Saucisse de Morteau gĂ©ante, hĂ©licoptĂšres et fourchette Ă fondue : LâOuest RĂ©publicain prĂ©sente son premier blockbuster. Son titre, Le scandale de la saucisse de Morteau gĂ©ante, nous a Ă©tĂ© attribuĂ© par un jeu des copains du Bisontin. Puisque notre naissance officielle sur les rĂ©seaux et le site tombe le 1er juillet, le destin avait manifestement prĂ©vu une catastrophe charcutiĂšre.
đ° Dans cet article
đŹ Les copains du Doubs-Du-Bas ont trouvĂ© notre scĂ©nario
Il faut reconnaßtre une qualité aux copains du Doubs-Du-Bas : ils savent occuper leurs voisins du dessus.
Sur Facebook, Le Bisontin propose une grille pour trouver le titre de son prochain film.
Le principe tient en une addition : votre mois de naissance fournit le dĂ©but, votre jour fournit la suite. Deux cases, un chef-dâĆuvre.
Le cinéma français a connu des dossiers de financement moins solides.

Pour LâOuest RĂ©publicain, pas de dĂ©bat sur lâĂ©tat civil : nous retenons le 1er juillet, date officielle de notre arrivĂ©e sur les rĂ©seaux et le site. Juillet donne « Le Scandale ». Le premier jour donne « de la saucisse de Morteau gĂ©ante ». Nous aurions pu tomber sur un drame intimiste autour dâune boĂźte chaude. Nous hĂ©ritons dâune saucisse de Morteau gĂ©ante. Autant assumer et sortir les hĂ©licoptĂšres.
Merci au Bisontin pour lâidĂ©e. La grille est chez eux. La responsabilitĂ© de ce qui suit est entiĂšrement chez nous.
đ„ Saucisse de Morteau gĂ©ante : le Haut-Doubs nâĂ©tait pas prĂȘt
Le synopsis sâouvre sur une matinĂ©e ordinaire dans le val de Morteau. Les habitants partent travailler, les frontaliers regardent lâheure et quelquâun affirme dĂ©jĂ quâil faisait plus froid autrefois. Puis une cheville de bois apparaĂźt au-dessus des toits. On croit dâabord Ă un chantier. Le reste de la saucisse suit. Il va falloir une autre explication.
Une expĂ©rience dans un tuyĂ© aurait lĂ©gĂšrement dĂ©passĂ© les prĂ©visions. « LĂ©gĂšrement » Ă©tant le terme retenu par le responsable, dont le produit dĂ©passe dĂ©sormais le clocher. Une saucisse de Morteau gĂ©ante se dresse dans la vallĂ©e, soulĂšve les toitures et menace de transformer le centre-ville en accompagnement. Personne ne sait comment lâarrĂȘter. Tout le monde connaĂźt quelquâun qui aurait une assez grande casserole.
Les hélicoptÚres tournent autour du boyau. Les experts hésitent entre évacuation et cuisson douce. CÎté suisse, on cherche surtout à savoir si elle compte franchir la frontiÚre : une chose pareille ne se déclare pas en baissant simplement la vitre.
LâOR dĂ©pĂȘche son Ă©quipe. Elle dispose dâun appareil photo, dâun tĂ©lĂ©phone, dâune retraitĂ©e qui a tout vu et dâun homme persuadĂ© quâune fourchette suffit. Sur le papier, câest une rĂ©daction. Ă lâĂ©cran, câest le dernier espoir de la Franche-ComtĂ©.
đž CTV, GisĂšle et DjĂ€ysonne : un casting qui connaĂźt le terrain
Carine Terre-Vioux mĂšne lâenquĂȘte, appareil photo Ă la main. Pendant que les autres cherchent un abri, elle cherche un angle. Elle soupçonne rapidement une catastrophe plus vaste : quelquâun, quelque part, va lui demander une photo horizontale alors quâelle a une saucisse de Morteau gĂ©ante Ă faire entrer dans le cadre. La menace est verticale. La maquette exige du 16:9.
GisĂšle, ancienne du tabac-presse de Morteau, apporte ce qui manque Ă toutes les cellules de crise : une connaissance du quartier et la capacitĂ© Ă dire « je vous lâavais bien dit » avant mĂȘme quâon sache ce qui sâest passĂ©. Elle ne sâĂ©merveille pas devant les effets spĂ©ciaux. Elle veut connaĂźtre le prix au kilo et qui va balayer.
DjÀysonne, notre stagiaire, reçoit une mission adaptée à ses compétences : filmer, rester derriÚre les adultes et ne toucher à rien. Il commence par filmer les adultes qui lui demandent de filmer la saucisse. Sa premiÚre séquence contient six secondes de chaussures et un « mais je filme, là ! ». La production parlera de parti pris documentaire.
đŽ GĂ©rard Poncet dĂ©clare lâĂ©tat dâurgence apĂ©ritive
La vedette inattendue du film reste GĂ©rard Poncet. Casquette MHDGA, le Mouvement du Haut-Doubs â Gens Authentiques, moustache de circonstance et fourchette Ă fondue levĂ©e, GĂ©gĂ© observe la menace avec le calme dâun homme qui a dĂ©jĂ participĂ© Ă des repas de famille plus inquiĂ©tants.
Pour lui, la saucisse de Morteau gĂ©ante pose un problĂšme de maintien de lâordre local. Un produit du terroir peut prendre de la place. Il ne peut pas prendre toute la commune.
GĂ©gĂ© propose donc un pĂ©rimĂštre de sĂ©curitĂ©, une rĂ©quisition des pommes de terre et la nomination dâun haut-commissaire Ă la moutarde. Il connaĂźt prĂ©cisĂ©ment la personne compĂ©tente pour le troisiĂšme poste : lui.

Son plan tient en une phrase : « Vous me la maintenez, je la découpe. » Personne ne lui fait remarquer que la lame manque à son équipement. Dans une situation aussi tendue, il faut préserver le moral du commandement.
đ§Ż Pendant ce temps, la cellule de crise cherche une salle
Un bon film catastrophe exige une seconde menace. Ici, ce sera la rĂ©union. Pendant que le boyau avance, une cellule de crise tente de savoir qui possĂšde la compĂ©tence saucisse. La commune Ă©voque lâintercommunalitĂ©. LâintercommunalitĂ© demande si le phĂ©nomĂšne entre dans le tourisme. Le tourisme rĂ©clame une photo sans les hĂ©licoptĂšres.
Ă Besançon, dans une scĂšne promise Ă un grand avenir, un comitĂ© examine la possibilitĂ© de requalifier la saucisse de Morteau gĂ©ante en installation culturelle. Cela permettrait dâattendre la prochaine rĂ©union plutĂŽt que de lâĂ©vacuer. Un participant propose un atelier sur le partage de lâespace public avec les produits transformĂ©s. Un autre demande si la saucisse a Ă©tĂ© consultĂ©e.
GisÚle coupe court : « Vous pouvez lui envoyer un questionnaire, mais elle a déjà mangé la salle polyvalente. » La scÚne est conservée au montage. Elle fait gagner vingt minutes au film et six mois au dossier.
đż Paul Emique Ă la rĂ©alisation, beaucoup de fumĂ©e Ă lâimage
Ă la rĂ©alisation, Paul Emique assume une ligne simple : traiter cette histoire avec tout le sĂ©rieux quâelle ne mĂ©rite pas. Un ciel de fin du monde, des sapins, un village Ă©crasĂ© par les proportions du sujet et quatre hĂ©ros qui regardent au loin. Lâaffiche existe dĂ©jĂ . Pour une production nĂ©e de deux cases sur Facebook, câest un excellent dĂ©but.
Elle affiche une promesse modeste : « BientĂŽt dans le Haut-Doubs ». La durĂ©e du film reste Ă dĂ©terminer. Il faudra notamment dĂ©cider si les rĂ©unions sont montrĂ©es en temps rĂ©el. Le budget, lui, devrait rester supportable tant que personne ne commande la saucisse Ă lâĂ©chelle.
đ Il ne fallait pas la piquer
Lâaccroche du film tient en six mots : « Il ne fallait pas la piquer. » Le gag possĂšde mĂȘme une base culinaire : les conseils de cuisson de la filiĂšre Morteau recommandent de prĂ©server le boyau pour conserver le goĂ»t fumĂ© et lâonctuositĂ©. Confier ensuite la survie du territoire Ă GĂ©gĂ©, armĂ© dâune fourchette gĂ©ante, donne une assez bonne idĂ©e de notre gestion du risque.
Ă Hollywood, ils auraient envoyĂ© une Ă©quipe de scientifiques. Dans le Haut-Doubs, on a envoyĂ© la rĂ©daction et demandĂ© si quelquâun avait du pain.
Votre date vous rĂ©serve-t-elle un meilleur scĂ©nario dans la grille du Bisontin ? Partagez votre titre en commentaire ou envoyez votre proposition Ă la rĂ©daction. Pour battre notre saucisse de Morteau gĂ©ante, il faudra tout de mĂȘme un solide dossier. Ou une plus grosse fourchette.

Retrouvez
đ Saucisse de Morteau gĂ©ante : LâOR prĂ©sente son film catastrophe
sur nos réseaux
đŹ Ne ratez plus OR
Les nouveaux articles de LâOuest RĂ©publicain, sans avoir Ă attendre que les rĂ©seaux sociaux dĂ©cident de vous les montrer.
đąPar Whatsapp
đ§ Par e-mail
Recevez les nouveaux articles directement dans votre boĂźte mail.
đ· Le dĂ©bat continue
Retrouvez Le Comptoir de LâOuest RĂ©publicain, notre groupe de discussion, avec GisĂšle derriĂšre le zinc, ainsi que nos autres rĂ©seaux.
đ Besoin dâun dĂ©codeur ?
Un mot, une expression ou une rĂ©fĂ©rence locale vous Ă©chappe ? Pas de panique : le glossaire de LâOuest RĂ©publicain est lĂ pour ça.
