Dans le Haut-Doubs, on nâattend pas janvier pour savoir quâil fait froid. On le sait dĂ©jĂ en novembre, parfois en octobre, et certains disent mĂȘme quâils le sentent dĂšs le 15 aoĂ»t, quand le vent tourne mal au-dessus des sapins. Mais la galette comtoise, elle, ne trompe jamais. Quand elle revient sur les tables, câest que lâhiver est officiellement lĂ , bien lĂ , avec ses -15°, ses routes douteuses et ses cuisines transformĂ©es en refuges thermiques.
La galette comtoise, ce nâest pas juste un dessert. Câest un acte de rĂ©sistance douce. Une maniĂšre de dire au froid : âdâaccord, tu peux geler les boĂźtes aux lettres, mais tu nâauras pas le dernier mot.â Pendant que certains dĂ©battent encore pour savoir sâil faut parler de âfin dâannĂ©eâ ou de âpĂ©riode hivernale Ă©largieâ, ici on tranche : on mange une galette comtoise, et aprĂšs on en reparle.
En photo de couverture, la galette comtoise de la Rédaction, confection et photo : Carine Terre-Vioux @ctv
 Dans cet article
âïž RĂ©confort thermique homologuĂ© Haut-Doubs
Il y a des plats pour lâĂ©tĂ©, et puis il y a ceux quâon ne sort que quand la neige tient au sol. La galette comtoise fait partie de cette seconde catĂ©gorie. Elle se mange quand :
- la voiture refuse de démarrer sans négociation préalable,
- le hérisson du coin traverse la route avec un bonnet imaginaire,
- et que quelquâun, quelque part, a dit âça va encore descendre cette nuitâ.
Moelleuse, chaude, parfumĂ©e Ă la fleur dâoranger, elle nâa pas besoin de frangipane pour exister. Ici, on ne surcharge pas : on enveloppe. On rassure. On cale. Câest une galette qui ne cherche pas Ă impressionner, mais Ă tenir compagnie.
đ Tirer les rois, mais calmement
Dans le Haut-Doubs, on tire les rois sans hystĂ©rie, souvent aprĂšs un repas dĂ©jĂ solide, parfois en fin dâaprĂšs-midi, quand la nuit est tombĂ©e Ă 16h32 et que plus personne nâa vraiment envie de sortir. La couronne est posĂ©e sur la tĂȘte du roi ou de la reine du jour, gĂ©nĂ©ralement de travers, et personne ne remet en cause le rĂ©sultat, parce que ça ferait trop de bruit pour rien.
La vraie victoire, ce nâest pas la fĂšve.
La vraie victoire, câest dâavoir encore chaud aprĂšs la deuxiĂšme part.
đ§âđł La recette, parce quâon est sĂ©rieux deux minutes
Puisquâil faut bien la faire, cette galette comtoise, voici la recette traditionnelle franc-comtoise, simple, efficace, sans discours inutile.
đ§ș IngrĂ©dients (pour affronter lâhiver dignement)
- 25 cl de lait
- 70 g de beurre
- 130 g de farine
- 50 g de sucre
- 3 Ćufs
- 2 cuillÚres à soupe de crÚme fraßche épaisse
- 3 cuillĂšres Ă soupe de fleur dâoranger
- 1 pincée de sel
- 1 jaune dâĆuf pour la dorure
- 1 fÚve (facultatif, mais symboliquement appréciée)

Les instruments du goût
đ„ PrĂ©paration (sans prĂ©cipitation, il fait froid dehors)
- Préchauffer le four à 180°C.
- Faire chauffer le lait avec le beurre et le sucre jusquâĂ Ă©bullition.
- Ajouter la fleur dâoranger et le sel.
- Hors du feu, incorporer la farine dâun seul coup, bien mĂ©langer.
- Remettre sur feu doux jusquâĂ ce que la pĂąte se dĂ©tache des parois.
- Hors du feu, ajouter les Ćufs un Ă un, puis la crĂšme fraĂźche.
- Verser dans un moule beurré, cacher la fÚve avec dignité.
- Dorer au jaune dâĆuf.
- Enfourner 30 Ă 40 minutes, jusquâĂ ce que ce soit bien dorĂ©.
đïž Une galette comtoise qui tient chaud au moral
La galette franc-comtoise, câest un peu comme le Haut-Doubs lui-mĂȘme : pas dĂ©monstrative, mais fidĂšle, pas clinquante, mais fiable. Elle ne fait pas le buzz, elle fait le boulot. Et quand dehors tout est blanc, silencieux et vaguement hostile, elle rappelle que tout nâest pas perdu, tant quâil reste du beurre, du lait et un four qui fonctionne.
CrĂ©dit inspiration et transmission : @florinetournier sur Instagram, parce que mĂȘme les traditions ont besoin de passeurs â surtout quand il fait froid.
Et maintenant, excusez-nous, on va vĂ©rifier s’il faut dĂ©givrer le C15⊠et si la galette aussi.
đž Portrait â Florine Tournier, une crĂ©atrice qui fait du bien
Dans le paysage parfois un peu uniforme de la création de contenu, Florine Tournier se distingue par une approche sincÚre et profondément ancrée dans le réel. Photographe, vidéaste, rédactrice et créatrice de contenu, elle raconte des histoires qui donnent envie de sortir, de respirer et de prendre le temps, loin des formats creux et des tendances jetables.
Son travail sâarticule autour de la nature, des sports outdoor et du tourisme, avec une attention particuliĂšre portĂ©e Ă lâexpĂ©rience vĂ©cue. Chez elle, lâimage nâest jamais gratuite : elle accompagne un rĂ©cit, un effort, une mĂ©tĂ©o, un silence. Quâil sâagisse de randonnĂ©e, de vĂ©lo, de course en montagne ou de micro-aventures accessibles, Florine met en lumiĂšre des territoires sans les dĂ©naturer.
Ce qui frappe dans son contenu, câest lâauthenticitĂ©. Pas de posture forcĂ©e, pas de dĂ©cor surjouĂ© : simplement une maniĂšre juste de montrer le dehors tel quâil est, et de donner envie dây aller. Une approche qui rĂ©sonne naturellement avec lâesprit du Haut-Doubs, oĂč chaque sortie est dĂ©jĂ une aventure, surtout quand lâhiver sâinstalle. Et de temps en temps, de petites parenthĂšses culinaires.
Son regard, Ă la fois sensible et rigoureux, fait dâelle une crĂ©atrice prĂ©cieuse, capable de transmettre le goĂ»t du mouvement, du froid assumĂ© et des paysages qui se mĂ©ritent.
CrĂ©dit et clin dâĆil appuyĂ© : @florinetournier sur Instagram.

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đ„§ Dans le Haut-Doubs, quand la galette comtoise arrive, câest que lâhiver est bien installĂ©
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