Octobre rose venait Ă peine de commencer que DĂżlañéo avait dĂ©jĂ trouvĂ© sa maniĂšre personnelle de participer Ă la campagne. Son offre de bĂ©nĂ©volat pour un « dĂ©pistage massif » nâa toutefois pas Ă©tĂ© comprise exactement comme il lâespĂ©rait. Il est dĂ©sormais entendu par les forces de lâordre.
Il y a les gens qui mettent un ruban rose sur leur veste, ceux qui participent Ă une marche, ceux qui donnent quelques euros. Voire les trois Ă la fois.
Et puis il y a Dÿlañéo.
Vendredi matin, le grand frĂšre de notre stagiaire DjĂ€ysonne aurait dĂ©cidĂ© de sâengager personnellement dans Octobre rose, estimant que la lutte contre le cancer du sein mĂ©ritait « des actes, pas seulement des publications Instagram ».
Jusque-lĂ , difficile de lui donner tort.
Les choses se seraient lĂ©gĂšrement compliquĂ©es lorsque lâintĂ©ressĂ© aurait proposĂ© ses services pour participer Ă ce quâil avait compris ĂȘtre une vaste opĂ©ration de « dĂ©pistage massif ».
Une expression dont lâinterprĂ©tation semble dĂ©sormais faire lâobjet de quelques divergences entre DĂżlañéo et les autoritĂ©s.
đ° Dans cet article
đ Octobre rose : une proposition de bĂ©nĂ©volat diversement apprĂ©ciĂ©e
Selon nos informations, DĂżlañéo aurait commencĂ© par demander trĂšs sĂ©rieusement oĂč il devait sâinscrire.
On lui aurait expliquĂ© que les opĂ©rations de dĂ©pistage Ă©taient organisĂ©es par des professionnels de santĂ©. Il aurait alors prĂ©cisĂ© quâil Ă©tait disponible immĂ©diatement.
On lui aurait expliquĂ© une deuxiĂšme fois, et il aurait insistĂ© au motif d’avoir Ă©coutĂ© d’une oreille un cours de SVT lorsqu’il Ă©tait en seconde.
« Moi, jâavais juste dit quâOctobre rose, câĂ©tait pour sensibiliser au dĂ©pistage du cancer du sein »
DjÀysonne
Câest gĂ©nĂ©ralement Ă ce moment-lĂ que les bonnes intentions commencent Ă nĂ©cessiter un procĂšs-verbal.
DĂżlañéo aurait notamment fait valoir sa « grande motivation », sa « disponibilitĂ© gĂ©ographique » et une expĂ©rience quâil jugeait lui-mĂȘme « largement suffisante pour une mission dâobservation ».
Aucun de ces critĂšres ne figurait apparemment dans la fiche de poste.
La conversation se serait achevée quelques minutes plus tard dans un véhicule sérigraphié.
CTV confirme en tout cas que lâenthousiasme de DĂżlañéo ne date pas dâhier.
« Je lâai croisĂ© deux jours avant. Quand il mâa expliquĂ© quâil comptait âsâinvestir personnellement dans le dĂ©pistageâ, jâai compris quâil fallait Ă©courter la conversation. Puis marcher vite. Puis courir. »
La photographe de LâOuest RĂ©publicain assure avoir finalement trouvĂ© refuge dans une boulangerie, oĂč DĂżlañéo nâaurait pas osĂ© la suivre.
« Il avait peut-ĂȘtre trĂšs envie dâaider. Moi, jâavais surtout trĂšs envie quâil aide quelquâun dâautre. #metoo »
đź Une garde Ă vue pour prĂ©ciser les modalitĂ©s du dĂ©pistage
ContactĂ©es par LâOuest RĂ©publicain, les autoritĂ©s nâont Ă©videmment pas confirmĂ© notre version des faits. Câest normal : nous ne les avons pas contactĂ©es.
Ă lâheure oĂč nous publions ces lignes, DĂżlañéo serait nĂ©anmoins toujours occupĂ© Ă expliquer avec prĂ©cision ce quâil entendait par « apporter sa contribution au dĂ©pistage ».
Une audition qui pourrait durer quelque temps.
Le vocabulaire médical comporte en effet de nombreux faux amis.

