🏊 Piscine-patinoire du futur : le Haut-Doubs tient peut-ĂȘtre enfin son Ă©quipement quatre saisons

Piscine-patinoire du futur : dans le Haut-Doubs, un inventeur imagine un bassin rĂ©versible pour nager l’étĂ© et patiner l’hiver.

Piscine-patinoire du futur : face aux Ă©pisodes de chaleur et Ă  l’obsession locale de rentabiliser le moindre mĂštre carrĂ© communal, un inventeur du Haut-Doubs propose un bassin rĂ©versible capable de servir de piscine l’étĂ© et de patinoire l’hiver. Une idĂ©e absurde, donc parfaitement crĂ©dible.

Dans le Haut-Doubs, on n’a jamais vraiment aimĂ© les Ă©quipements qui ne servent qu’une saison. Une salle des fĂȘtes doit aussi pouvoir accueillir une bourse aux skis, un banquet des anciens, une rĂ©union de crise sur la neige et, si possible, un loto. Alors forcĂ©ment, quand la chaleur commence Ă  taper sur les toits de tĂŽle et sur les cerveaux des commissions municipales, une question finit toujours par surgir : pourquoi construire une piscine pour trois semaines de beau temps, puis laisser dormir tout ça quand le gel revient faire la loi ?

C’est de cette interrogation profondĂ©ment haut-doubiste qu’est nĂ©e la piscine-patinoire du futur, invention revendiquĂ©e par Marcel Badoz, ancien frigoriste, bricoleur mĂ©thodique et homme capable de dessiner un plan technique sur une nappe de bistrot avec plus d’assurance qu’un cabinet d’études subventionnĂ©.

Le principe est simple, ce qui est souvent mauvais signe en matiĂšre d’urbanisme local : l’étĂ©, le bassin sert de piscine. L’hiver, le mĂȘme bassin devient une patinoire. On ne change ni l’emprise, ni le bĂątiment, ni la logique de l’ensemble. On adapte, on retourne, on rĂ©utilise. En un mot : on arrĂȘte de faire comme dans la France-Du-Bas, oĂč l’on adore multiplier les dispositifs spĂ©cialisĂ©s avant de dĂ©couvrir qu’ils coĂ»tent cher Ă  entretenir.

🧊 Piscine-patinoire du futur : un bassin unique pour les Ă©lus qui veulent tout rentabiliser

Marcel Badoz parle, lui, d’un “bassin rĂ©versible Ă  vocation territoriale saisonniĂšre”. Personne ne sait exactement ce que cela veut dire, ce qui est excellent signe pour un projet susceptible de dĂ©crocher une Ă©tude de faisabilitĂ©.

Dans sa version de base, le dispositif comprend :

  • un bassin rectangulaire Ă  fond modulable ;
  • un systĂšme de filtration convertible ;
  • une structure pĂ©riphĂ©rique compatible avec la glace ;
  • des vestiaires utilisables avec maillots comme avec patins ;
  • et une buvette capable de passer de la glace pilĂ©e au vin chaud en moins de 48 heures.

Autrement dit : un seul Ă©quipement, deux saisons, trois dĂ©libĂ©rations communautaires, et probablement neuf rĂ©unions pour savoir s’il faut Ă©crire “aire de glisse” ou “zone de baignade” sur le dossier administratif.

LĂ  oĂč le projet sĂ©duit dĂ©jĂ  plusieurs Ă©lus, c’est qu’il permettrait de prĂ©senter Ă  la population un investissement Ă  la fois moderne, Ă©cologique, intergĂ©nĂ©rationnel et vaguement innovant, ce qui reste le grand chelem de la communication locale. “Une piscine, c’est sympathique mais saisonnier. Une patinoire, c’est noble mais coĂ»teux. La piscine-patinoire du futur, elle, coche plusieurs cases dans le mĂȘme tableur”, rĂ©sume un maire du secteur, qui a demandĂ© Ă  ne pas ĂȘtre citĂ© pour Ă©viter de se retrouver prĂ©sident d’un syndicat mixte avant la fin du mois.

đŸ§Ș Mondoraoult valide, donc le projet entre officiellement dans la catĂ©gorie des idĂ©es Ă  surveiller

Comme pour toute innovation sĂ©rieuse, L’Ouest RĂ©publicain a naturellement interrogĂ© le professeur Didoubs Mondoraoult, spĂ©cialiste auto-dĂ©clarĂ© des interactions entre climat, bon sens rural et absurditĂ© institutionnelle.

