đŸč Biathlon dans le Haut-Doubs : une religion locale, mais sans ayatollahs

Dans le Haut-Doubs, le biathlon n’est pas un simple sport d’hiver. C’est un repĂšre, un rythme, une respiration collective. Ici, on ne demande pas si la saison a commencĂ© : on le sait au volume sonore des salons, au nombre de notifications sur le tĂ©lĂ©phone, Ă  la maniĂšre dont on cale un rendez-vous “entre deux tirs”. Le biathlon fait partie du paysage, au mĂȘme titre que la forĂȘt, la neige et le silence qui prĂ©cĂšde un dĂ©part.

Mais une religion locale n’a de sens que si elle repose sur des valeurs. Et ces derniers jours, ce sont prĂ©cisĂ©ment ces valeurs qui ont Ă©tĂ© piĂ©tinĂ©es.

🎯 Dans le Haut-Doubs, on vibre fort
 mais pas n’importe comment

Être passionnĂ© de biathlon ici, c’est accepter l’intensitĂ©. Les victoires se cĂ©lĂšbrent comme des fĂȘtes de village, les Ă©checs se commentent longuement, parfois Ă  chaud, souvent avec mauvaise foi, mais presque toujours avec respect. On peut refaire la course, critiquer un choix de tir, s’interroger sur une stratĂ©gie. Ça fait partie du jeu.

Ce qui n’en fait pas partie, en revanche, ce sont les menaces, la haine, les attaques personnelles — et encore moins lorsqu’elles visent des enfants.

Les dĂ©rives observĂ©es rĂ©cemment sur les rĂ©seaux sociaux, dans le sillage de l’affaire impliquant Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet, ont franchi une ligne rouge. Menacer une athlĂšte est dĂ©jĂ  inacceptable. Menacer sa famille, et plus encore sa fille, relĂšve d’une violence qui n’a strictement rien Ă  voir avec le sport, encore moins avec le biathlon tel qu’il est vĂ©cu dans le Haut-Doubs.

À ce stade, il ne s’agit plus de “supportĂ©risme”. Il s’agit d’intimidation. Et dans le Haut-Doubs, on appelle ça autrement : de la lĂąchetĂ©.

« On vient pour le sport, pas pour régler des comptes. Ici, on apprend à tirer droit, pas à viser des gamins. »

Un biathlĂšte anonyme rencontrĂ© sur le stade d’Arçon

⛔ Une religion locale, pas un tribunal populaire

Oui, le biathlon est une religion locale. Mais une religion sans dogme, sans clergĂ© autoproclamĂ©, sans police de la pensĂ©e. Il n’y a pas de fatwa du pas de tir, pas de tribunal populaire du classement gĂ©nĂ©ral.

Ceux qui transforment une passion en croisade virtuelle, ceux qui se sentent investis d’un droit de juger, condamner, menacer derriĂšre un Ă©cran, ne dĂ©fendent ni le biathlon, ni ses athlĂštes. Ils l’abĂźment. Ils salissent un sport fondĂ© sur la maĂźtrise, le respect et l’humilitĂ© face Ă  l’erreur — car en biathlon, l’erreur fait partie intĂ©grante du jeu.

Dans le Haut-Doubs, on accepte qu’un tir parte Ă  cĂŽtĂ©. On n’accepte pas qu’un esprit parte en vrille.

đŸŽ™ïž Quand Lou remet les mots au bon endroit

Les dĂ©clarations rĂ©centes de Lou Jeanmonnot ont rĂ©sonnĂ© particuliĂšrement fort ici. Parce qu’elles disent tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, sans dĂ©tour ni faux-semblant.

À propos des menaces reçues par Justine Braisaz-Bouchet, Lou a parlĂ© d’« une cruautĂ© humaine qui dĂ©passe tout », rappelant que le biathlon reste un sport, pas un exutoire Ă  la haine, et que rien — absolument rien — ne peut justifier que l’on s’en prenne Ă  des familles.

