Mulhouse (68 Haut-Rhin du Bas) – Depuis le 14 aoĂ»t, la circulation des trottinettes Ă©lectriques, monoroues, gyropodes, hoverboards et vĂ©los Ă assistance Ă©lectrique est interdite sur lâensemble du plateau piĂ©ton, tous les jours de 11 h Ă 20 h. Face Ă cette expĂ©rience grandeur nature, le Pont de la Fonderie a immĂ©diatement proposĂ© dâĂ©tendre le concept aux camionnettes. Dans le Haut-Doubs, le Pont des Rosiers observe attentivement.
Il fallait simplement y penser.
Ă Mulhouse, la Ville constate que certains utilisateurs dâengins de dĂ©placement personnels motorisĂ©s circulent trop vite, slaloment entre les piĂ©tons ou montent Ă plusieurs sur leur engin. Pour sĂ©curiser le plateau piĂ©ton, elle a donc dĂ©cidĂ© que, de 11 h Ă 20 h, plus aucun EDPM ni vĂ©lo Ă©lectrique ne circulerait dessus.
MĂȘme celui conduit correctement. MĂȘme celui qui roule Ă trois kilomĂštres-heure. MĂȘme GĂ©rard, 74 ans, qui vient chercher son pain sur son VAE sans avoir slalomĂ© entre deux poussettes depuis 1968.
La rÚgle est désormais simple : pied à terre et on pousse.
Ă quelques rues de lĂ , un ouvrage dâart cĂ©lĂšbre de Mulhouse sâest manifestement dit que le raisonnement mĂ©ritait dâĂȘtre Ă©tudiĂ©.
đ° Dans cet article
đ Le Pont de la Fonderie propose la camionnette Ă pied
La page satirique Le Pont de la Fonderie â Mulhouse, consacrĂ©e aux vĂ©hicules qui dĂ©couvrent rĂ©guliĂšrement quâun pont limitĂ© Ă 2,70 mĂštres reste limitĂ© Ă 2,70 mĂštres mĂȘme lorsquâon est pressĂ©, a donc publiĂ© son propre « nouvel arrĂȘtĂ© municipal ».
Toutes les camionnettes à moteur seraient désormais interdites sous le pont. Y compris celles de moins de 2,70 mÚtres.
Le raisonnement proposé est limpide : celles de plus de 2,70 mÚtres ne passent pas, donc, dans le doute, aucune ne passe.
Et les conducteurs sont invitĂ©s Ă sâarrĂȘter avant le pont, couper le moteur et pousser leur camionnette Ă pied.
Ăvidemment, cet arrĂȘtĂ© nâexiste pas. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cela quâil est rĂ©ussi.
Le Pont de la Fonderie ne se moque pas vraiment de la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger les piĂ©tons mulhousiens. Il pousse simplement le dispositif jusquâĂ son aboutissement logique : lorsquâune partie des utilisateurs dâune catĂ©gorie dâengins se comporte comme des jambons, la solution la plus efficace consiste effectivement Ă empĂȘcher toute la catĂ©gorie de rouler.
- Plus de vitesse excessive.
- Plus de slalom.
- Plus de camionnette encastrée.
- Il suffit de tout pousser.
đŽ Le problĂšme existe vraiment, la rĂ©ponse aussi
Parce quâavant de dĂ©clencher un conseil municipal extraordinaire au Comptoir, prĂ©cisons quand mĂȘme pourquoi Mulhouse en est arrivĂ©e lĂ .
La Ville explique constater une hausse des comportements dangereux sur son aire piĂ©tonne : vitesse, slaloms et utilisation des engins Ă plusieurs, au dĂ©triment de la sĂ©curitĂ© des piĂ©tons. Le nouvel arrĂȘtĂ© Ă©tend une rĂ©glementation qui ne concernait auparavant que certaines rues, les mercredis et samedis de 14 h Ă 20 h.
DĂ©sormais, sur lâensemble du plateau piĂ©ton, les EDPM et les vĂ©los Ă assistance Ă©lectrique doivent ĂȘtre poussĂ©s entre 11 h et 20 h. Les vĂ©hicules de secours et de service public ne sont Ă©videmment pas concernĂ©s.
Les vélos sans assistance électrique, eux, peuvent continuer à circuler, à condition de rouler au pas.
Une pĂ©riode de sensibilisation est prĂ©vue jusquâĂ la rentrĂ©e. Ensuite, les contrevenants pourront Ă©coper dâune amende pouvant atteindre 150 euros.
Donc oui : il y avait un problĂšme.
Mais lâimmense avantage du raisonnement par lâabsurde est quâil permet de vĂ©rifier jusquâoĂč un principe reste convaincant lorsquâon change simplement le vĂ©hicule.
Ce qui nous conduit naturellement Ă La Cluse-et-Mijoux.
đ Le Haut-Doubs prend des notes pour le Pont des Rosiers
Dans le Haut-Doubs, lâexpĂ©rience mulhousienne est suivie avec le plus grand intĂ©rĂȘt.
Car nous possĂ©dons nous aussi un laboratoire de recherche sur lâincapacitĂ© humaine Ă lire un panneau : le Pont des Rosiers.
- Hauteur maximale : 3,90 mĂštres.
- Concept : si votre camion mesure plus de 3,90 mĂštres, il ne passe pas.
- RĂ©sultat obtenu au printemps et Ă lâĂ©tĂ© (quelque soit l’annĂ©e) : spectaculaire.
Lors des travaux sur la RN57, une déviation spécifique est réguliÚrement mise en place pour les poids lourds trop hauts, avec passage par Frasne. Sur le trajet entre Pontarlier et la Suisse, pas moins de huit panneaux avertissaient alors les chauffeurs concernés.
Cela nâa pas totalement suffi.
En dix jours, TF1 recensait une trentaine de camions bloquĂ©s. Fin juillet 2024, le compteur atteignait 109 poids lourds coincĂ©s en 79 jours, au point que le centiĂšme avait Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© par un feu dâartifice.

