiper.

Son avantage est d’ĂȘtre elle-mĂȘme du secteur.

Elle connaĂźt donc « le terrain, la mĂ©tĂ©o, les rĂ©flexes de survie hivernale » et cette mystĂ©rieuse capacitĂ© Ă  rester mentalement prĂȘt Ă  remettre quatre pneus neige alors que MĂ©tĂ©o France annonce 27 degrĂ©s.

Le travail consiste alors à poser momentanément la pelle.

Et éventuellement les gants.

🚑 L’hypnose accompagne, elle ne remplace pas la mĂ©decine

Sur ce point, Gaëlle Tournier est particuliÚrement claire.

L’hypnose n’est pas prĂ©sentĂ©e comme une baguette magique.

Elle ne se substitue ni Ă  un mĂ©decin, ni Ă  un psychologue, ni Ă  un traitement. Elle ne pose pas de diagnostic, ne modifie pas un traitement mĂ©dical ou psychiatrique et inscrit son travail dans une logique d’accompagnement. Elle mentionne Ă©galement des contre-indications dans certains troubles psychiatriques, notamment les psychoses.

Son propre site rappelle lui aussi explicitement que ses sĂ©ances ne remplacent pas un avis mĂ©dical et qu’un diagnostic ou une modification de traitement relĂšvent du mĂ©decin.

C’est probablement la distinction la plus importante de toute l’interview.

L’objectif qu’elle donne Ă  sa pratique est d’aider une personne Ă  mobiliser ses propres ressources, dans les limites de son champ d’intervention et, lorsqu’il le faut, en lien avec les professionnels de santĂ©.

đŸȘ‘ « On vient comme on est »

Reste enfin celui ou celle qui hésite.

Parce qu’il ou elle ne sait pas Ă  quoi s’attendre. Parce qu’il ou elle est sceptique. Parce qu’il faudrait peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  ĂȘtre capable de lĂącher prise avant de prendre rendez-vous pour apprendre Ă  lĂącher prise, ce qui commencerait Ă  devenir administrativement compliquĂ©.

GaĂ«lle Tournier rĂ©pond qu’il n’y a justement aucun examen d’entrĂ©e.

Pas besoin d’ĂȘtre zen.

Pas besoin de savoir « bien faire l’hypnose ».

Et pas besoin de savoir respirer comme un moine tibétain.

« On vient comme on est : stressĂ©, curieux, fatiguĂ©, sceptique, ou mĂȘme avec une pelle Ă  neige imaginaire encore dans la main. »

Elle exerce depuis 2018 et reçoit à Arc Hypnose, 21 rue des Etaules à Arc-sous-Cicon. Le cabinet reçoit sur rendez-vous du lundi au samedi matin et son site indique que les mercredis sont notamment privilégiés pour les enfants.

Quant Ă  nous, aprĂšs cinq pages de rĂ©ponses, nous avons surtout obtenu la confirmation d’une chose.

Il est effectivement possible de parler sĂ©rieusement d’hypnose dans le Haut-Doubs tout en plaçant dans la mĂȘme interview une poule, un Mont d’Or, un tĂ©lĂ©siĂšge de MĂ©tabief, une horloge comtoise et plusieurs pelles Ă  neige.

Ce qui, quelque part, constitue déjà un remarquable état de conscience modifiée.

Carine Terre-Vioux
Statut OR : Reporter tout terrain 📾

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

🔗 D’autres rebondissements, rĂ©vĂ©lations ou photos floues Ă  propos de ce sujet vous attendent sur nos rĂ©seaux :

🔗 Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous ĂȘtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-mĂȘme, mais on vous suggĂšre fortement de jeter un Ɠil Ă  notre glossaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *