đŸ„Š DĂ©bat bloquĂ© : il va falloir rĂ©server la Concorde

DĂ©bat bloquĂ© sur les rĂ©seaux : chacun masque ses adversaires, mais tous gardent leur carte d’électeur. Prochaine Ă©tape : l’octogone de la Concorde ?

DĂ©bat bloquĂ©, adversaires masquĂ©s, dĂ©mocratie sauvegardĂ©e : sur les rĂ©seaux, le programme tient en un clic. Un dĂ©tail complique toutefois l’opĂ©ration : les personnes qu’on fait disparaĂźtre de son Ă©cran conservent gĂ©nĂ©ralement leur carte d’électeur.

Le bouton « bloquer » possĂšde un avantage considĂ©rable sur le dĂ©bat : on gagne Ă  tous les coups. Pas de contradiction, pas d’argument gĂȘnant, pas ce moment dĂ©sagrĂ©able oĂč il faut rĂ©flĂ©chir Ă  une rĂ©ponse. Un clic, et la France est d’accord avec vous.

Enfin, votre téléphone.

đŸ“± DĂ©bat bloquĂ© : deux fils d’actualitĂ©, un seul fauteuil

Chacun est Ă©videmment libre de choisir ses lectures et de ne pas transformer son compte en tribune pour ses adversaires. Personne n’est tenu de recevoir toute la RĂ©publique dans ses commentaires, surtout Ă  l’heure de la raclette.

Mais Ă©riger l’invisibilisation en stratĂ©gie politique pose une petite question de plomberie dĂ©mocratique : oĂč passe le dĂ©saccord une fois qu’on a bouchĂ© toutes les sorties ?

Prenons une campagne visant Ă  effacer l’extrĂȘme droite des fils d’actualitĂ©. Ses promoteurs y voient un moyen de rĂ©duire son audience. Soit. Mais la recette est livrĂ©e sans brevet : en face, on peut parfaitement dĂ©cider d’effacer la gauche, puis tout ce qui dĂ©passe.

Chaque camp disposera ainsi d’un espace parfaitement sain, dĂ©barrassĂ© de toute personne susceptible de lui annoncer qu’il n’a pas convaincu tout le pays.

DĂ©bat bloquĂ© sur les rĂ©seaux : chacun masque ses adversaires, mais tous gardent leur carte d’électeur. Prochaine Ă©tape : l’octogone de la Concorde ?

Il restera simplement Ă  dĂ©partager deux victoires annoncĂ©es Ă  100 % dans deux fils d’actualitĂ© diffĂ©rents.

đŸ—łïž L’alternance, cette fonctionnalitĂ© mal conçue

Le problĂšme de la dĂ©mocratie, c’est cette possibilitĂ© agaçante de voir gagner quelqu’un qu’on aurait personnellement prĂ©fĂ©rĂ© mettre en sourdine.

D’oĂč une question Ă  se poser avant de fabriquer une rĂšgle : est-ce qu’on la trouvera toujours formidable quand l’adversaire tiendra le bouton ?

Si la rĂ©ponse est non, le dispositif mĂ©rite peut-ĂȘtre une petite rĂ©vision avant installation.

Combattre des idĂ©es, les contredire et refuser de les relayer fait partie du dĂ©bat. Une libertĂ© d’expression n’est pas un abonnement garanti Ă  l’audience des autres. Mais imaginer qu’on rĂ©glera un dĂ©saccord politique en cessant de voir ceux qui le portent relĂšve d’un optimisme que mĂȘme un vendeur de fenĂȘtres hĂ©siterait Ă  garantir.

L’électeur masquĂ© reste dans l’isoloir. Il a seulement disparu de votre Ă©tude de marchĂ©.

🧀 Dans le Haut-Doubs, le voisin reste au village

Dans le Haut-Doubs, on connaĂźt assez bien la diffĂ©rence entre ne plus parler Ă  quelqu’un et rĂ©ussir Ă  le faire disparaĂźtre. On peut bloquer son voisin sur Facebook ; il continue de passer devant chez vous avec sa remorque.

Et quand il faut décider qui déneige le chemin, la fonction « masquer les publications » montre rapidement ses limites administratives.

DĂ©bat bloquĂ© sur les rĂ©seaux : chacun masque ses adversaires, mais tous gardent leur carte d’électeur. Prochaine Ă©tape : l’octogone de la Concorde ?
Liste noire dans le Haut-Doubs : aprùs Ben-Gvir interdit de territoire français, place aux sanctions contre “au Haut-Doubs”, pastis et Doubsien.

À l’échelle d’un pays, le principe reste le mĂȘme. Les frontiĂšres entre comptes Facebook sont malheureusement peu reconnues par le cadastre.

Si deux camps se disputent le pouvoir tout en considĂ©rant que l’autre ne devrait mĂȘme pas participer Ă  la conversation, il va falloir trouver un autre moyen de les dĂ©partager.

đŸŸïž Place de la (Dis)(Con)corde

Reste donc l’octogone.

L’emplacement est tout trouvĂ© : place de la Concorde. On ajoutera « Dis » ou « Con » devant, selon les organisateurs et le rĂ©sultat du combat. Éventuellement dix cons, si chaque camp vient avec sa dĂ©lĂ©gation.

Dans notre finale, le candidat du coin gauche demande la suppression du compte de son adversaire. Celui du coin droit réclame la suppression de tous les comptes qui soutiennent le candidat du coin gauche.

Au milieu, un arbitre tente de rappeler le rÚglement. Il est immédiatement bloqué par les deux camps.

Le public choisira son vainqueur en regardant uniquement les ralentis fournis par son Ă©quipe. Chaque cĂŽtĂ© pourra ainsi cĂ©lĂ©brer une victoire incontestable, sous rĂ©serve de ne surtout pas consulter les images d’en face.

Le vainqueur gouvernera. Le perdant signalera le résultat.

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

📬 Ne ratez plus OR

Les nouveaux articles de L’Ouest RĂ©publicain, sans avoir Ă  attendre que les rĂ©seaux sociaux dĂ©cident de vous les montrer.

🟱Par Whatsapp

📧 Par e-mail

Recevez les nouveaux articles directement dans votre boĂźte mail.


đŸ· Le dĂ©bat continue

Retrouvez Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, notre groupe de discussion, avec GisĂšle derriĂšre le zinc, ainsi que nos autres rĂ©seaux.


📖 Besoin d’un dĂ©codeur ?

Un mot, une expression ou une rĂ©fĂ©rence locale vous Ă©chappe ? Pas de panique : le glossaire de L’Ouest RĂ©publicain est lĂ  pour ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *