🛁 Budget 2027 : aprùs les retraites, pas touche aux cures

Budget 2027 : aprĂšs les retraites, les cures thermales dĂ©fendent leurs remboursements. À Balaruc, le pognonier prend les eaux, Ă  69 ans de moyenne.

Balaruc-Les-Bains (Boomers-Sur-Mer-Du-Bas) — Le budget devait mettre tout le monde au rĂ©gime. AprĂšs la bataille sur l’avantage fiscal des retraitĂ©s, les cures thermales entrent dans la baignoire des dĂ©penses intouchables.

À Balaruc-les-Bains, oĂč l’ñge moyen des curistes est annoncĂ© Ă  69 ans, on se mobilise contre un transfert de 200 millions d’euros vers les complĂ©mentaires santĂ©. Le pognonier ne supporte dĂ©cidĂ©ment aucune coupe. Surtout pendant ses soins.

Nous avions prĂ©parĂ© les chrysanthĂšmes pour les Ă©conomies du budget 2027 promises Ă  une mort prĂ©coce. Il va falloir prĂ©voir les peignoirs. AprĂšs la commission des finances, direction les thermes : le redressement des comptes publics poursuit sa tournĂ©e des endroits oĂč il serait prĂ©fĂ©rable qu’il ne passe pas.

🌳 Budget 2027 : les Ă©conomies, oui, mais chez les autres

Le 7 octobre, les dĂ©putĂ©s de la commission des finances ont rejetĂ© l’abaissement du plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions. Un vote en commission, pas une garantie dĂ©finitive pour la suite des dĂ©bats. Mais une premiĂšre serviette posĂ©e sur le transat : cette Ă©conomie-lĂ  Ă©tait rĂ©servĂ©e, merci de chercher ailleurs.

Le secteur thermal arrive maintenant avec son propre panneau. Dans un communiquĂ© datĂ© du 13 octobre, les Thermes de Balaruc-les-Bains lancent le mot d’ordre « Debout pour nos cures ! ». On apprĂ©ciera la dĂ©termination d’une mobilisation dont une partie de l’activitĂ© consiste prĂ©cisĂ©ment Ă  s’allonger.

La dĂ©pense des autres est un gaspillage. La sienne entretient la santĂ©, l’emploi, les territoires, le lien social et probablement la couche d’ozone. À ce rythme, le budget ne trouvera bientĂŽt plus que des Ă©conomies absolument nĂ©cessaires dont la suppression serait absolument catastrophique.

🛁 À 69 ans de moyenne, le pognonier prend les eaux

Pour situer la dĂ©mographie du bassin, le guide du partenariat 2024 de l’office de tourisme indique un Ăąge moyen de 69 ans pour les curistes de Balaruc. Une moyenne locale, pas l’ñge mĂ©dian national. Mais enfin, on ne prĂ©pare manifestement pas la sortie de fin d’annĂ©e des sixiĂšmes.

À l’échelle française, un avis du Haut Conseil de la santĂ© publique du 30 octobre 2025 reprend un profil Ă  63 ans de moyenne, avec 68 % de plus de 60 ans et 77 % de retraitĂ©s.

PrĂ©cision indispensable : ces chiffres proviennent d’une enquĂȘte de 2006 auprĂšs de 112 419 curistes. Le HCSP estime le profil global peu modifiĂ©, hormis le recul de la frĂ©quentation pĂ©diatrique. Ce ne sont donc pas des statistiques fraĂźchement sorties du bain.

Dans notre rĂ©daction, GisĂšle, ancienne du tabac-presse de Morteau, trouve l’affaire limpide : il faut laisser aux jeunes un pays correctement gĂ©rĂ©, mais on pourrait tout de mĂȘme attendre son retour de cure pour commencer.

« Je suis pour la fin de l’assistanat. Mais lĂ , c’est de la boue thĂ©rapeutique. »

GisĂšle, chef du service des exceptions personnelles OR

💾 Deux cents millions changent de peignoir

Le projet vise, selon les annonces rapportĂ©es par Public SĂ©nat, Ă  transfĂ©rer 200 millions d’euros de dĂ©penses de cures de l’Assurance maladie vers les complĂ©mentaires.

À ce stade, on parle donc d’une Ă©conomie pour les comptes de l’Assurance maladie, pas de 200 millions qui s’évaporeraient magiquement de la facture collective.

Les organismes complĂ©mentaires ne disposent pas davantage d’une source naturelle d’euros. Si la charge leur revient, elle doit ĂȘtre financĂ©e. Si la couverture ne suit pas intĂ©gralement, une partie peut rester au patient. Le contribuable et l’assurĂ© peuvent ĂȘtre la mĂȘme personne, simplement invitĂ©s Ă  changer de guichet pour payer.

Delphine Hans-Public, notre spĂ©cialiste des additions dĂ©sagrĂ©ables, rĂ©sume : le pognonier n’a pas Ă©tĂ© abattu. On envisage de dĂ©placer le pot.

Budget 2027 : aprĂšs les retraites, les cures thermales dĂ©fendent leurs remboursements. À Balaruc, le pognonier prend les eaux, Ă  69 ans de moyenne.

Cela n’interdit pas de discuter du financement des cures ; cela oblige seulement Ă  ne pas confondre Ă©conomie publique et disparition du coĂ»t.

🏹 Une ordonnance pour les restaurants et les locations

La dĂ©fense du secteur ne s’arrĂȘte pas aux articulations. Le communiquĂ© invoque les hĂ©bergements, les restaurants, les commerces et les emplois. Il avance, Ă  l’échelle nationale, 25 000 emplois directs, indirects et induits en Ă©quivalent temps plein, ainsi que 4,8 milliards d’euros de retombĂ©es Ă©conomiques annuelles. Ce sont les chiffres revendiquĂ©s par les dĂ©fenseurs du thermalisme, pas un audit rĂ©alisĂ© par L’OR entre deux bains.

GĂ©rard Poncet, Ă©ternel grincheux du MHDGA, se demande qui tient l’arrosoir :

« Les retombĂ©es Ă©conomiques, dans le Haut-Doubs, on connaĂźt aussi. Reste Ă  savoir qui doit payer l’arrosage. »

Les salariĂ©s existent et leur situation mĂ©rite mieux qu’un haussement d’épaules. Reste une question : l’Assurance maladie doit-elle financer un soin pour son bĂ©nĂ©fice mĂ©dical, ou pour maintenir les rĂ©servations autour du soin ? Les deux effets peuvent coexister. Le second ne prouve pas le premier.

Dans le Haut-Doubs aussi, une bonne tablĂ©e fait vivre des producteurs, un restaurateur et parfois un chauffeur pour le retour. Nous n’avons pas encore obtenu le remboursement de la fondue au titre du soutien aux territoires. DjĂ€ysonne prĂ©pare nĂ©anmoins un dossier : il a constatĂ© une nette amĂ©lioration de son humeur aprĂšs le dessert.

Budget 2027 : aprĂšs les retraites, les cures thermales dĂ©fendent leurs remboursements. À Balaruc, le pognonier prend les eaux, Ă  69 ans de moyenne.

🔬 La science mĂ©rite mieux qu’un questionnaire de satisfaction

Sur les effets des soins, Balaruc prĂ©sente une enquĂȘte dĂ©clarative menĂ©e en 2025 auprĂšs de 15 838 curistes : 98,19 % des rĂ©pondants rapporteraient une diminution de leurs douleurs. Le ressenti des patients compte. Mais le communiquĂ© ne prĂ©sente pas de groupe de comparaison permettant de distinguer les effets propres du traitement de ceux du repos, de l’accompagnement ou de l’évolution des symptĂŽmes. Une proportion impressionnante ne rĂšgle pas, Ă  elle seule, la question de l’efficacitĂ©.

Les thermes soulĂšvent cependant une objection sĂ©rieuse : pourquoi modifier le financement avant l’achĂšvement de l’évaluation scientifique demandĂ©e Ă  la Haute AutoritĂ© de santĂ© ? La Banque des Territoires Ă©voquait dĂšs juin une Ă©valuation attendue en 2027. Commander une expertise puis arbitrer sans ses conclusions mĂ©rite, au minimum, une explication.

Cette Ă©valuation doit aussi pouvoir aboutir Ă  des rĂ©ponses diffĂ©rentes selon les indications. Ni le peignoir ni la caricature du boomer ne constituent un diagnostic. Et ni l’anciennetĂ© d’un remboursement ni l’activitĂ© du restaurant voisin ne rendent une dĂ©pense Ă©ternellement incontestable.

✂ Le seul rĂ©gime refusĂ© : celui du budget

Tout le monde peut avoir une raison respectable de dĂ©fendre sa ligne. Le problĂšme apparaĂźt quand chacune devient sacrĂ©e et que le total continue de relever du miracle. AprĂšs les pensions, les avantages fiscaux et les cures, il restera toujours un contribuable suffisamment jeune pour ĂȘtre priĂ© de comprendre l’effort national. Il se murmure qu’il s’appelle Nicolas.

GisĂšle demande donc que l’on protĂšge simultanĂ©ment les comptes publics, son remboursement et les commerces de la station. Pour le financement, elle fait confiance aux gĂ©nĂ©rations futures. Elles ont encore de bonnes articulations : elles pourront porter le pot.

Paul Emique
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