🧅 Jets d’oignons sur Bardella : les manifestants rendent hommage Ă  la Grande ArmĂ©e

Jets d’oignons sur Bardella Ă  Beaucroissant (IsĂšre) : les manifestants renouent involontairement avec une tradition de la Grande ArmĂ©e.

Jordan Bardella a Ă©tĂ© visĂ© par des jets d’oignons vendredi Ă  la foire de Beaucroissant, en IsĂšre. Une mĂ©thode de contestation qui, Ă  dĂ©faut de renouveler profondĂ©ment le dĂ©bat dĂ©mocratique, permet de renouer avec l’un des grands classiques du patrimoine militaire français : la Chanson de l’oignon.

🧅 Jets d’oignons sur Bardella : la tradition française reprend ses droits

Jordan Bardella effectuait vendredi 11 septembre une visite Ă  la foire de Beaucroissant, en IsĂšre.

Le prĂ©sident du Rassemblement national Ă©voluait alors dans un environnement plutĂŽt favorable. Selon Le DauphinĂ© LibĂ©rĂ©, plusieurs centaines de personnes l’attendaient depuis plus d’une heure, tandis que militants et visiteurs se pressaient pour obtenir selfies, autographes et photographies.

Une ambiance de foire, donc.

Jusqu’à ce que quelques militants de gauche dĂ©cident d’ajouter une dimension historique Ă  la visite.

Des oignons ont alors été lancés en direction de Jordan Bardella, contraignant notamment son entourage à déployer des parapluies au-dessus du président du RN.

À premiĂšre vue, l’évĂ©nement pouvait passer pour une nouvelle manifestation de la crĂ©ativitĂ© maraĂźchĂšre du dĂ©bat politique français.

C’était oublier un peu vite notre patrimoine.

Car en choisissant l’oignon comme projectile, les opposants Ă  Jordan Bardella ont involontairement renouĂ© avec une tradition remontant directement aux armĂ©es napolĂ©oniennes.

Il ne manquait finalement qu’un tambour.

đŸ‡«đŸ‡· La Grande ArmĂ©e connaissait dĂ©jĂ  l’oignon

La Chanson de l’oignon figure toujours aujourd’hui dans le carnet de chants de l’armĂ©e de Terre. Sa mĂ©lodie reprend celle de l’ouverture de La Chasse du jeune Henri, opĂ©ra de MĂ©hul créé en 1797.

Quant Ă  son origine militaire, le ministĂšre des ArmĂ©es prend la prĂ©caution de parler d’une lĂ©gende. Selon celle-ci, l’histoire remonterait Ă  la bataille de Marengo, le 14 juin 1800.

Le gĂ©nĂ©ral Bonaparte aurait demandĂ© Ă  des grenadiers ce qu’ils utilisaient pour accompagner leur pain. Ceux-ci lui auraient rĂ©pondu qu’ils mangeaient de l’oignon. L’idĂ©e aurait manifestement sĂ©duit le futur empereur, qui y aurait vu un aliment parfaitement adaptĂ© pour avancer vers la gloire.

Jets d’oignons sur Bardella Ă  Beaucroissant (IsĂšre) : les manifestants renouent involontairement avec une tradition de la Grande ArmĂ©e.

Deux siĂšcles plus tard, les militants prĂ©sents Ă  Beaucroissant ont donc peut-ĂȘtre simplement voulu vĂ©rifier l’efficacitĂ© du procĂ©dĂ© sur un candidat potentiel Ă  l’ÉlysĂ©e.

La politique française retrouve enfin le sens de la reconstitution historique.

🩁 « Un seul oignon nous change en lions »

La coïncidence devient encore meilleure lorsqu’on regarde le texte du chant.

La Chanson de l’oignon promet notamment qu’« un seul oignon nous change en lions ». À Beaucroissant, plusieurs exemplaires auront donc Ă©tĂ© nĂ©cessaires.

Le chant prĂ©cise Ă©galement que l’oignon doit ĂȘtre frit Ă  l’huile, Ă©tape de prĂ©paration qui semble heureusement avoir Ă©tĂ© nĂ©gligĂ©e par les manifestants. La prĂ©fecture n’a donc pas eu Ă  dĂ©ployer de friteuse mobile.

Le morceau aurait ensuite Ă©tĂ© entendu, selon le ministĂšre des ArmĂ©es, sur les champs de bataille de l’Empire. Plus de deux cents ans aprĂšs Marengo, son ingrĂ©dient principal vient ainsi de rĂ©ussir une percĂ©e remarquable dans la campagne politique française.

Jets d’oignons sur Bardella Ă  Beaucroissant (IsĂšre) : les manifestants renouent involontairement avec une tradition de la Grande ArmĂ©e.

Les stratÚges de la Grande Armée peuvent dormir tranquilles : le ravitaillement tient encore.

🧄 L’état-major doit nĂ©anmoins vĂ©rifier la munition

Un problĂšme subsiste.

Si Le DauphinĂ© LibĂ©rĂ©, journal rĂ©gional et donc arbitre naturel de la qualification des lĂ©gumes projetĂ©s en IsĂšre, Ă©voque des oignons, La DĂ©pĂȘche rapporte pour sa part des jets de gousses d’ail ayant atteint Jordan Bardella.

À l’heure oĂč nous Ă©crivons ces lignes, aucune expertise botanique contradictoire ne semble avoir dĂ©finitivement permis de trancher.

L’Ouest RĂ©publicain retiendra donc provisoirement l’hypothĂšse de l’oignon, qui prĂ©sente l’avantage considĂ©rable d’ĂȘtre attestĂ©e par la presse locale et de disposer d’un chant militaire officiel.

L’ail ouvrirait un tout autre dossier. Notamment roumain.

đŸŽ–ïž Deux siĂšcles de continuitĂ© rĂ©publicaine

Reste qu’à Beaucroissant, la sĂ©quence aura rĂ©ussi Ă  rĂ©unir dans quelques mĂštres carrĂ©s une foire vieille de plusieurs siĂšcles, un prĂ©sident de parti, des manifestants, des parapluies et un lĂ©gume associĂ© aux campagnes napolĂ©oniennes.

On reproche souvent au débat politique français de manquer de profondeur historique.

C’est dĂ©sormais rĂ©parĂ©.

Entre deux selfies de Jordan Bardella, quelques militants auront ainsi rappelĂ© qu’en France, mĂȘme un lancer de lĂ©gumes peut finir dans le carnet de chants de l’armĂ©e de Terre.

Et quelque part, depuis Marengo, un grenadier approuve probablement la méthode.

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

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