đŸȘ‘ Mobilier urbain : pendant que Besançon range ses palmiers, Choisey teste le banc qui s’arrose tout seul

Les palmiers du pont Battant s’effacent pour chantier, mais à Choisey, un banc public montre qu’en matiùre de chaleur, le mobilier urbain peut aussi servir à q


À Besançon, les palmiers du pont Battant ont officiellement disparu le temps d’un chantier. Une explication parfaitement rationnelle, administrative, compatible avec les horaires de bureau et les communiquĂ©s sans tache. Mais en Franche-ComtĂ©, il suffit parfois qu’un palmier quitte un pont au mois de juillet pour que tout le territoire se mette Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la place du vĂ©gĂ©tal, de l’eau, de l’ombre et du bon sens dans l’espace public.

đŸȘ‘ Mobilier urbain : la revanche discrĂšte du banc public

Pendant que les palmiers bisontins vivent donc, officiellement, une parenthĂšse technique, une autre information mĂ©rite l’attention des amateurs de fraĂźcheur municipale : Ă  Choisey, dans le Jura, un banc public d’un nouveau genre a Ă©tĂ© installĂ© sur le parvis de la mairie.

Pas un banc ordinaire, donc. Pas le banc classique oĂč l’on s’assoit pour commenter les travaux, surveiller les voisins ou attendre qu’un Ă©lu passe assez prĂšs pour lui parler du stationnement. Non. Un banc capable de rĂ©cupĂ©rer l’eau de pluie, de la stocker et de la redistribuer Ă  des plantations.

Autrement dit : un mobilier urbain qui, non seulement ne demande pas d’arrosage permanent, mais semble avoir compris avant plusieurs grandes villes que l’étĂ© avait lĂ©gĂšrement changĂ© de comportement depuis quelques annĂ©es.

Dans le dĂ©tail, le dispositif prĂ©sentĂ© par l’entreprise Rainbeau permettrait de stocker jusqu’à 1 000 litres d’eau de pluie, puis d’irriguer progressivement les vĂ©gĂ©taux sans mobiliser le rĂ©seau d’eau potable. Une innovation sobre, presque trop sĂ©rieuse, qui a immĂ©diatement Ă©veillĂ© l’intĂ©rĂȘt de L’Ouest RĂ©publicain, mĂ©dia attachĂ© depuis toujours aux solutions locales qui ont l’élĂ©gance de ne pas mourir au premier arrĂȘtĂ© sĂ©cheresse.

🌮 Palmiers de Besançon : une disparition officiellement trùs calme

À Besançon, les palmiers du pont Battant avaient dĂ©jĂ  eu une vie mĂ©diatique plus dense que certains dossiers de voirie. InstallĂ©s, commentĂ©s, critiquĂ©s, dĂ©fendus, dĂ©placĂ©s symboliquement par des opposants au fleurissement municipal, ils sont devenus en quelques semaines les plantes les plus politisĂ©es de Franche-ComtĂ©.

Leur disparition temporaire, expliquĂ©e par un chantier, offre donc une respiration bienvenue. Officiellement, il ne s’agit pas d’une retraite climatique, ni d’un abandon, ni d’un aveu horticole. Simplement d’une pause liĂ©e aux travaux.

Mais il faut reconnaĂźtre que le calendrier est cruel. Voir disparaĂźtre des palmiers au moment oĂč la chaleur et la sĂ©cheresse rappellent Ă  tout le monde que Besançon n’est pas encore tout Ă  fait Nice provoque forcĂ©ment quelques commentaires. Surtout dans une rĂ©gion oĂč l’on continue Ă  considĂ©rer qu’une plante exotique sur un pont doit au minimum avoir lu le rĂšglement local avant de s’installer.

Les palmiers du pont Battant s’effacent pour chantier, mais à Choisey, un banc public montre qu’en matiùre de chaleur, le mobilier urbain peut aussi servir à quelque chose.

💧 Choisey propose une autre esthĂ©tique : moins de palmes, plus de rĂ©serve d’eau

Le banc de Choisey n’a pas l’élĂ©gance touristique d’un palmier. Il ne permet pas de se croire sur la Promenade des Anglais entre deux bus Ginko. Il ne donne pas immĂ©diatement l’impression que la ville a gagnĂ© trois degrĂ©s de latitude en conseil municipal.

Mais il a une qualité rare : il sert à quelque chose.

