McDonaldâs Ă©tudie lâidĂ©e dâimprimer la plaque dâimmatriculation des clients directement sur les emballages servis au drive, afin de lutter contre les dĂ©chets jetĂ©s par la fenĂȘtre ou abandonnĂ©s au bord des routes.
Au Pays de Galles, la proposition fait dĂ©jĂ dĂ©bat : mesure intelligente pour responsabiliser les conducteurs, ou nouvelle Ă©tape vers une surveillance sauce potatoes ? En France, oĂč les dĂ©chets abandonnĂ©s dans la nature se comptent en centaines de milliers de tonnes chaque annĂ©e, lâidĂ©e a Ă©videmment de quoi faire rĂ©agir.
Dans le Haut-Doubs, elle prend une saveur encore plus locale. Ici, les sacs de fast-food retrouvĂ©s dans les fossĂ©s ne sont pas seulement un problĂšme dâĂ©cologie. Ils deviennent trĂšs vite un sujet de frontiĂšre, de SUV, de trajets pendulaires, de plaques suisses, de bas-cĂŽtĂ©s martyrisĂ©s et de hĂ©rissons qui commencent sĂ©rieusement Ă envisager une plainte collective.
Et comme LâOuest RĂ©publicain avait dĂ©jĂ documentĂ©, avec toute la prudence scientifique nĂ©cessaire, la dĂ©licate question des Suisses dans le Haut-Doubs, il Ă©tait impossible de laisser passer un sujet pareil sans regarder ce que cela donnerait, localement, sur un cornet de frites.
 Dans cet article
đ McDonalds, plaque au drive, dignitĂ© dans le fossĂ©
LâidĂ©e est simple : si votre plaque dâimmatriculation figure sur votre emballage, vous rĂ©flĂ©chirez peut-ĂȘtre deux secondes avant de le balancer dans lâherbe Ă 90 km/h entre deux ronds-points.
Sur le papier, câest presque Ă©lĂ©gant. Un sac de frites devient soudain une piĂšce Ă conviction. Un gobelet vide se transforme en tĂ©moin matĂ©riel. Une boĂźte de nuggets abandonnĂ©e dans un talus acquiert une portĂ©e administrative quâelle nâavait pas demandĂ©e.
âUn hĂ©risson nâa jamais demandĂ© Ă vivre dans un wrap au pouletâ
Gérard Poncet
Dans le Haut-Doubs, oĂč la pĂ©dagogie routiĂšre se pratique gĂ©nĂ©ralement Ă coups dâappels de phares, de soupirs au volant et de phrases commençant par âencore unâŠâ, le concept pourrait trouver son public. GĂ©rard Poncet, consultĂ© Ă la sortie dâun stationnement approximatif, rĂ©sume la philosophie locale : âTu jettes, on tâaffiche. Câest pas de la dĂ©lation, câest du rangement.â
đ Haut-Doubs : le drive, ce haut lieu de la disparition alimentaire
Le scĂ©nario est connu. Un vĂ©hicule sombre, souvent haut sur roues, parfois trĂšs propre Ă lâintĂ©rieur, quitte une zone commerciale avec un sac en papier, deux boissons, trois sauces et une confiance excessive dans lâĂ©lasticitĂ© morale du bas-cĂŽtĂ©.
Quelques kilomĂštres plus loin, la vitre descend. Le bras sort. Le sac vole.

Il nây a pas de cĂ©rĂ©monie. Pas de discours. Pas mĂȘme un remords visible. Simplement un emballage qui termine sa carriĂšre dans lâherbe, au milieu dâun gobelet prĂ©cĂ©dent, dâun couvercle survivant et dâune portion de frites qui nâavait pas signĂ© pour finir en offrande aux limaces.
Le vĂ©hicule, lui, continue. Souvent vers la frontiĂšre. Parfois vers une commune paisible. Toujours avec cet air de dire : âCe nâest plus mon problĂšme.â
đ Et forcĂ©ment, la question frontaliĂšre arrive par la voie de droite
Soyons prĂ©cis, parce quâici le sujet est inflammable : tous les conducteurs suisses ne jettent pas leurs dĂ©chets. Tous les conducteurs français ne sont pas des exemples de civisme. Et certains Doubistes sont parfaitement capables de transformer leur propre habitacle en dĂ©chetterie mobile avant dâen redistribuer le contenu Ă la biodiversitĂ© locale.
Mais dans lâimaginaire du Haut-Doubs, dĂšs quâon parle de SUV allemand, de trajet pendulaire, de plaque brillante et de comportement discutable, la frontiĂšre apparaĂźt toute seule dans le rĂ©troviseur.
La plaque imprimĂ©e sur lâemballage aurait donc une vertu quasi sociologique. Elle permettrait de savoir si le sachet retrouvĂ© prĂšs dâun fossĂ© relĂšve du frontalier pressĂ©, du touriste distrait, du local nĂ©gligent ou du passager arriĂšre qui pense encore que âdehorsâ est une catĂ©gorie de poubelle.
GisĂšle, ancienne tenanciĂšre du tabac-presse de Morteau, propose dâaller plus loin : âOn imprime la plaque, la commune, et si possible la sauce. Parce quâun homme qui jette une sauce curry dans le talus doit ĂȘtre retrouvĂ©.â
đŠ Le hĂ©risson demande une commission dâenquĂȘte
Dans toute cette affaire, un acteur reste sous-consulté : le hérisson.
PrĂ©sent sur les bas-cĂŽtĂ©s, tĂ©moin des incivilitĂ©s, survivant administratif de la route dĂ©partementale, il voit passer les emballages avant tout le monde. Et il nâest pas convaincu par lâargument du âça sâest envolĂ© tout seulâ.
Selon nos informations, le hĂ©risson local rĂ©clamerait la crĂ©ation dâun fichier central des emballages suspects, avec croisement des plaques, des horaires de drive et du niveau de gras rĂ©siduel. Une mesure jugĂ©e âferme mais justeâ par GĂ©rard Poncet, qui rappelle quâun hĂ©risson ânâa jamais demandĂ© Ă vivre dans un wrap au pouletâ.
Le problĂšme, Ă©videmment, câest la preuve. Un emballage peut ĂȘtre dĂ©placĂ©. Un sac peut sâenvoler. Un passager peut jeter Ă la place du conducteur. Un enfant peut nier. Un corbeau peut manipuler une scĂšne. Et dans le Haut-Doubs, on connaĂźt au moins trois personnes capables dâaccuser le vent pour Ă©viter de reconnaĂźtre une mauvaise habitude.
đ§Ÿ Vie privĂ©e ou simple savoir-vivre ?
Les critiques parleront de vie privĂ©e. Elles nâont pas totalement tort. Voir son numĂ©ro dâimmatriculation imprimĂ© sur un sac ayant contenu un menu tiĂšde nâest pas exactement lâidĂ©al rĂ©publicain rĂȘvĂ© par les LumiĂšres.
Mais les partisans du dispositif rĂ©torqueront quâil ne sâagit pas forcĂ©ment de verbaliser. Il sâagit dâabord de rappeler que lâespace public nâest pas une poubelle gratuite avec option sapins.
Car le vrai sujet est peut-ĂȘtre lĂ . Avant mĂȘme la sanction, avant mĂȘme le fichier, avant mĂȘme le dĂ©bat sur les donnĂ©es personnelles, il y a une question simple : pourquoi certains automobilistes acceptent-ils de transporter un menu complet dans leur voiture pendant quinze minutes, mais deviennent incapables de garder lâemballage vide jusquâĂ la prochaine poubelle ?
Le mystĂšre reste entier. MĂȘme Radio Plein Air nâa pas encore osĂ© ouvrir lâantenne lĂ -dessus.
đ Dans le Haut-Doubs, la version locale est dĂ©jĂ prĂȘte
Si McDonaldâs teste vraiment lâimpression des plaques, le Haut-Doubs pourrait servir de laboratoire grandeur nature. Routes frontaliĂšres, zones commerciales, trajets domicile-travail, fossĂ©s bien fournis, hĂ©rissons observateurs : tous les ingrĂ©dients sont lĂ .
Le MHDGA propose dĂ©jĂ une dĂ©clinaison locale du dispositif : plaque sur le sac, couleur du vĂ©hicule sur le gobelet, niveau de honte sur le ticket, et mention spĂ©ciale si le conducteur possĂšde un autocollant Ă©cologique tout en lançant ses frites par la fenĂȘtre.
GĂ©rard Poncet, lui, voit plus simple : âUn menu, une plaque, une convocation chez GisĂšle.â
La mesure nâexiste pas encore. Elle ne rĂ©glera sans doute pas tout. Mais elle a au moins le mĂ©rite de poser une question que le Haut-Doubs se pose depuis longtemps : Ă quel moment prĂ©cis lâĂȘtre humain a-t-il dĂ©cidĂ© quâun fossĂ© Ă©tait une poubelle, simplement parce quâil nâavait pas de couvercle ?
Et si demain les plaques finissent sur les emballages, certains dĂ©couvriront peut-ĂȘtre que le problĂšme nâĂ©tait pas la surveillance. CâĂ©tait leur bras droit.

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đ McDonaldâs veut imprimer les plaques : dans le Haut-Doubs, on attend dĂ©jĂ les cornets âVDâ
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đ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de LâOuest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.
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