🚗Encore un coup de la tirette : les frontaliers craquent, l’État tergiverse

Le "Choose France" est le mantra actuel, mais la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron a perturbé les vacances des parlementaires. Les destinations des élus varient : Jean-Christophe Cambadelis part en Afrique, David Douillet souti

Doubs (la commune, pas le dĂ©partement) – Chaque matin, Jojo, frontalier canal historique, quitte son pavillon de Doubs (la commune, pas le dĂ©partement) au volant de son Audi RS6 pour pointer Ă  l’heure chez Rolex Ă  Bienne. En se plaignant de l’absence de tirette.

Sur le papier, une belle vie. Dans les faits : l’enfer.

Non pas Ă  cause de la neige, des contrĂŽles douaniers ou de la buĂ©e sur les lunettes de soleil Ă  6h15, non. À cause d’un vide juridique sournois, cruel, absurde, et qui transforme le quotidien des frontaliers en rodĂ©o urbain : l’absence de la rĂšgle de la tirette dans le Code de la route français.

Jojo le dit sans détour :

« On n’en peut plus. Tu arrives Ă  un rĂ©trĂ©cissement, tu veux faire la tirette comme en Suisse, tu te fais klaxonner, insulter, bloquer. Et derriĂšre ça bouchonne sur 6 km. C’est tous les jours pareil. Et pas Ă  cause d’un hĂ©risson qui traverse imprudemment la chaussĂ©e. »

Jojo, que l’on cherche toujours Ă  l’heure d’Ă©crire ses lignes, pour obtenir un tĂ©moignage plus prĂ©cis.

đŸ•”ïž En Suisse, c’est la loi. En Belgique aussi. En France ? NĂ©ant.

La rĂšgle de la tirette – ou fermeture Ă©clair pour les plus coquets ; ou zip pour les posts sur LinkedIn – consiste Ă  s’insĂ©rer alternativement dans une seule file lorsqu’une voie est supprimĂ©e. C’est simple, efficace, presque Ă©lĂ©gant.

En Suisse, c’est obligatoire : un conducteur qui ne laisse pas passer son alter ego peut Ă©coper de CHF 100 d’amende. En Belgique, depuis 2014, c’est pareil, version 58 € cash. Les gendarmes sont formĂ©s, les panneaux sont explicites, les conducteurs respectent.

Et en France ? On vous laisse deviner. Pas de loi. Pas de panneau. Pas de pĂ©dagogie. Une tolĂ©rance variable selon les CRS, et surtout un folklore autoroutier digne des grandes migrations de sangliers : celui qui s’insĂšre est un sauvage, celui qui laisse passer est un traĂźtre, et celui qui bloque tout est persuadĂ© de dĂ©fendre la patrie.

đŸŠșQuand deux conceptions du monde se tĂ©lescopent Ă  Jougne

C’est bien lĂ  tout le problĂšme : les frontaliers qui roulent tous les jours cĂŽtĂ© suisse ont intĂ©grĂ© cette rĂšgle comme un geste civilisĂ©. Ceux qui restent cĂŽtĂ© français n’ont jamais entendu parler de ça, ou alors vaguement, entre deux Ă©pisodes de Turbo.

D’oĂč des scĂšnes de western Ă  chaque rĂ©trĂ©cissement sur les routes du Haut-Doubs :
– AccĂ©lĂ©rations violentes pour “passer avant l’autre”
– Clignotants ignorĂ©s
– Klaxons, noms d’oiseaux, et parfois sortie de vĂ©hicule façon gilet jaune vĂ©nĂšre.

Et tout cela, chaque matin et chaque soir, sur les axes Jougne–Vallorbe, Pontarlier–Lausanne, Morteau–Le Locle
 Bref : partout oĂč les voies se croisent, le bon sens, lui, s’évapore.

