🩔 Billets britanniques : Churchill sort, le hĂ©risson entre, le Haut-Doubs rĂ©clame des droits d’auteur

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Les billets britanniques vont changer de visage. La Banque d’Angleterre a annoncĂ© le 8 octobre 2026 que Winston Churchill et trois autres grandes figures historiques cĂ©deront progressivement leur place Ă  des animaux. Parmi les heureux Ă©lus : un hĂ©risson.

Dans le Haut-Doubs, oĂč le petit mammifĂšre est depuis longtemps un habituĂ© des routes et des colonnes de L’Ouest RĂ©publicain, cette ascension sociale fulgurante suscite une certaine Ă©motion. Et quelques interrogations sur les droits d’auteur.

đŸ’· Billets britanniques : Churchill prend la sortie, le hĂ©risson entre en scĂšne

C’est officiel. AprĂšs des dĂ©cennies passĂ©es Ă  rendre hommage Ă  des personnalitĂ©s historiques, la Banque d’Angleterre a dĂ©cidĂ© de faire entrer la faune britannique dans les portefeuilles.

Quatre espÚces ont été retenues pour illustrer les prochaines coupures de 5, 10, 20 et 50 livres sterling :

  • Le hĂ©risson d’Europe, spĂ©cialiste des traversĂ©es hasardeuses ;
  • Le bourdon terrestre, dĂ©jĂ  habituĂ© Ă  travailler sans fiche de paie ;
  • La chouette effraie, dont le regard devrait dĂ©courager les faux-monnayeurs ;
  • Le macareux moine, qui semble avoir obtenu son poste uniquement sur prĂ©sentation d’une photographie.

« Ça fait des annĂ©es qu’on travaille avec le hĂ©risson sur nos routes. […] Et maintenant les Anglais nous le piquent sans mĂȘme demander ! »

Gérard Poncet

Ils remplaceront progressivement Winston Churchill, Jane Austen, le peintre William Turner et le mathématicien Alan Turing.

L’affectation prĂ©cise des animaux aux diffĂ©rentes coupures reste Ă  dĂ©terminer. Il n’est donc pas encore certain que le hĂ©risson rĂ©cupĂšre directement le billet de cinq livres de Churchill.

Le roi Charles III, lui, conservera son portrait sur les billets. Il faut croire que la monarchie dispose d’une meilleure protection de l’emploi que les anciens Premiers ministres.

đŸ›Łïž De la RN57 aux coffres de Londres : la consĂ©cration du hĂ©risson

La nouvelle a provoquĂ© une Ă©motion particuliĂšre dans les locaux de L’Ouest RĂ©publicain.

Car le hĂ©risson n’est pas un inconnu de notre rĂ©daction. Bien avant que la finance britannique ne dĂ©couvre ses qualitĂ©s graphiques, le petit mammifĂšre occupait dĂ©jĂ  une place importante dans notre couverture des transports.

Sa premiĂšre apparition connue remonte Ă  juillet 2025, lors d’une affaire de passage Ă  niveau Ă  La Cluse-et-Mijoux.

Depuis, il a accompagné les embouteillages, les chantiers, les comportements routiers discutables et les réflexions locales sur la biodiversité.

En janvier 2026, nous lui consacrions mĂȘme une enquĂȘte sur les routes du Haut-Doubs, soulignant notamment sa confiance excessive dans la circulation automobile.

Il possĂšde Ă©galement sa propre fiche au glossaire de L’OR, sous les identitĂ©s de « niglo » et « hĂ©risson de la RN57 ».

Autant dire qu’il ne s’agit pas d’un dĂ©butant.

Jusqu’Ă  prĂ©sent, sa carriĂšre consistait principalement Ă  traverser les dĂ©partementales sans regarder, provoquer des freinages d’urgence et assister, depuis les fossĂ©s, aux dĂ©cisions d’amĂ©nagement du territoire.

Billets britanniques : Churchill s’efface devant la faune, dont un hĂ©risson. Dans le Haut-Doubs, L’OR dĂ©nonce un plagiat routier.

Désormais, le voilà promis aux coffres des banques, aux distributeurs automatiques et aux transactions internationales.

Un animal qui risquait de finir à plat sur la chaussée va devenir une monnaie bien réelle. La promotion est spectaculaire.

🩔 259 665 voix pour le hĂ©risson : les Britanniques ont du piquant

Le choix n’est pas sorti d’un chapeau.

La Banque d’Angleterre a organisĂ© une consultation publique Ă  laquelle 478 531 personnes ont rĂ©pondu. Les participants pouvaient choisir plusieurs animaux parmi dix-huit candidats.

Le hérisson a recueilli 259 665 sélections, devant le renard et ses 244 651 soutiens.

Le bourdon terrestre, lui, a obtenu 360 399 sĂ©lections. Une performance qui confirme que les Britanniques savent encore reconnaĂźtre la valeur du travail, mĂȘme lorsqu’il est accompli gratuitement dans un massif de fleurs.

Pour le hérisson, cette reconnaissance populaire constitue une revanche historique.

On l’avait connu menacĂ© par les voitures, contrariĂ© par les clĂŽtures, perturbĂ© par les tondeuses et rĂ©guliĂšrement sous-estimĂ© par les automobilistes pressĂ©s.

