Le changement dâheure permettra de reculer les montres dans la nuit du 24 au 25 octobre. Une heure de sommeil supplĂ©mentaire, sans dossier Ă remplir ni justificatif de ressources : lâannonce a provoquĂ© un vif Ă©moi chez Delphine Hans-Public. La gardienne des comptes du MHDGA exige de savoir qui a autorisĂ© cette distribution de temps libre et si les bĂ©nĂ©ficiaires comptent au moins en faire quelque chose de rentable.
Tout Ă©tait pourtant prĂ©sentĂ© comme une formalitĂ©. Selon le calendrier officiel du passage Ă lâheure dâhiver, Ă 3 heures du matin, dimanche 25 octobre 2026, il sera 2 heures. Il faudra donc reculer les horloges dâune heure. VoilĂ pour les faits. Dans le gouvernement du MHDGA, cette opĂ©ration vient cependant de dĂ©clencher une procĂ©dure dâalerte budgĂ©taire.
đ° Dans cet article
đ¶ Changement dâheure : qui a signĂ© le bon de repos ?
Delphine Hans-Public, dite DHP, a dĂ©couvert le dispositif entre deux arbitrages. Son premier rĂ©flexe a Ă©tĂ© de demander si lâheure Ă©tait attribuĂ©e par personne ou par foyer fiscal. Son deuxiĂšme, de vĂ©rifier si les retraitĂ©s y avaient Ă©galement droit. Son troisiĂšme, de sâasseoir.
« Une heure offerte Ă chaque Français, vous vous rendez compte ? Et aprĂšs, on nous explique quâil nây a plus de marges » prĂ©vient Delphine Hans-Public, qui vient de dĂ©couvrir une niche sous la couette
Le caractĂšre universel du changement dâheure lâinquiĂšte particuliĂšrement. Les mĂ©nages aisĂ©s pourront dormir aussi longtemps que les autres, sans plafond, sans dĂ©gressivitĂ© et sans mĂȘme sâengager Ă changer leur chaudiĂšre. « On a passĂ© des semaines Ă discuter des prestations sociales et quelquâun distribue soixante minutes un dimanche, quand les bureaux sont fermĂ©s. La mĂ©thode pose question. »
đ Une avance rĂ©cupĂ©rable, Ă dĂ©clarer mĂȘme les yeux fermĂ©s
Une note rectificative a donc Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e. Lâheure supplĂ©mentaire sera dĂ©sormais dĂ©signĂ©e comme une « avance de repos rĂ©cupĂ©rable au printemps ». Le mot « offerte » disparaĂźt. Le changement dâheure peut continuer, Ă condition que personne ne prenne goĂ»t au dispositif.
« [Mon horloge comtoise] marche depuis trois gĂ©nĂ©rations. Ce nâest pas Ă elle de sâadapter tous les six mois[…] »
GĂ©rard Poncet, horloger en chef de l’Ouest RĂ©publicain
Un formulaire permettra de prĂ©ciser lâutilisation de la pĂ©riode : sommeil effectif, insomnie, lecture, dispute conjugale ou consultation de son tĂ©lĂ©phone en rĂ©pĂ©tant quâon devrait dormir. Une case « autre » sera disponible, mais son traitement nĂ©cessitera lâavis dâune commission.
Les personnes restĂ©es Ă©veillĂ©es devront Ă©galement dĂ©clarer lâheure reçue.
« Le fait de ne pas consommer un avantage ne signifie pas quâon nâen a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© », rappelle DHP, qui travaille dĂ©jĂ sur le cas des gens ayant rĂȘvĂ© quâils travaillaient.
Ceux-lĂ pourraient ĂȘtre redevables dâune cotisation, sous rĂ©serve de produire leur bulletin de rĂȘve.
đ©ș Didoubs Montdoraoult ouvre les consultations de sommeil constatĂ©
Le volet mĂ©dical du changement dâheure a Ă©tĂ© confiĂ© Ă Didoubs Montdoraoult. Le spĂ©cialiste autoproclamĂ© propose un certificat de sommeil constatĂ©, dĂ©livrĂ© aprĂšs entretien avec le dormeur et, si nĂ©cessaire, confrontation avec la personne qui lâa entendu ronfler.
« Le patient dit quâil a dormi une heure de plus. TrĂšs bien. Mais est-ce quâil a dormi davantage, ou est-ce quâil a simplement dormi une deuxiĂšme fois entre deux heures et trois heures ? Il faut ĂȘtre rigoureux. »
Didoubs Montdoraoult, prĂȘt Ă facturer les deux hypothĂšses
LâinterprĂ©tation des rĂȘves fera lâobjet dâun supplĂ©ment. Les cauchemars administratifs seront orientĂ©s directement vers DHP, afin dâĂ©viter les doublons. Dans le Haut-Doubs, les premiĂšres consultations ont surtout permis dâĂ©tablir que les gens qui se rĂ©veillent Ă 5 heures pour nourrir le chat continueront Ă le faire, mais Ă 4 heures.