DâaprĂšs une source absolument pas proche du dossier, les enquĂȘteurs chercheraient notamment Ă dĂ©terminer pourquoi lâintĂ©ressĂ© avait cru nĂ©cessaire dâajouter :
« Je peux commencer par le quartier, si ça peut aider. »
Une phrase que son avocat aurait immĂ©diatement classĂ©e dans la catĂ©gorie des choses quâil aurait prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©couvrir aprĂšs le jugement.
đ§âđ DjĂ€ysonne se dĂ©solidarise immĂ©diatement
Au sein de la rĂ©daction de LâOuest RĂ©publicain, lâaffaire a Ă©videmment provoquĂ© une certaine Ă©motion. Principalement chez DjĂ€ysonne.
Notre stagiaire assure ne rien savoir des activités de son grand frÚre.
« Moi, jâavais juste dit quâOctobre rose, câĂ©tait pour sensibiliser au dĂ©pistage du cancer du sein », aurait-il expliquĂ© avant de retourner trĂšs rapidement faire quelque chose dâurgent Ă lâautre bout du bureau.
La rĂ©daction tient donc Ă prĂ©ciser que DjĂ€ysonne nâa participĂ© ni Ă lâorganisation de lâopĂ©ration, ni Ă son financement, ni Ă la dĂ©finition particuliĂšrement extensive du mot « sensibilisation » retenue par son frĂšre.
Il aurait tout au plus conseillé à Dÿlañéo de « faire un truc utile, pour une fois ».
Conseil dont il mesure désormais les conséquences.
đ Les associations rappellent quâon peut aider autrement
Cette affaire permet au moins de rappeler une chose essentielle : participer à Octobre rose ne suppose absolument pas de créer sa propre unité mobile de dépistage.
On peut soutenir les actions de prĂ©vention, participer Ă des Ă©vĂ©nements, relayer les campagnes dâinformation ou effectuer un don.
On peut également encourager ses proches à consulter les professionnels compétents.
Sandra, fondatrice d’AthĂ©a, nous propose mĂȘme ce bingo, pour ceux qui manqueraient de bonnes idĂ©es. Sa rĂ©flexion va, comme Ă son habitude, plus loin que l’Ă©vĂšnement puisqu’elle titre : Octobre rose : ne se limite pas au cancer du sein.
Toutes ces options présentent un avantage considérable : elles réduisent fortement le risque de terminer la journée au commissariat.

DĂżlañéo devrait pouvoir en discuter prochainement avec quelquâun disposant dâun diplĂŽme en droit.
đ La rĂ©daction cherche dĂ©sormais un remplaçant
La principale consĂ©quence pour LâOuest RĂ©publicain reste toutefois organisationnelle.
Dÿlañéo devait initialement aider son petit frÚre ce week-end. La rédaction recherche donc provisoirement une personne majeure, disponible, véhiculée et capable de comprendre une campagne de santé publique sans transformer chaque slogan en initiative personnelle.
Une compĂ©tence qui, jusquâĂ vendredi matin, nous semblait aller de soi.
Nous avons également décidé de retirer du bureau plusieurs affiches comportant les expressions « mobilisation générale », « opération coup de poing » et « tous concernés ». Par mesure de précaution.
Quant Ă DjĂ€ysonne, il sâest engagĂ© Ă ne plus jamais transmettre de documentation de santĂ© publique Ă son frĂšre sans la prĂ©sence dâun adulte responsable.
Nous ignorons encore qui pourra remplir cette fonction.
Dÿlañéo, de son cÎté, aurait simplement déclaré au moment de son placement en garde à vue :
« Franchement, pour une fois que je voulais rendre service. »
La prévention a parfois ses limites.

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đ Octobre rose : DĂżlañéo en garde Ă vue aprĂšs avoir proposĂ© ses services pour un dĂ©pistage massif
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