Le voici dĂ©sormais suffisamment populaire pour reprĂ©senter la monnaie d’une puissance financiĂšre internationale.

Billets britanniques : Churchill s’efface devant la faune, dont un hĂ©risson. Dans le Haut-Doubs, L’OR dĂ©nonce un plagiat routier.

Il reste à espérer que les banques britanniques lui accorderont davantage de considération que certains conducteurs sur la D437.

đŸŽ© Winston Churchill remplacĂ© par la biodiversitĂ© : une rĂ©sistance qui s’organise

Il faut mesurer la portĂ©e symbolique de l’Ă©vĂ©nement.

Winston Churchill avait dirigĂ© le Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale, affrontĂ© l’Allemagne nazie et incarnĂ© la rĂ©sistance britannique dans l’une des pĂ©riodes les plus sombres de son histoire. Son portrait orne actuellement le billet de cinq livres.

Quatre-vingts ans plus tard, les Britanniques s’apprĂȘtent Ă  remplacer leurs grandes figures historiques par des reprĂ©sentants du rĂšgne animal. Il y a quelque chose de fascinant dans cette Ă©volution des critĂšres de reconnaissance nationale.

Autrefois, il fallait Ă©crire des romans, rĂ©volutionner les mathĂ©matiques ou participer Ă  la victoire contre le nazisme pour figurer sur un billet. Aujourd’hui, il suffit d’avoir des piquants, un museau sympathique et une excellente campagne de mobilisation.

La Banque d’Angleterre explique toutefois que les animaux offrent d’intĂ©ressantes possibilitĂ©s graphiques pour amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© des billets et lutter contre la contrefaçon.

Un argument parfaitement recevable.

Il est vrai qu’un hĂ©risson possĂšde naturellement davantage d’Ă©lĂ©ments de sĂ©curitĂ© qu’un portrait de Churchill : plusieurs milliers de piquants, une capacitĂ© de repli immĂ©diate et une mĂ©fiance instinctive envers les individus suspects.

De quoi inspirer les concepteurs de billets.

🧱 GĂ©rard Poncet rĂ©clame des droits d’auteur au nom du Haut-Doubs

Dans le Haut-Doubs, GĂ©rard Poncet, retraitĂ© de la DDE et figure du MHDGA, n’entend pas laisser passer cette affaire sans rĂ©action.

« Ça fait des annĂ©es qu’on travaille avec le hĂ©risson sur nos routes. On lui a fourni des fossĂ©s, des ronds-points, des kilomĂštres de dĂ©partementales. Et maintenant les Anglais nous le piquent sans mĂȘme demander ! »

Le mouvement envisage de réclamer une compensation financiÚre pour cette expatriation symbolique.

Plusieurs pistes auraient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es : une redevance sur chaque billet imprimĂ©, la reconnaissance d’une indication gĂ©ographique protĂ©gĂ©e « HĂ©risson de la RN57 » ou la crĂ©ation d’un programme Erasmus destinĂ© aux mammifĂšres traversant les routes sans autorisation.

Billets britanniques : Churchill s’efface devant la faune, dont un hĂ©risson. Dans le Haut-Doubs, L’OR dĂ©nonce un plagiat routier.

GisĂšle, ancienne tenanciĂšre du tabac-presse de Morteau, se montre plus pragmatique :

« S’ils veulent mettre un hĂ©risson sur leurs billets, grand bien leur fasse. Mais qu’ils commencent par apprendre Ă  rouler du bon cĂŽtĂ©. Ça lui Ă©vitera des surprises. »

La question de la conduite à gauche pourrait effectivement constituer une difficulté pour un animal qui éprouve déjà quelques problÚmes à maßtriser la circulation à droite.

🏩 De l’Ă©crasement au pouvoir d’achat : le destin inattendu du hĂ©risson

Les nouveaux billets ne circuleront pas immĂ©diatement. Leur conception, leurs essais et leur fabrication prendront encore plusieurs annĂ©es. Le hĂ©risson dispose donc d’un peu de temps pour prĂ©parer sa reconversion professionnelle.

Il devra notamment apprendre à supporter les portefeuilles, les distributeurs automatiques, les variations du taux de change et les commentaires des économistes sur la politique monétaire britannique.

De son cĂŽtĂ©, L’Ouest RĂ©publicain continuera naturellement de suivre ses activitĂ©s françaises.

Car si la Banque d’Angleterre voit dĂ©sormais en lui un symbole national, nous n’oublions pas ses origines Ă©ditoriales.

Il était déjà présent sur nos routes lorsque personne ne songeait à lui confier la moindre responsabilité financiÚre.

Il restera, pour nous, ce petit mammifĂšre obstinĂ© qui traverse une dĂ©partementale du Haut-Doubs avec une confiance absolue dans l’humanitĂ© et une comprĂ©hension approximative du Code de la route.

Hier, le hérisson passait sous les roues. Demain, il passera de main en main.

Entre-temps, il aura dĂ©couvert la seule chose qui circule plus vite qu’un frontalier en retard : l’argent.

Et contrairement Ă  Churchill, il pourra enfin dire qu’il a rĂ©ussi sa traversĂ©e de la Manche.

Paul Emique
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