đïž Ă Morteau, GisĂšle conteste la crĂ©ance
GisĂšle, ancienne tenanciĂšre du tabac-presse de Morteau, a dĂ©jĂ annoncĂ© quâelle ne rendrait rien. Elle compte utiliser ses soixante minutes pour reprendre mentalement une dispute de 1998, au cours de laquelle elle nâavait pas trouvĂ© la bonne rĂ©ponse assez vite. « Maintenant que je lâai, je ne vais pas laisser passer lâoccasion. »
Le changement dâheure lui inspire surtout une question de trĂ©sorerie : si lâon rĂ©cupĂšre en octobre ce quâon lui a pris en mars, oĂč sont les intĂ©rĂȘts ? Elle rĂ©clame sept mois de rĂ©munĂ©ration sur son heure immobilisĂ©e, ainsi quâune compensation pour le temps passĂ© Ă rĂ©gler le micro-ondes.
DHP refuse pour lâinstant de reconnaĂźtre cette dette. GisĂšle a conservĂ© les deux rĂ©veils, le ticket dâachat du micro-ondes et suffisamment de rancune pour aller en appel.
đ± DjĂ€ysonne rĂ©clame un versement en temps dâĂ©cran
Ă la rĂ©daction, DjĂ€ysonne propose de moderniser le changement dâheure. Puisque son tĂ©lĂ©phone se met Ă jour tout seul, il estime que les soixante minutes Ă©conomisĂ©es pourraient ĂȘtre directement crĂ©ditĂ©es sur son autorisation de jeu. Sa mĂšre lui a rĂ©pondu que lâautomatisation ne crĂ©ait pas de droits nouveaux.

Il prĂ©pare nĂ©anmoins une rĂ©clamation : sâil joue jusquâĂ 3 heures et quâil est soudain 2 heures, il considĂšre avoir respectĂ© deux fois la mĂȘme limite. Carine Terre-Vioux lui a proposĂ© de vĂ©rifier ce raisonnement en refaisant deux fois ses devoirs. Le dossier est actuellement suspendu Ă sa demande.
đ§Ÿ Le cadran recule, la facture reste Ă lâheure
GĂ©rard Poncet rĂ©clame, lui, une exception pour les horloges comtoises : « La mienne marche depuis trois gĂ©nĂ©rations. Ce nâest pas Ă elle de sâadapter tous les six mois Ă des gens qui ne savent pas ce quâils veulent. » Il envisage de la laisser Ă la mĂȘme heure toute lâannĂ©e et de dĂ©placer les rendez-vous autour.
Dans les faits, le changement dâheure reste appliquĂ©. Le projet europĂ©en de suppression, votĂ© par les eurodĂ©putĂ©s en 2019, nâa pas abouti Ă sa disparition. La perspective de ne plus avoir Ă rĂ©gler les pendules attend donc toujours son heure.
Dâici lĂ , DHP assure quâaucun prĂ©lĂšvement ne sera effectuĂ© pendant le sommeil. Le contribuable recevra dâabord un avis, puis disposera de trente jours pour se rĂ©veiller. GisĂšle, elle, a dĂ©jĂ arrĂȘtĂ© sa position :
« Quand ils nous prennent une heure en mars, câest un rĂ©glage. Quand ils nous la rendent en octobre, câest une dĂ©pense publique » fulmine GisĂšle, prĂȘte pour le contrĂŽle sous la couette.

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đ°ïž Changement dâheure : Bercy dĂ©couvre une heure de sommeil non fiscalisĂ©e
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