Le dĂ©putĂ© voisin du Territoire de Belfort-du-Bas Ian Boucard va prĂ©sider une commission dâenquĂȘte sur les aides sociales, leur coĂ»t rĂ©el et les effets de leur cumul sur le retour au travail. Delphine Hans-Public approuve pleinement la dĂ©marche. Ă une condition : que le rapport final propose des mesures applicables, et non la crĂ©ation dâun comitĂ© chargĂ© de rĂ©flĂ©chir Ă la crĂ©ation dâun autre comitĂ©.
đ° Dans cet article
đ Commission dâenquĂȘte sur les aides sociales : commencer par compter
Pour savoir si le cumul de certaines aides peut conduire, dans certaines situations, Ă gagner davantage quâune personne rĂ©munĂ©rĂ©e au Smic, encore faut-il commencer par connaĂźtre prĂ©cisĂ©ment les dispositifs concernĂ©s.
Câest tout lâobjet de la proposition de rĂ©solution dĂ©posĂ©e le 18 juin 2026 par Ian Boucard et plusieurs dĂ©putĂ©s du groupe Droite RĂ©publicaine. Le texte prĂ©voit la crĂ©ation dâune commission dâenquĂȘte sur les aides sociales, leur coĂ»t rĂ©el et les Ă©ventuels effets de dĂ©sincitation au travail engendrĂ©s par leur cumul. Le groupe a ensuite utilisĂ© son droit de tirage et la commission des affaires sociales a constatĂ©, le 7 juillet, que les conditions juridiques permettant la crĂ©ation de cette commission Ă©taient rĂ©unies.
Les travaux devraient dĂ©buter Ă la rentrĂ©e de septembre, sous la prĂ©sidence du dĂ©putĂ© de la premiĂšre circonscription du Territoire de Belfort â appelĂ©e Territoire de Belfort-du-Bas dĂšs que lâon dĂ©passe Pontarlier â avec des conclusions attendues avant la fin de lâannĂ©e.
Lâobjectif annoncĂ© est notamment de recenser les aides nationales, rĂ©gionales, dĂ©partementales et communales. Autrement dit, de dresser une carte lisible dâun systĂšme dans lequel mĂȘme les personnes chargĂ©es de distribuer les prestations ne sont pas toujours certaines de connaĂźtre toutes celles proposĂ©es par le bureau voisin.
đ Delphine Hans-Public valide le principe
Ă Bercy 2027, le soutien nâa pas tardĂ©.
Delphine Hans-Public, candidate autoproclamĂ©e Ă tout poste permettant de disposer dâune voiture avec chauffeur et dâun accĂšs permanent Ă Excel, a saluĂ© une initiative « nĂ©cessaire, sĂ©rieuse et potentiellement utile ».
Potentiellement.
Car contrairement Ă ce que pourraient penser les observateurs les plus mĂ©fiants, Delphine Hans-Public nâest pas opposĂ©e aux commissions dâenquĂȘte. Bien conduites, elles permettent de rassembler des donnĂ©es, de confronter les administrations Ă leurs contradictions et dâobliger quelques responsables Ă rĂ©pondre autrement que par un graphique illisible projetĂ© sur un Ă©cran.
« Une commission dâenquĂȘte sur les aides sociales – comme pour tout autre sujet – peut ĂȘtre utile, Ă condition que ses conclusions tiennent dans des mesures applicables et pas dans la crĂ©ation de trois comitĂ©s chargĂ©s dâĂ©tudier comment les appliquer », a rĂ©sumĂ© la candidate.

Une position dâune remarquable brutalitĂ© dans un pays oĂč le mot « opĂ©rationnel » est gĂ©nĂ©ralement rĂ©servĂ© aux discours prĂ©cĂ©dant une nouvelle phase de concertation.
đ Le vĂ©ritable danger commence aprĂšs le rapport
Le problĂšme nâest donc pas la commission.
Le problĂšme commence lorsquâelle a terminĂ© son travail.
Dans le scĂ©nario français traditionnel, le rapport est prĂ©sentĂ© devant les camĂ©ras. Il compte 612 pages, pĂšse prĂšs de deux kilos et contient 74 recommandations. Tout le monde salue la qualitĂ© des auditions. Plusieurs ministres annoncent que le document constituera « une base de travail extrĂȘmement prĂ©cieuse ».
Puis la recommandation numĂ©ro un propose la crĂ©ation dâun comitĂ© interministĂ©riel de suivi.
Ce comitĂ© est chargĂ© dâinstaller un groupe de travail rĂ©unissant lâĂtat, les collectivitĂ©s territoriales, les caisses, les associations, les partenaires sociaux et un expert indĂ©pendant choisi aprĂšs appel dâoffres.
Le groupe de travail doit ensuite élaborer une feuille de route destinée à préparer une expérimentation dans trois départements volontaires, dont aucun ne souhaite finalement participer.
