🇫🇷 Estéban Lepaul aime la France : le MHDGA trace sa ligne rouge

Estéban Lepaul dit aimer la France et reçoit des insultes en ligne. Pour le MHDGA, le vivre-ensemble fonctionne aussi avec ceux qui pensent autrement.

Clairefontaine (Yvelines-Du-Bas) – Estéban Lepaul vient de découvrir l’équipe de France et n’a pas caché son bonheur. L’attaquant rennais aime son pays, son histoire, sa culture et chantait déjà la Marseillaise gamin. Quelques comptes sur les réseaux sociaux ont trouvé là matière à le traiter de « facho » ou de « raciste ». Au MHDGA, Gérard Poncet a donc convoqué une réunion d’urgence : on peut encore ne pas être d’accord sur grand-chose en France, mais aimer la France ne devrait pas nécessiter de fournir sa carte d’électeur.

🇫🇷 Estéban Lepaul aime la France, et le dit

Vendredi 18 septembre, Zinédine Zidane dévoile sa première liste comme sélectionneur des Bleus. Parmi les cinq nouveaux appelés figure Estéban Lepaul, 26 ans, attaquant du Stade Rennais et meilleur buteur de Ligue 1 la saison dernière.

Pour celui qui évoluait encore à Épinal il y a quelques années, la nouvelle ressemble déjà suffisamment à un scénario improbable.

Mais devant la caméra de son club, Lepaul ne parle pas seulement de football. Il parle de la France, et plutôt franchement.

« J’aime la France », explique-t-il. Il évoque son pays, sa culture, son histoire, avant de résumer son enthousiasme par un très peu administratif : « je kiffe ce pays ». Il raconte également qu’enfant, il chantait tellement souvent la Marseillaise que son parrain lui a rappelé, après sa sélection, qu’il allait enfin pouvoir la chanter « en vrai ».

On chercherait assez difficilement le programme politique là-dedans.

  • Pas de réforme des retraites.
  • Pas de proposition sur l’immigration.
  • Pas de proportionnelle.
  • Pas d’annonce de milliards.
  • Pas même une prise de position sur la cuisson réglementaire de la saucisse de Morteau.

Juste un footballeur heureux de représenter son pays.

📱 Et naturellement, quelqu’un a réussi à s’énerver

Sur les réseaux sociaux, la séquence a très majoritairement suscité des félicitations, mais elle a également attiré quelques réactions nettement moins contemplatives.

Le JDD a relevé plusieurs messages qualifiant notamment Estéban Lepaul de « facho » ou de « raciste », certains utilisateurs lui prêtant même une préférence électorale qu’il n’avait absolument pas exprimée dans la vidéo.

« J’aime la France »

Estéban Lepaul

Précision utile avant de transformer trois captures d’écran en étude sociologique : ces messages ne disent évidemment rien de « la gauche », des Français, des supporters de football ou même de l’ensemble des utilisateurs de X.

Ils disent simplement qu’en 2026, « j’aime la France » peut suffire à quelques internautes pour commencer une expertise politique complète du locuteur. Avec estimation du bulletin de vote comprise.

C’est précisément à cet endroit que le Mouvement du Haut-Doubs – Gens Authentiques a estimé que l’affaire relevait désormais de sa compétence.

🏔️ Pour le MHDGA, aimer la France reste autorisé

Gérard Poncet n’a pourtant jamais prétendu que tout allait bien dans le pays.

Il possède même une liste assez conséquente de griefs concernant Paris, l’état des routes, le prix de diverses choses, les normes, les PowerPoint et probablement plusieurs décisions administratives prises depuis 1983.

Mais le président du MHDGA pose ici une limite.

« On a le droit de ne pas aimer le gouvernement, les impôts, Paris et probablement la moitié des décisions prises à Paris. Mais reprocher à un Français d’aimer la France, là, ça devient compliqué. »

Au MHDGA, aimer son pays n’implique donc pas automatiquement d’approuver son gouvernement.

  • Ni son opposition.
  • Ni ses institutions.
  • Ni le dernier rond-point installé sur la départementale.

Concept audacieux : un pays et ceux qui le dirigent momentanément ne sont pas exactement la même chose.

Estéban Lepaul dit aimer la France et reçoit des insultes en ligne. Pour le MHDGA, le vivre-ensemble fonctionne aussi avec ceux qui pensent autrement.

La doctrine devrait normalement tenir sur un sous-bock.

🎤 Paul Mirabel arrive justement avec le « vivre-ensemble »

Hasard du calendrier, deux jours après la publication des réactions visant Estéban Lepaul, Paul Mirabel était invité de Quotidien.

Interrogé sur son éventuel engagement politique, l’humoriste a expliqué se considérer d’abord comme un citoyen français avec des convictions. Il a ajouté qu’il se sentirait mal de ne pas « faire barrage » à certains partis qui, selon lui, prônent « la division et le non-vivre-ensemble », sans citer de formation précise dans la déclaration rapportée. Il a également expliqué vouloir s’opposer aux « discours politiques de haine ».

Paul Mirabel est évidemment libre de combattre politiquement les idées qu’il rejette. Tout comme ses contradicteurs sont libres de lui répondre. Mais au MHDGA, la formule sur le vivre-ensemble a fait lever un sourcil à Gégé.

Parce que le principe possède une particularité technique assez méconnue : il fonctionne dans plusieurs directions.

🧱 Le vivre-ensemble seulement avec les gens d’accord, ça porte déjà un autre nom

La position du MHDGA tient donc en une phrase :

« Prôner la division et le non-respect, ça marche dans les deux sens. Le vivre-ensemble avec seulement les gens d’accord avec soi, c’est juste un entre-soi. »

Voilà qui complique légèrement la chose.

« On a le droit de ne pas aimer le gouvernement, les impôts, Paris et probablement la moitié des décisions prises à Paris. Mais reprocher à un Français d’aimer la France, là, ça devient compliqué. »

Gérard Poncet – Président du MHDGA

Vivre ensemble ne signifie pas seulement accepter le voisin qui vote comme vous, regarde les mêmes émissions, possède les mêmes indignations et retweete les mêmes personnes. Celui-là, généralement, ne demande pas un effort considérable.

Le véritable exercice commence avec celui dont on trouve les opinions absurdes. On peut les combattre, les contester, les démonter, se moquer éventuellement de ses graphiques Excel. Mais il reste dans le village.

D’où le second amendement Poncet :

« On peut combattre les idées des gens sans décider qu’ils ne méritent plus de faire partie du village. »

Estéban Lepaul, lui, n’avait même pas présenté d’idées politiques. Il avait seulement dit aimer la France.

Une déclaration qui, jusqu’à nouvel ordre, ne figure sur aucun bulletin de vote.

Paul Emique
Statut OR : Rédac chef 📰

📬 Ne ratez plus OR

Les nouveaux articles de L’Ouest Républicain, sans avoir à attendre que les réseaux sociaux décident de vous les montrer.

🟢Par Whatsapp

📧 Par e-mail

Recevez les nouveaux articles directement dans votre boîte mail.


🍷 Le débat continue

Retrouvez Le Comptoir de L’Ouest Républicain, notre groupe de discussion, avec Gisèle derrière le zinc, ainsi que nos autres réseaux.


📖 Besoin d’un décodeur ?

Un mot, une expression ou une référence locale vous échappe ? Pas de panique : le glossaire de L’Ouest Républicain est là pour ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *