Il faut appeler un chat un chat, un sapin un sapin, et une crĂšche⊠une crĂšche. C’est NoĂ«l dans le Haut-Doubs. Pas une vague âfin dâannĂ©eâ tiĂšde et aseptisĂ©e, sortie tout droit dâun PowerPoint RH animĂ© par un laĂŻcard en carton recyclĂ©.
NoĂ«l, avec des guirlandes qui clignotent trop fort, du ComtĂ© coupĂ© trop Ă©pais, et des discussions familiales qui dĂ©rapent avant le dessert. đ
Alors oui, on prend un peu de recul. On ralentit. On regarde par la fenĂȘtre. Mais ici, mĂȘme Ă NoĂ«l, la vie continue. Pas la vie instagrammable des stations Ă touristes, non. La vraie. Celle du Haut.
 Dans cet article
đŠ Pas de neige Ă touristes, mais toujours des hĂ©rissons
Il faut ĂȘtre honnĂȘte : cette annĂ©e encore, pas de neige carte postale pour les citadins en moonboots. Pas de poudreuse vendue au kilo sur les rĂ©seaux. En revanche, des hĂ©rissons, toujours des hĂ©rissons. FidĂšles au poste. Traversant la route Ă lâimproviste, entre deux villages, comme pour rappeler que mĂȘme Ă NoĂ«l, le Haut-Doubs reste un territoire hostile Ă toute forme de fluiditĂ© automobile.
Le hĂ©risson, câest notre flocon Ă nous. Il ne fond pas, il rĂ©siste. Et il surgit toujours au pire moment, juste quand on pensait arriver Ă lâheure chez belle-maman. đŠ
đ± GisĂšle, NoĂ«l, et lâiPhone qui dĂ©cide de mourir
NoĂ«l, câest aussi le retour des valeurs essentielles. Par exemple : voir sa petite-fille. CâĂ©tait le programme de GisĂšle. Simple. Clair. Sauf que voilĂ : lâiPhone a dĂ©cidĂ© que non. Ăcran figĂ©. Mise Ă jour intempestive. Photos qui disparaissent. Appels qui ne passent plus.
« Jâai voulu faire un FaceTime, jâai dĂ©clenchĂ© Siri, et maintenant il me parle en suĂ©dois », soupire-t-elle.
Mais rien nâarrĂȘte GisĂšle. Ni la technologie, ni Apple, ni la 4G capricieuse du Haut. Elle verra sa petite-fille. MĂȘme si pour ça, il faut imprimer une photo reçue par MMS et la plastifier. đ±
đ§ą GĂ©gĂ© a toujours un mot. MĂȘme Ă NoĂ«l.
Gégé, lui, observe tout ça avec ce mélange de lucidité et de mauvaise foi qui fait sa signature. Entre deux cafés serrés, une absinthe et un regard noir sur la météo, il lùche :
« NoĂ«l, câest comme la politique : tout le monde fait semblant dây croire, mais ici, on continue quand mĂȘme Ă pelleter. »

Un autre jour, devant une discussion sur âlâesprit des fĂȘtesâ :
« Lâesprit de NoĂ«l, je lâai surtout quand je vois la facture de chauffage. LĂ , je mĂ©dite. »
GĂ©gĂ© ne fait pas de vĆux. Il constate. Et il constate que dans le Haut-Doubs, mĂȘme Ă NoĂ«l, personne ne se raconte vraiment dâhistoires. đ§ą
đż Pendant ce temps-lĂ , le biathlon travaille en silence
Pendant que certains dĂ©battent de la couleur des boules du sapin, nos champions de biathlon sont dĂ©jĂ ailleurs. ConcentrĂ©s. Loin du bruit. La deuxiĂšme partie de saison se prĂ©pare. Et surtout, lâobjectif est clair : les Jeux Ă Antholz-Anterselva.
Lou Jeanmonnot affine ses réglages, loin des projecteurs.
Quentin Fillon-Maillet (QFM pour les initiés) travaille, ajuste, recommence.
Pas de grands discours. Pas de stories larmoyantes. Juste du froid, de la neige quand il y en a, et cette obsession locale pour la prĂ©cision. đż

đŻïž NoĂ«l, version Haut-Doubs
Ici, NoĂ«l ne suspend pas le rĂ©el. Il lâhabille Ă peine. On mange un peu plus. On rĂąle un peu moins (et encore). On pense aux absents. On pense aux routes. On pense Ă ceux qui bossent pendant que les autres ouvrent des cadeaux.
Dans le Haut-Doubs, NoĂ«l nâest ni un slogan, ni un concept. Câest un moment. Un vrai. Avec des hĂ©rissons, des bugs dâiPhone, des bons mots de GĂ©gĂ©, et des biathlĂštes qui prĂ©parent lâavenir pendant que le reste du pays digĂšre.
Et ça, ce nâest pas une âfin dâannĂ©eâ.
Câest juste NoĂ«l, ici. đ

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đ 2025 NoĂ«l dans le Haut-Doubs : pas une âfin dâannĂ©eâ. Et encore moins une parenthĂšse.
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