Dix-huit mois plus tard, un observatoire est créé pour comprendre pourquoi rien nâa encore Ă©tĂ© appliquĂ©.
La France nâa pas enterrĂ© le rapport. Elle lâa entourĂ© de suffisamment de structures administratives pour quâil ne puisse plus respirer.
đ§ Une mesure, un responsable et une date
Pour obtenir le soutien définitif de Delphine Hans-Public, les conclusions de la commission Boucard devront donc répondre à quelques questions simples.
Quelle rĂšgle doit ĂȘtre modifiĂ©e ? Qui est chargĂ© de la modifier ? Combien cela coĂ»tera-t-il ? Quand la mesure entrera-t-elle en vigueur ? Comment vĂ©rifiera-t-on quâelle fonctionne ?
Une recommandation opérationnelle ne devrait pas tenir en cinquante pages.
Elle devrait pouvoir prĂ©ciser quâun seuil doit ĂȘtre corrigĂ©, quâune aide doit ĂȘtre harmonisĂ©e, quâun Ă©change de donnĂ©es doit ĂȘtre simplifiĂ© ou quâun mĂ©canisme doit empĂȘcher une perte brutale de revenu lors de la reprise dâun emploi.
Avec un calendrier.
Avec un responsable.
Et, dĂ©tail rĂ©volutionnaire, avec lâobligation de rendre des comptes lorsquâaucune mesure nâa Ă©tĂ© prise.
« Pour vĂ©rifier si le systĂšme fonctionne mal, nous nâavons pas besoin dâajouter un Ă©tage au systĂšme », insiste Delphine Hans-Public, qui refuse nĂ©anmoins de prĂ©ciser si cette idĂ©e lui est venue avant ou aprĂšs la suppression envisagĂ©e de son propre Haut-Commissariat Ă la simplification des Hauts-Commissariats.
đ§ź Ne pas choisir le rĂ©sultat avant lâenquĂȘte
La commission devra également éviter un autre piÚge : commencer ses travaux avec une conclusion déjà rédigée.
Lâexistence de situations dans lesquelles une reprise dâactivitĂ© produit peu de revenu supplĂ©mentaire mĂ©rite dâĂȘtre mesurĂ©e. Mais cela suppose de comparer des foyers rĂ©ellement comparables, en tenant compte du logement, des enfants, de la fiscalitĂ©, des frais de transport, des aides locales et des effets de seuil.
Il ne suffira donc pas de trouver un exemple spectaculaire, de lâimprimer en caractĂšres gras et dâen dĂ©duire que huit millions de Français passent leurs journĂ©es Ă arbitrer entre un CDI et une allocation.
Une commission dâenquĂȘte sert Ă Ă©tablir les faits.
Elle pourra découvrir que certains mécanismes désincitent effectivement à reprendre un emploi. Elle pourra aussi constater que des idées répétées depuis vingt ans ne résistent pas toujours aux calculs. Dans les deux cas, son utilité dépendra de sa capacité à publier une méthode compréhensible et des données vérifiables.
Pour Delphine Hans-Public, la ligne reste claire : « On enquĂȘte dâabord. On trolle avec les rĂ©sultats ensuite. »
đïž Une commission pour dĂ©cider, pas pour patienter
Ian Boucard dispose donc dâun soutien solide venu du Haut-Doubs, mĂȘme si personne nâĂ©tait officiellement chargĂ© de lui en fournir un.
La commission dâenquĂȘte peut accomplir un travail utile en mettant Ă plat un ensemble de dispositifs devenu difficilement lisible. Elle peut documenter les effets de seuil, comparer les situations et proposer des corrections concrĂštes.
Mais son rapport ne devra pas devenir un simple support de communication, rangĂ© entre une stratĂ©gie nationale, un livre blanc et les actes dâun colloque organisĂ© Ă 8 h 30 un vendredi matin.
Delphine Hans-Public résume ainsi sa position :
« Une commission pour dĂ©cider, oui. Une commission pour crĂ©er dâautres commissions, non. »
La candidate Ă Bercy 2027 attendra donc la fin des travaux avant de distribuer les bons points.
Elle a toutefois déjà commandé un tampon portant la mention « opérationnel ».
En France, mieux vaut toujours prĂ©parer les dĂ©marches administratives Ă lâavance.

Retrouvez
đCommission dâenquĂȘte sur les aides sociales : Delphine Hans-Public soutient Ian Boucard, sous conditions
sur nos réseaux
đ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de LâOuest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.
đ Dâautres rebondissements, rĂ©vĂ©lations ou photos floues Ă propos de ce sujet vous attendent sur nos rĂ©seaux :
đ Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous ĂȘtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-mĂȘme, mais on vous suggĂšre fortement de jeter un Ćil Ă notre glossaire.