Dans le Haut-Doubs, ces mots ne tombent pas dans le vide. Parce qu’ici, les biathlĂštes ne sont pas des avatars ou des pseudos sur un Ă©cran. Ce sont des figures connues, respectĂ©es, parfois croisĂ©es sur un pas de tir, un parking de stade ou une station-service par −10°C.

đŸ›ïž La FĂ©dĂ©ration rappelle le cadre, sans ambiguĂŻtĂ©

Dans ce contexte, la prise de position de la FĂ©dĂ©ration Française de Ski, le 13 dĂ©cembre, est venue poser un cadre clair, net, et nĂ©cessaire. Sans dĂ©tour ni langue de bois, la FĂ©dĂ©ration a condamnĂ© « avec la plus grande fermetĂ© toute forme de violence ou de harcĂšlement », rappelant que ces comportements n’ont leur place « ni dans le sport, ni dans la sociĂ©tĂ© ».

Dans le Haut-Doubs, le biathlon est une religion locale fondée sur le respect, pas "une cruauté humaine qui dépasse tout"
CommuniquĂ© de la FĂ©dĂ©ration Française de Ski (FFS), en association avec l’Equipe de France de Biathlon – Facebook, 13 dĂ©cembre 2025

La FFS a Ă©galement exprimĂ© son plein soutien Ă  Justine Braisaz-Bouchet et Ă  ses proches, affirmant se tenir Ă  leurs cĂŽtĂ©s « pour faire face Ă  ces actes inqualifiables ». Un message fort, qui va au-delĂ  du simple communiquĂ© de circonstance, en rĂ©affirmant un principe fondamental : aucune atteinte Ă  la probitĂ©, au respect mutuel ou Ă  la sĂ©curitĂ© psychologique du collectif ne saurait ĂȘtre tolĂ©rĂ©e.

La protection des athlĂštes, des staffs techniques et mĂ©dicaux, ainsi que la prĂ©servation d’un climat de confiance au sein des Ă©quipes de France, y sont rappelĂ©es comme une prioritĂ© absolue. Autrement dit : le sport de haut niveau n’est pas un Far West numĂ©rique, et encore moins un terrain de chasse pour frustrĂ©s anonymes.

Dans le Haut-Doubs, ce rappel n’a rien d’abstrait. Il rejoint une Ă©vidence locale : on peut ĂȘtre exigeant, passionnĂ©, engagĂ© — sans jamais perdre le sens des limites.

« Une cruauté humaine qui dépasse tout »

Lou Jeanmonnot

🧊 Au stade d’Arçon, le bon sens avant le bruit

Ce week-end encore, au stade de biathlon d’Arçon, entre deux passages et trois discussions sur “le vent qui tourne toujours au mauvais moment”, un skieur croisĂ© au bord de la piste rĂ©sumait la position locale avec une simplicitĂ© dĂ©sarmante :

« On vient pour le sport, pas pour régler des comptes. Ici, on apprend à tirer droit, pas à viser des gamins. »

Bonnet enfoncĂ© jusqu’aux sourcils, skis sous le bras, pas besoin de communiquĂ© officiel : dans le Haut-Doubs, le bon sens parle souvent mieux que les rĂ©seaux sociaux.

🧭 La position de L’Ouest RĂ©publicain

À L’Ouest RĂ©publicain, on assume de prendre position.

  • Oui, le biathlon est une religion locale.
  • Oui, on vibrera encore, on analysera, on dĂ©battra.
  • Mais non, jamais nous ne relativiserons des menaces.
  • Non, jamais nous n’accepterons que la violence soit normalisĂ©e au nom de la passion.

Le Haut-Doubs n’est pas un territoire d’ayatollahs du clavier. C’est une terre de sport, de respect et d’humanitĂ©. Et s’il faut le rappeler clairement : le biathlon n’a besoin ni de juges autoproclamĂ©s, ni de haine. Il a besoin de silence au tir, de souffle dans la montĂ©e
 et de dĂ©cence partout ailleurs.


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