À l’occasion du 14 Juillet, le Bleuet de France appelle les Français à porter la fleur de la mémoire et à soutenir celles et ceux qui ont servi le pays. Dans le Haut-Doubs, personne ne remet en cause le symbole. Mais certains demandent déjà sa « déclinaison territoriale » sous la forme d’une gentiane jaune, jugée plus représentative des réalités locales.
📰 Dans cet article
🟦 Bleuet de France : une fleur de mémoire et de solidarité
Avant toute tentative d’adaptation comtoise, un rappel s’impose. Le Bleuet de France n’est ni une décoration folklorique ni un simple accessoire destiné aux boutonnières officielles.
Né en 1925 dans les hôpitaux militaires, il trouve son origine dans l’initiative de deux infirmières, Suzanne Lenhardt et Charlotte Malleterre. Elles avaient encouragé des soldats blessés pendant la Première Guerre mondiale à confectionner des bleuets en tissu afin de leur procurer une activité et une source de revenus.
Plus d’un siècle après sa création, le symbole accompagne toujours les militaires blessés, les victimes du terrorisme, les pupilles de la Nation ainsi que les familles endeuillées. Le Bleuet de France indique soutenir chaque année plus de 25 000 bénéficiaires grâce aux dons et aux collectes.
La fleur se porte traditionnellement du côté gauche, sur le cœur, notamment les 8 mai, 14 juillet et 11 novembre. Pour la Fête nationale 2026, la période officielle de collecte s’étend du samedi 11 au mardi 14 juillet.
Jusque-là, le Haut-Doubs ne formule aucune objection.
🌼 Une déclinaison qui prend mieux au-dessus de 800 mètres
C’est seulement au moment de choisir la fleur que les premières réserves apparaissent.
Dans une motion que personne n’avait demandée, le Mouvement du Haut-Doubs – Gens Authentiques propose ainsi de conserver officiellement le Bleuet de France tout en autorisant sa traduction locale : la gentiane jaune.
« Nous respectons profondément le bleuet et tout ce qu’il représente », assure Gérard Poncet, leader du MHDGA, avant d’ajouter immédiatement un « mais » suffisamment long pour inquiéter l’ensemble des associations patriotiques.
« Mais il faut reconnaître qu’ici, quand on parle de fleur emblématique, les gens pensent plus facilement à la gentiane. Le bleuet, c’est très bien dans les champs. Nous, on a surtout des pâturages, des clôtures électriques et des endroits où le téléphone ne passe pas. »
La gentiane jaune est effectivement caractéristique des milieux montagnards du massif jurassien. Sa présence accompagne notamment les paysages d’altitude du Haut-Jura et ses racines peuvent être macérées puis distillées pour produire un alcool réputé.
Un argument botanique immédiatement considéré comme décisif par le MHDGA.
🏔 Une fleur jugée plus proche des réalités du territoire
Pour ses défenseurs, la gentiane présenterait toutes les qualités nécessaires à l’obtention d’un agrément républicain.
Elle pousse en altitude, s’enracine profondément, résiste à des conditions difficiles et possède une certaine amertume. Quatre caractéristiques que plusieurs élus locaux estiment déjà retrouver dans leurs relations avec Paris.
« Le bleuet représente la mémoire et la solidarité nationale. La gentiane pourrait représenter la même chose, mais avec une veste polaire », précise Gérard Poncet.
Le projet ne prévoit donc pas de remplacer le symbole national, mais de lui adjoindre un signe distinctif destiné aux cérémonies organisées dans le Haut-Doubs. Le bleuet serait porté près du cœur, tandis que la gentiane pourrait être installée légèrement plus bas, dans une poche suffisamment solide.
Les personnes participant à un dépôt de gerbe pourraient également choisir la formule dite « grande cérémonie », comprenant une fleur entière tenue verticalement par deux conseillers municipaux.

Les organisateurs devront toutefois veiller à ne pas la confondre avec le vérâtre blanc, plante toxique ressemblant à la gentiane lorsque les deux espèces ne sont pas en fleurs. Ce point devrait faire l’objet d’une formation obligatoire de trois jours, avec examen pratique et dégustation finale réservée aux candidats ayant correctement identifié la plante.
🎖 Une boutonnière encore difficile à homologuer
Plusieurs difficultés techniques demeurent.
La broche officielle du Bleuet de France est discrète, immédiatement reconnaissable et facile à porter. La gentiane jaune, en revanche, correspond moins exactement aux normes habituelles de la boutonnière républicaine.
Une première maquette réalisée à taille réelle aurait provoqué l’inclinaison immédiate du maire chargé de la tester. Une version miniature est donc à l’étude, avec une racine en plastique, quatre feuilles et une petite cloche de vache facultative.
« Nous respectons profondément le bleuet et tout ce qu’il représente »
Gérard Poncet, président du MHDGA
Le ministère des Armées n’aurait pas encore été saisi. Le ministère de l’Agriculture attendrait l’avis de la filière bovine. Quant à l’Institut national de l’origine et de la qualité, il pourrait intervenir si quelqu’un tente d’ajouter du Comté autour.
Le MHDGA réclame néanmoins une expérimentation dès le 14 Juillet dans trois communes volontaires, dont les noms ne seront communiqués qu’après vérification de la disponibilité des buvettes.
🇫🇷 Le Bleuet restera le symbole national
Derrière la plaisanterie florale, aucune ambiguïté ne doit subsister : la gentiane ne remplacera pas le Bleuet de France.
Le Bleuet demeure un symbole national de mémoire, de reconnaissance et de solidarité concrète envers les personnes blessées ou endeuillées par la guerre, les opérations militaires et les actes terroristes. Le porter, participer à une collecte ou effectuer un don permet de soutenir directement les actions menées auprès de ses bénéficiaires.
Dans le Haut-Doubs comme ailleurs, il se portera donc à gauche, près du cœur.
La gentiane pourra rester à proximité, enracinée dans son pâturage, où elle remplit déjà parfaitement sa mission de représentation territoriale.
Et où elle présente nettement moins de risques pour les boutonnières.

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🇫🇷 Bleuet de France : le Haut-Doubs réclame une gentiane à la boutonnière [14 juillet]
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