On ne pourra donc pas dire que le Haut-Doubs manque de données expérimentales.
đŠ Panneaux, portails lumineux : lâexpĂ©rience se poursuit
Pour la nouvelle phase de travaux de 2026, les collectivitĂ©s avaient dâailleurs tirĂ© les enseignements de 2024.
Le sens de la déviation a été modifié, la signalisation renforcée et, pour mieux gérer les camions de plus de 3,90 mÚtres au Pont des Rosiers, deux portails ont été installés, dont un lumineux.
Autrement dit, nous en sommes arrivĂ©s Ă un stade oĂč un conducteur doit rĂ©ussir Ă ne pas voir les panneaux, ne pas comprendre lâitinĂ©raire, ignorer le gabarit de son vĂ©hicule et franchir un portail lumineux avant de pouvoir participer au concours.
LâĂȘtre humain reste une ressource renouvelable.
LâEst RĂ©publicain, nos cousins sĂ©rieux, rapportait dâailleurs quâau moment de prĂ©parer le chantier 2026, certains chauffeurs avaient dĂ©jĂ dĂ©veloppĂ© des techniques alternatives particuliĂšrement inventives : sâarrĂȘter pour jauger si ça passe, ou mĂȘme dĂ©gonfler des pneus pour grappiller les quelques centimĂštres manquants.
Face Ă un tel niveau dâengagement, le dispositif mulhousien mĂ©rite forcĂ©ment une Ă©tude approfondie.
đ§Ș Vers le premier poids lourd Ă pousser des Rosiers ?
La proposition est donc sur la table.
Si lâexpĂ©rience mulhousienne se rĂ©vĂšle concluante, le Haut-Doubs pourrait adapter le protocole au Pont des Rosiers.
PlutÎt que de distinguer péniblement les camions de moins de 3,90 mÚtres de ceux de plus de 3,90 mÚtres, interdisons tous les poids lourds.
Ceux qui passent aussi.
Les chauffeurs pourront couper le moteur au Carrefour du Coude, descendre de cabine et pousser leur semi-remorque jusquâĂ Oye-et-Pallet.
Avantage : plus aucun risque dâencastrement.
Inconvénient : un léger impact sur les délais de livraison en Suisse.
Nous ne prĂ©tendons Ă©videmment pas que les deux situations sont identiques. Un plateau piĂ©ton frĂ©quentĂ© et un pont ferroviaire nâont pas tout Ă fait les mĂȘmes enjeux, et une collectivitĂ© doit bien finir par agir lorsque certains comportements mettent les autres usagers en danger.

Mais la page du Pont de la Fonderie vient dâinventer un outil dâĂ©valuation des politiques publiques auquel nous croyons beaucoup : prendre le raisonnement, changer le vĂ©hicule et regarder Ă quel moment ça devient drĂŽle.
à Mulhouse, on pousse désormais la trottinette.
Dans le Haut-Doubs, nous attendrons encore un peu avant de pousser le semi-remorque.
Mais nous suivons lâexpĂ©rimentation. Avec beaucoup dâattention. Et un compresseur pour regonfler les pneus.

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đPont des Rosiers : le Pont de la Fonderie (Mulhouse) teste la mĂ©thode sur les camionnettes
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