Il rĂ©cupĂšre l’eau. Il la garde. Il la redistribue. Il vĂ©gĂ©talise un espace minĂ©ral. Il rĂ©pond Ă  un problĂšme concret avec une solution qui ne nĂ©cessite pas forcĂ©ment de convoquer une confĂ©rence de presse, une polĂ©mique Facebook et trois commissions thĂ©matiques sur “l’identitĂ© vĂ©gĂ©tale des centres urbains”.

À ce niveau, ce n’est plus du mobilier urbain. C’est presque une provocation technocratique.

Car le banc public avait jusqu’ici une fonction simple : accueillir les retraitĂ©s, les adolescents, les touristes fatiguĂ©s, les amoureux modĂ©rĂ©s et les personnes qui viennent de comprendre que leur rendez-vous est finalement Ă  l’autre bout de la ville. DĂ©sormais, il pourrait aussi stocker l’eau, nourrir des plantes et participer Ă  l’adaptation climatique.

Autant dire qu’on entre dans une Ăšre dangereuse : celle oĂč les bancs risquent d’ĂȘtre plus utiles que certains ronds-points.

📍 Pontarlier observe dĂ©jĂ  le dossier avec une gravitĂ© municipale

Dans le Haut-Doubs, l’information n’est pas passĂ©e inaperçue. Plusieurs habitants de Pontarlier, habituĂ©s Ă  voir la zone piĂ©tonne alterner entre pavĂ©s chauds, terrasses, conversations sur les frontaliers et quĂȘte d’un coin d’ombre disponible, estiment que ce type de banc mĂ©riterait une Ă©tude attentive.

Pas forcĂ©ment tout de suite. Il ne s’agit pas de brusquer les institutions. Mais dans un second temps, L’Ouest RĂ©publicain pourrait appeler sa communautĂ© Ă  relayer l’idĂ©e auprĂšs de Patrick Comte et Nicolas Barbe, afin d’imaginer l’installation de bancs similaires en zone piĂ©tonne de Pontarlier.

Le projet aurait plusieurs avantages. Il apporterait de la fraĂźcheur, valoriserait l’eau de pluie, amĂ©liorerait le confort des passants et offrirait enfin aux habitants un banc capable de faire autre chose que recueillir les dĂ©bats sur le prix du stationnement.

Les palmiers du pont Battant s’effacent pour chantier, mais à Choisey, un banc public montre qu’en matiùre de chaleur, le mobilier urbain peut aussi servir à quelque chose.

Selon un observateur local, “si le banc peut stocker 1 000 litres, il devrait aussi pouvoir absorber deux ou trois rĂ©unions publiques sur la piĂ©tonnisation”. Une affirmation que nous n’avons pas pu vĂ©rifier scientifiquement, mais que nous jugeons prometteuse.

đŸŒĄïž Le palmier faisait parler, le banc pourrait rafraĂźchir

L’affaire rĂ©sume peut-ĂȘtre parfaitement le moment urbain franc-comtois. D’un cĂŽtĂ©, des palmiers dĂ©coratifs qui cristallisent les dĂ©bats. De l’autre, un banc jurassien capable de rĂ©cupĂ©rer l’eau de pluie et d’arroser ses propres plantations.

L’un donne une image. L’autre propose une fonction.

Il serait Ă©videmment injuste d’opposer brutalement les deux. Le palmier a ses mĂ©rites : il anime les rĂ©seaux sociaux, produit de la controverse locale et permet Ă  chacun de vĂ©rifier son niveau d’expertise botanique en commentaire. Mais le banc de Choisey ouvre une piste plus sobre, moins spectaculaire, peut-ĂȘtre plus adaptĂ©e Ă  une rĂ©gion oĂč l’on dĂ©couvre que les Ă©tĂ©s peuvent devenir secs sans demander l’autorisation au service communication.

À Besançon, les palmiers reviendront sans doute aprùs le chantier. À Choisey, le banc restera probablement là, à faire son travail en silence.

Et c’est peut-ĂȘtre le dĂ©but d’une rĂ©volution discrĂšte : celle du mobilier urbain qui ne cherche plus seulement Ă  dĂ©corer la ville, mais Ă  l’aider Ă  tenir debout quand juillet commence Ă  ressembler Ă  une rĂ©union de crise.

Le palmier avait apportĂ© l’ambiance du Sud.
Le banc jurassien apporte l’eau, l’ombre et cette petite leçon cruelle que la Franche-ComtĂ© adore recevoir sans l’admettre : parfois, l’innovation la plus exotique n’a pas de feuilles gĂ©antes, mais une rĂ©serve d’eau sous les fesses.

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

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