AprĂšs un examen de plusieurs croquis, de deux tableaux incomprĂ©hensibles et d’un verre de Pont pris “à titre expĂ©rimental”, le professeur a rendu un avis favorable, quoique prudent. Selon lui, la piscine-patinoire du futur repose sur un principe physique incontestable : “Dans le Haut-Doubs, tout ce qui gĂšle finit par servir. Il Ă©tait temps d’appliquer cette logique aux Ă©quipements publics.”

Il estime Ă©galement que la solution prĂ©sente un intĂ©rĂȘt psychologique majeur. “L’étĂ©, les habitants ont besoin de fraĂźcheur. L’hiver, ils ont besoin de se rappeler qu’ils savent encore tenir debout sur une surface dangereuse. Le bassin rĂ©versible rĂ©pond aux deux besoins fondamentaux du territoire.”

InterrogĂ© sur les Ă©ventuelles limites techniques du systĂšme, il a rĂ©pondu que “la question n’est pas de savoir si c’est faisable, mais combien de subventions cela permet de solliciter sans rire”.

đŸ›ïž Les collectivitĂ©s du Haut-Doubs y voient dĂ©jĂ  un miracle budgĂ©taire Ă  peine dĂ©guisĂ©

Dans les intercommunalitĂ©s, l’idĂ©e commence Ă  circuler avec ce mĂ©lange d’enthousiasme et de mĂ©fiance qui caractĂ©rise les projets pouvant Ă  la fois faire une belle photo d’inauguration et dĂ©clencher trois contentieux.

Les arguments avancés sont redoutables :

  • un seul foncier mobilisĂ© ;
  • un seul bĂątiment principal ;
  • une image moderne pour la commune ;
  • une frĂ©quentation potentiellement Ă©talĂ©e sur l’annĂ©e ;
  • et surtout la possibilitĂ© de dire en conseil municipal : “ce n’est pas une dĂ©pense, c’est une mutualisation saisonniĂšre”.

Pour plusieurs élus, le véritable génie du concept est ailleurs : la piscine-patinoire du futur permettrait enfin de sortir de la guerre de tranchées locale entre les partisans de la baignade et les défenseurs de la glace. Chaque camp aurait sa saison, son moment, sa communication Facebook et son petit ruban à couper.

Certains imaginent dĂ©jĂ  une version amĂ©liorĂ©e avec soirĂ©es aquagym de juin Ă  aoĂ»t, puis initiation au patin pour les scolaires dĂšs novembre. D’autres rĂȘvent d’un complexe encore plus ambitieux, avec terrasse plein sud, gradins dĂ©montables et espace dĂ©tente oĂč l’on servirait du Pont, Ă  condition Ă©videmment de ne pas employer le vocabulaire du Sud.

❄ Dans le fond, cette invention est surtout trĂšs locale

Ce qui rend cette histoire crĂ©dible, ce n’est pas seulement son absurditĂ© apparente. C’est son enracinement profond dans la mentalitĂ© du Haut-Doubs. Ici, on a toujours aimĂ© les solutions hybrides, les usages multiples, les objets qui durent et les Ă©quipements qui ne font pas semblant d’ignorer l’hiver.

La France-Du-Bas rĂ©pond Ă  la chaleur avec des brumisateurs, des ventilateurs de mairie et des campagnes de sensibilisation. Le Haut-Doubs, lui, rĂ©pond avec une idĂ©e beaucoup plus simple : si l’on doit construire quelque chose, autant que cela serve aussi quand il neige.

La piscine-patinoire du futur n’est peut-ĂȘtre encore qu’un rĂȘve de technicien, un fantasme de DGS ou un futur casse-tĂȘte d’assurance. Mais pour une fois, l’idĂ©e a au moins un mĂ©rite : elle parle le langage local. Celui d’un territoire oĂč l’on sait qu’un Ă©tĂ© peut ĂȘtre court, qu’un hiver peut ĂȘtre long, et qu’entre les deux il y a toujours un Ă©lu prĂȘt Ă  expliquer qu’il faut “penser global, mais agir avec le gel”.

Au fond, Marcel Badoz a peut-ĂȘtre compris avant tout le monde ce que les collectivitĂ©s attendaient depuis des annĂ©es : non pas une piscine, non pas une patinoire, mais un Ă©quipement assez malin pour faire croire qu’on a anticipĂ© les saisons alors qu’on court simplement derriĂšre elles.

Paul Emique
Statut OR : RĂ©dac chef 📰

đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.

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