Chaque hiver, la grippe revient. Et chaque hiver, le systÚme de santé découvre avec une étonnante fraßcheur que janvier est⊠en janvier.
Selon plusieurs communiqués relayés ces derniers jours, les téléconsultations en pharmacie explosent. Une solution moderne, rapide, numérique, censée soulager les cabinets débordés. Dans le Haut-Doubs, on appelle surtout ça un plan A, quand la zone est un désert médical.
đ° Dans cet article
đ§ Hiver + grippe = Ă©quation connue
Ici, personne nâest surpris. Quand le thermomĂštre descend, les virus montent. Câest mathĂ©matique, presque culturel. La grippe circule entre la bise, la buĂ©e sur les lunettes et les poignĂ©es de porte du Super U de Doubs.
Les Doubistes ont développé une expertise empirique :
- si ça fait mal partout, câest la grippe,
- si ça dure plus de trois jours, câest âune bonneâ,
- si le mĂ©decin nâa plus de crĂ©neau avant fĂ©vrier, câest normal.
đ§ââïž TĂ©lĂ©consultation en pharmacie : la mĂ©decine version dĂ©brouille
La tĂ©lĂ©consultation en pharmacie, câest le concept du moment : vous entrez pour du paracĂ©tamol, vous repartez avec un avis mĂ©dical, parfois mĂȘme une ordonnance, le tout devant un Ă©cran et sous lâĆil bienveillant dâun pharmacien dĂ©jĂ dĂ©bordĂ©.
Dans le Haut-Doubs, la nouveautĂ© nâest pas tant la tĂ©lĂ©consultation que le fait dâavoir quelquâun. Peu importe quâil soit Ă 500 km (au hasard, Porte de la Chapelle Ă Paris 18Ăšme) : tant quâil vous dit que âoui, câest viralâ et ânon, les antibiotiques, ça sert Ă rienâ, le contrat est rempli.

Un pharmacien d’Houtad rĂ©sume la situation sans fioritures :
âLes gens ne viennent pas pour guĂ©rir, ils viennent pour ĂȘtre rassurĂ©s quâils ne vont pas mourir avant le week-end.â
đ La santĂ© Ă distance⊠sous conditions mĂ©tĂ©o
Sur le papier, la tĂ©lĂ©consultation fonctionne trĂšs bien. Sur le terrain, elle dĂ©pend encore dâun dĂ©tail technique : le rĂ©seau.
Dans certaines communes du plateau, la visioconfĂ©rence mĂ©dicale se transforme vite en sĂ©ance de spiritisme : le son coupe, lâimage gĂšle, le mĂ©decin disparaĂźt, puis revient avec trois secondes de retard et un air inquiet.
Résultat :
â âVous avez de la fiĂšvre ?â
â âOui.â
â âDepuis quand ?â
â connexion perdue
Ă la fin, tout le monde conclut que âdans le doute, repos et hydratationâ, ce qui correspond de toute façon au protocole local depuis 1973.
đ§Ł La salle dâattente, cette espĂšce menacĂ©e
Autre avantage de la tĂ©lĂ©consultation : Ă©viter la salle dâattente. Dans le Haut-Doubs, câest un enjeu sanitaire majeur.
La salle dâattente dâhiver est un biotope Ă part entiĂšre : quatre personnes malades, deux enfants toussants, un retraitĂ© qui raconte sa derniĂšre grippe de 1986, et une chaleur rĂ©glĂ©e soit trop haut, soit pas du tout.
La tĂ©lĂ©consultation permet donc dâĂ©viter une double contamination : celle du virus, et celle des anecdotes interminables.
đ§ MĂ©decine moderne, rĂ©flexes anciens
Malgré tout, les Doubistes restent fidÚles à leurs méthodes éprouvées :
- tisanes âmaisonâ dont on ignore lâorigine exacte,
- grog revisitĂ© âsans alcool mais avec un peu quand mĂȘmeâ,
- et repos forcé sous un plaid que personne ne lave plus par superstition.
La tĂ©lĂ©consultation ne remplace pas le mĂ©decin, elle comble lâattente. Elle sert Ă tenir, Ă patienter, Ă entendre une voix qui confirme que âoui, câest pĂ©nible, mais non, ce nâest pas graveâ.
Dans le doute, repos et hydratation.
Protocole sanitaire du Haut-Doubs depuis les années 70
đ§€ Quand le systĂšme tient grĂące Ă ceux qui restent
Ce que ces chiffres montrent surtout, câest la tension permanente du systĂšme de soins. Moins de mĂ©decins, plus de patients, et une organisation qui sâadapte comme elle peut.
Dans le Haut-Doubs, on le sait : quand un service tient encore, câest souvent grĂące aux mĂȘmes. Les pharmaciens, les infirmiers, les gĂ©nĂ©ralistes qui nâont pas fermĂ© boutique malgrĂ© les hivers, les kilomĂštres, les gardes Ă rallonge et la tentation suisse.
La tĂ©lĂ©consultation nâest pas un miracle. Câest un pansement numĂ©rique sur une rĂ©alitĂ© bien physique.
đ§ Conclusion : on fait comme on peut, et câest dĂ©jĂ beaucoup
La grippe passera, comme chaque annĂ©e. Les tĂ©lĂ©consultations redescendront, jusquâĂ la prochaine vague.
Dans le Haut-Doubs, on continuera Ă faire ce quâon sait faire le mieux : attendre, sâadapter, rĂąler un peu, et remercier quand mĂȘme ceux qui rĂ©pondent.
Parce quâen hiver, quand quelquâun vous dit simplement ârestez au chaudâ, câest dĂ©jĂ une forme de soin.

Retrouvez
đ€ Grippe et tĂ©lĂ©consultations : dans le Haut-Doubs, on attend le mĂ©decin comme le dĂ©gel
sur nos réseaux
đ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de LâOuest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă la page, et modĂ©rĂ© par GisĂšle.
đ Dâautres rebondissements, rĂ©vĂ©lations ou photos floues Ă propos de ce sujet vous attendent sur nos rĂ©seaux :
đ Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous ĂȘtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-mĂȘme, mais on vous suggĂšre fortement de jeter un Ćil Ă notre glossaire.
