L’information est réelle, officielle, documentée par un communiqué très sérieux de RMC : à partir du 26 janvier, Jérôme Rothen prendra chaque lundi soir, à l’antenne, la place de Didier Deschamps. Rothen Sélectionneur, clame la chaîne.
Symboliquement, évidemment. Radiophoniquement, surtout. Objectif affiché : dévoiler sa liste des Bleus pour la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique .
Sur le papier, l’initiative se veut ludique, pédagogique, participative. Dans les faits, elle pose une question que personne n’osait plus formuler clairement : la France avait-elle vraiment besoin d’un sélectionneur supplémentaire ?
Dans le Haut-Doubs, la réponse est tombée en moins de trois secondes.
Dans cet article
🧢 Une nation déjà surdotée en sélectionneurs
Car rappelons une donnée souvent oubliée par les médias parisiens : la France compte déjà environ 60 millions de sélectionneurs. Ils exercent bénévolement, sans contrat, sans micro, mais avec une assurance redoutable. On les trouve au comptoir, dans les commentaires Facebook, sur les parkings de Super U, et parfois même autour de la table familiale, entre le fromage et le dessert.
Chaque match de l’équipe de France déclenche mécaniquement :
- une remise en cause de la liste,
- une analyse tactique définitive,
- une certitude absolue sur ce qu’il aurait fallu faire.
Dans ce contexte, l’annonce de RMC ressemble moins à une innovation qu’à une régularisation administrative.

🎙️ Rothen sélectionneur : la démocratie appliquée au football
Le concept est pourtant bien huilé. Chaque semaine, Jérôme Rothen endosse le costume de sélectionneur, ajuste sa liste selon les performances, l’actualité, et surtout les débats à l’antenne. Une sélection mouvante, vivante, influencée par les auditeurs, les consultants et l’air du temps.
En clair : un conseil municipal du football, avec micro ouvert et opinions tranchées.
Dans le Haut-Doubs, on appelle ça une réunion de famille.
🧓 Gérard Poncet, voix de la sagesse footballistique locale
Face à cette inflation de sélectionneurs médiatiques, une voix s’est élevée, calme, posée, légèrement bougonne : celle de Gérard Poncet, 66 ans, retraité, moustache réglementaire, casquette vissée sur le crâne, et sélectionneur officieux depuis 1974.
« On va pas s’emballer non plus. Des listes, y en a déjà partout. Moi j’en fais une à chaque match, et j’ai pas besoin de RMC pour ça. »
Selon Gérard, le problème n’est pas Rothen en lui-même, mais le principe :
« Si chacun commence à être sélectionneur à la radio, on s’en sort plus. Déjà qu’on est 60 millions, si on commence à officialiser tout le monde, faut agrandir la France. »
📻 Quand Paris découvre ce que le Haut-Doubs pratique depuis toujours
Ce que RMC présente comme un rendez-vous original existe depuis longtemps dans le Haut-Doubs, sous une forme plus directe :
- pas de jingle,
- pas de consultant,
- mais une certitude totale.
Ici, on ne débat pas pour comprendre. On débat pour confirmer qu’on avait raison avant le coup d’envoi. Le sélectionneur local ne doute pas. Il sait. Et s’il se trompe, c’est uniquement parce que le sélectionneur officiel n’a pas suivi son avis.
⚠️ Un risque réel : trop de sélectionneurs, pas assez de joueurs
Gérard Poncet s’inquiète toutefois d’un effet pervers :
« À force de faire des listes partout, on va finir par sélectionner plus de sélectionneurs que de joueurs. »
Une crainte partagée dans certains bars du Haut-Doubs, où l’on redoute déjà l’apparition prochaine de :
- Rothen adjoint,
- Rothen conseiller spécial,
- Rothen chargé des listes alternatives.
« Moi je dis : qu’ils jouent, et on verra après. Comme d’habitude. »
🏟️ Une Coupe du monde qui se jouera aussi au comptoir
D’ici à la liste officielle de Didier Deschamps, annoncée fin mai, les Français auront donc eu droit à :
- celle de Deschamps,
- celle de Rothen,
- celle de chaque auditeur,
- et celle de Gérard, mise à jour en temps réel selon l’état de forme perçu à la télé.
Une chose est sûre : la Coupe du monde 2026 se jouera aux États-Unis, mais les sélections, elles, se feront partout ailleurs. Notamment dans le Haut-Doubs, où Gérard Poncet continuera, comme chaque grande compétition, à expliquer calmement ce qu’il aurait fallu faire. Et sélectionner a minima un joueur du CAP.
Et sans micro.

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⚽ Rothen sélectionneur s’enflamme, Gérard Poncet le calme : il y a déjà assez de 60 millions de sélectionneurs dans le pays
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