đŸ”„ Mobilisation lycĂ©enne Ă  Pontarlier : la rĂ©volte a passĂ© le week-end, Grenier prĂ©vient les familles

La mobilisation lycéenne à Pontarlier pourrait gagner les collÚges. Philippe-Grenier prévient les familles aprÚs les tensions de la semaine derniÚre.

La mobilisation lycéenne à Pontarlier pourrait-elle finir par gagner les collÚges ? Ce lundi 5 octobre, la direction du collÚge Philippe-Grenier a prévenu les familles que des appels à étendre le mouvement circulaient désormais jusque dans les établissements du premier cycle. Rien ne se passe encore au collÚge. Mais suffisamment de choses circulent pour expliquer trÚs officiellement que rien ne se passe.

đŸ« Mobilisation lycĂ©enne Ă  Pontarlier : Grenier entre dans la boucle

« Des appels Ă  l’extension du mouvement aux collĂšges ont Ă©tĂ© diffusĂ©s, y compris concernant notre Ă©tablissement. »

La phrase figure dans un message adressé ce lundi 5 octobre aux familles du collÚge Philippe-Grenier de Pontarlier.

La direction se veut immĂ©diatement rassurante : Ă  cette heure, la situation est normale, les cours sont assurĂ©s et les Ă©quipes restent attentives. Elle rappelle aussi que les Ă©lĂšves peuvent exprimer leurs prĂ©occupations et leurs dĂ©saccords, mais dans les espaces de dialogue prĂ©vus par l’établissement.

Et surtout sans transformer la cour en annexe du lycée Xavier-Marmier.

Le message appelle les collégiens à ne pas « se mettre en danger » et met en garde contre les informations circulant sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées.

Bref : ne croyez pas tout ce que vous voyez sur TikTok, ne bloquez pas le portail avec trois trottinettes et un sac Eastpak et, si quelque chose doit réellement changer, Pronote vous préviendra.

Pour l’instant, aucun mouvement n’est signalĂ© Ă  Philippe-Grenier. Mais le simple fait que la direction ait jugĂ© utile d’écrire aux familles montre que les appels ne concernent plus seulement les lycĂ©es.

đŸ›‹ïž La rĂ©volte a week-end, faut pas dĂ©conner

Il faut dire que la semaine derniÚre avait été un peu plus agitée à Pontarlier.

DĂšs mercredi 30 septembre, des Ă©lĂšves de Toussaint-Louverture avaient tentĂ© de bloquer leur Ă©tablissement avant de se rassembler devant le lycĂ©e. PĂ©tards, fumigĂšnes et quelques Ɠufs lancĂ©s sur un vĂ©hicule de police avaient accompagnĂ© la matinĂ©e.

Le lendemain, jeudi 1er octobre, le mouvement avait nettement pris de l’ampleur.

Entre 200 et 300 Ă©lĂšves de Xavier-Marmier avaient manifestĂ©, rejoints par des lycĂ©ens de Toussaint-Louverture. Une quinzaine de CRS avaient Ă©tĂ© mobilisĂ©s. Des projectiles et des mortiers d’artifice avaient Ă©tĂ© lancĂ©s en direction des policiers ; une palette et deux poubelles avaient brĂ»lĂ© et un abribus avait Ă©tĂ© endommagĂ©.

Six personnes avaient été interpellées et trois placées en garde à vue. Un policier avait également été blessé à la cheville.

Puis vint vendredi. Et vendredi, plus rien ou presque.

Une petite vingtaine d’élĂšves devant Xavier-Marmier, des policiers effectuant quelques rondes et des cours qui reprenaient tranquillement.

La mobilisation lycéenne à Pontarlier pourrait gagner les collÚges. Philippe-Grenier prévient les familles aprÚs les tensions de la semaine derniÚre.

Un lycĂ©en expliquait nĂ©anmoins qu’une nouvelle mobilisation pourrait se prĂ©parer. Une autre Ă©lĂšve Ă©voquait mĂȘme une possible reprise « la semaine prochaine ».

  • Samedi : rien.
  • Dimanche : rien.
  • La rĂ©volution observe naturellement son repos hebdomadaire.

On peut vouloir renverser l’ordre scolaire, contester Parcoursup, rĂ©clamer davantage de moyens pour l’Éducation nationale et dĂ©noncer ses conditions d’études. Mais enfin, il y a des limites : le week-end, c’est le week-end.

La lutte reprendra lundi, aprĂšs vĂ©rification de l’emploi du temps.

📅 Et justement, nous sommes lundi

Ailleurs en Franche-Comté, le mouvement a effectivement redémarré ce 5 octobre.

À Besançon, le lycĂ©e Pasteur a reconduit son action. Des mobilisations sont Ă©galement signalĂ©es Ă  Victor-Hugo et Pergaud, tandis qu’une nouvelle journĂ©e nationale est annoncĂ©e mardi 6 octobre.

À Lons-le-Saunier, environ 400 Ă©lĂšves ont Ă©galement bloquĂ© l’entrĂ©e du lycĂ©e Jean-Michel lundi matin.

Au niveau national, le mouvement, commencĂ© en septembre autour des conditions d’enseignement, du manque de personnels, des classes surchargĂ©es ou encore de Parcoursup, touche dĂ©sormais plusieurs centaines d’établissements et doit connaĂźtre un nouveau temps fort mardi.

Le message envoyé aux familles de Philippe-Grenier prend donc une autre dimension.

  • Il ne dit pas qu’un blocage est prĂ©vu.
  • Il ne dit pas que des collĂ©giens se mobiliseront.
  • Il dit simplement qu’un appel existe et concerne nommĂ©ment l’établissement.

Nuance importante.

🎒 Le collùge, nouvelle frontiùre de la contestation ?

Faire descendre le mouvement d’un Ă©tage, des lycĂ©es vers les collĂšges, changerait malgrĂ© tout sensiblement la situation.

À Xavier-Marmier ou Toussaint-Louverture, la majoritĂ© des Ă©lĂšves approchent de la majoritĂ©. À Philippe-Grenier, on parle d’enfants qui peuvent avoir 11, 12 ou 13 ans.

D’oĂč le ton trĂšs prudent de la direction, qui insiste davantage sur la sĂ©curitĂ© et la fiabilitĂ© des informations que sur les revendications elles-mĂȘmes.

Pas question non plus d’interdire aux Ă©lĂšves de parler politique, d’éducation ou de ce qui les prĂ©occupe. Le collĂšge rappelle au contraire que cette expression peut avoir sa place dans l’établissement.

Simplement, entre lever la main en vie de classe et monter une barricade rue de Besançon, il reste encore quelques compétences du socle commun à valider.

La mobilisation lycéenne à Pontarlier pourrait gagner les collÚges. Philippe-Grenier prévient les familles aprÚs les tensions de la semaine derniÚre.
Philippe-Grenier, le tribunal, puis l’hĂŽtel de police : Ă  Pontarlier, le parcours citoyen est particuliĂšrement bien balisĂ©.

Pour l’heure, donc, Philippe-Grenier fonctionne normalement.

  • Les cours continuent.
  • La direction surveille.
  • Les familles sont prĂ©venues.
  • GĂ©rard Poncet a prĂ©vu une mobilisation du MHDGA sur le rond-point de la gare.
  • Et les Ă©lĂšves peuvent sereinement prĂ©parer mardi.

Sous réserve, bien entendu, que la révolution ne tombe pas sur une heure de maths.

Paul Emique
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