🧱GĂ©rard Poncet (MHDGA) monte au crĂ©neau

InterrogĂ© sur ce drame routier qui gangrĂšne les Doubiens de l’Est, GĂ©rard Poncet, candidat dĂ©clarĂ© du Mouvement du Haut-Doubs – Gens Authentiques, ne mĂąche pas ses mots :

« La tirette, c’est pas de la politique, c’est de la logique. Quand tu coupes une saucisse en deux, tu fais gauche-droite-gauche-droite. Pas gauche-gauche-gauche et tu pleures parce que t’as pas de moutarde. »

Concrùtement, le MHDGA s’engage à :

  • RĂ©activer la ligne ferroviaire Pontarlier–Lausanne, « histoire que ceux qui veulent pas faire la tirette puissent au moins faire le rail ».
  • Faire du lobbying de chaque instant auprĂšs des dĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs pour l’intĂ©gration de la rĂšgle de la tirette dans le droit français ;
  • Faire construire une douane Ă  2×5 voies Ă  Jougne, « pour arrĂȘter de faire du slalom entre deux potelets en plastique » ;
L’absence de la rùgle de la tirette dans le Code de la route français : vide juridique sournois, cruel, absurde qui gñche le quotidien des frontaliers
La tirette reste absente du Code de la route, mais bien présente dans les nerfs des frontaliers coincés au quotidien.

Jojo, lui, devrait sortir sa plus belle plume pour Ă©crire Ă  son dĂ©putĂ©. L’Ouest RĂ©publicain vous propose de faire de mĂȘme. Voici le modĂšle Ă  recopier, imprimer et envoyer entre deux dos-d’ñne :


đŸ›ïžModĂšle de courrier Ă  adresser Ă  votre dĂ©putĂ© ou sĂ©nateur

Objet : Demande d’intĂ©gration officielle de la rĂšgle de la tirette dans le Code de la route

[Monsieur le Député / Madame la Sénatrice],

Je vous Ă©cris en tant qu’usager quotidien de la route sur un axe transfrontalier franco-suisse [nommer l’axe, la localitĂ© de dĂ©part et celle d’arrivĂ©e]. Depuis plusieurs annĂ©es, je constate – comme des milliers d’autres automobilistes frontaliers – les tensions croissantes et les comportements dangereux causĂ©s par l’absence de reconnaissance officielle de la rĂšgle dite de la “tirette” dans notre droit national.

Alors que cette rĂšgle est parfaitement intĂ©grĂ©e et obligatoire en Suisse (sanction de CHF 100) et en Belgique (amende de 58 €), elle demeure en France dans un vide juridique total. Ce flou provoque, chaque jour, des incomprĂ©hensions entre conducteurs, des altercations verbales, des situations Ă  risque, et des bouchons qui pourraient ĂȘtre Ă©vitĂ©s.

Je vous demande donc de porter au Parlement une proposition de loi simple et pragmatique pour :

  1. Intégrer la rÚgle de la tirette au Code de la route français ;
  2. L’accompagner d’une campagne de sensibilisation nationale ;
  3. Prévoir une sanction adaptée en cas de non-respect.

Il ne s’agit pas d’une coquetterie de frontalier, mais d’une mesure de sĂ©curitĂ©, de fluiditĂ© et de bon sens.

Nous sommes nombreux à attendre enfin une avancée concrÚte de la part de nos représentants.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez Ă  cette requĂȘte, et vous prie d’agrĂ©er, Madame / Monsieur, l’expression de mes salutations distinguĂ©es.

[Nom, prénom]
[Adresse complĂšte]
[Commune]
[Courriel – facultatif]


Jojo, Gérard Poncet et toute la rédaction attendent vos retours. Si vous aussi, vous avez failli vous battre avec un conducteur de 3008 qui refuse de zipper, écrivez-nous via le formulaire. On relaiera.

📬Et si vous ĂȘtes dĂ©putĂ© ou sĂ©nateur, rĂ©pondez au courrier : y’a du monde en gilet sans manches qui vous regarde.

Vous ĂȘtes parlementaire, vous souhaitez vous emparer du sujet pour insĂ©rer furtivement un “amendement tirette” dans une loi agricole, militaire, Ă©ducative (n’importe quel thĂšme, exceptĂ© la sĂ©curitĂ© routiĂšre) ? Faites le nous savoir.

📬CoordonnĂ©es des parlementaires des territoires frontaliers

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

🔗 D’autres rebondissements, rĂ©vĂ©lations ou photos floues Ă  propos de ce sujet vous attendent sur nos rĂ©seaux :

🔗 Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous ĂȘtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-mĂȘme, mais on vous suggĂšre fortement de jeter un Ɠil Ă  notre glossaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *