🧊 Borgen : Du Groenland au Haut-Doubs, la politique finit toujours par arriver

À force de regarder des sĂ©ries politiques scandinaves en chaussettes Ă©paisses, on finit par croire que tout ça est trĂšs loin de nous. Le froid, les compromis, les sourires polis derriĂšre lesquels se planquent des coups de poignard feutrĂ©s. Et puis soudain, l’actualitĂ© dĂ©cide de se rappeler Ă  notre bon souvenir collectif : non, ce n’est pas une fiction. Et oui, le Groenland existe vraiment.

Dans Borgen, tout commence souvent pareil : un territoire qu’on croyait secondaire, une ressource qu’on pensait abstraite, et une puissance Ă©trangĂšre qui se souvient brutalement que « finalement, c’est stratĂ©gique ». Le tout emballĂ© dans un dĂ©bat parlementaire propre, Ă©clairĂ© au nĂ©on, avec des gens qui boivent du cafĂ© noir en parlant d’éthique.

Ces derniĂšres semaines, l’actualitĂ© autour du Groenland a donnĂ© comme un lĂ©ger goĂ»t de dĂ©jĂ -vu. Un goĂ»t nordique, minĂ©ral, et vaguement ironique.

On connaissait “Les Simpson l’avaient prĂ©dit”. Cette fois-ci, c’est “Borgen l’a prĂ©dit”.

❄ Le Groenland, ce dĂ©cor qu’on croyait vide

Pendant longtemps, le Groenland a occupĂ© une place rassurante dans l’imaginaire collectif : beaucoup de glace, peu de monde, des phoques, et une mĂ©tĂ©o dissuasive. Un endroit idĂ©al pour ne surtout pas y penser.

Erreur classique.

Car comme dans Borgen, le territoire devient soudain central dùs lors qu’il concentre :

  • des ressources naturelles convoitĂ©es,
  • une position gĂ©opolitique stratĂ©gique,
  • et une autonomie politique suffisamment floue pour susciter toutes les convoitises.

Dans la sĂ©rie, c’est le Groenland qui rappelle au Danemark que l’empire tranquille a des angles morts. Dans la vraie vie, ce sont les grandes puissances qui redĂ©couvrent l’Arctique comme on redĂ©couvre une cave : « Ah tiens, on avait ça. »

🧊 SĂ©rie politique ou documentaire en avance

Ce qui frappe, quand on met les deux cĂŽte Ă  cĂŽte, ce n’est pas tant la ressemblance des situations que celle des mĂ©caniques.

Dans Borgen, on dĂ©bat d’écologie tout en signant des contrats miniers. On invoque les peuples locaux tout en nĂ©gociant au-dessus de leurs tĂȘtes. On parle souverainetĂ© en anglais, autour d’une table oĂč tout le monde a dĂ©jĂ  choisi son camp.

Dans l’actualitĂ© groenlandaise, le dĂ©cor change, mais les phrases sont les mĂȘmes. Les mots « sĂ©curitĂ© », « indĂ©pendance », « investissements » et « avenir » servent Ă  peu prĂšs Ă  tout, y compris Ă  expliquer pourquoi quelqu’un d’autre dĂ©cidera Ă  votre place.

Borgen Ă©claire l’actualitĂ© du Groenland : gĂ©opolitique, politique nordique et territoires stratĂ©giques vus par L’Ouest RĂ©publicain.

La fiction avait juste un peu d’avance.

đŸ”ïž Et le Haut-Doubs dans tout ça ?

La question mĂ©rite d’ĂȘtre posĂ©e, parce que dans le Haut-Doubs, on connaĂźt bien ce sentiment d’ĂȘtre pĂ©riphĂ©rique
 jusqu’au jour oĂč on ne l’est plus.

On est loin du Groenland, certes. Mais le principe est familier :

  • un territoire jugĂ© « peu dense »,
  • des habitants qu’on consulte surtout quand il faut illustrer un rapport,
  • et des dĂ©cisions prises ailleurs, au nom de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, souvent trĂšs gĂ©nĂ©ral.

À Mouthe, Ă  Pontarlier ou sur les plateaux exposĂ©s au vent, on sait ce que ça veut dire quand quelqu’un dĂ©couvre soudain votre territoire parce qu’il y a quelque chose Ă  en tirer. Bois, eau, neige, foncier, image carte postale : la liste change, la logique reste.

🧊 Quand la politique parle doucement, c’est rarement anodin

Ce que Borgen raconte trĂšs bien, c’est cette violence feutrĂ©e de la politique moderne. Pas de tanks, pas de cris. Juste des rĂ©unions, des notes confidentielles et des « il faut ĂȘtre rĂ©aliste ».

L’actualitĂ© groenlandaise fonctionne exactement pareil. Tout est calme, institutionnel, rationnel. Et pourtant, derriĂšre les mots polis, ce sont des Ă©quilibres anciens qui bougent, et des populations entiĂšres qui se demandent ce qu’elles pĂšseront dans l’équation finale.

Dans le Haut-Doubs, on appelle ça « une dĂ©cision technocratique ». Au Groenland, c’est une question de souverainetĂ©. La diffĂ©rence tient surtout Ă  la tempĂ©rature.

🧊 La fiction n’exagùre jamais tant que ça

MoralitĂ© : quand une sĂ©rie nordique commence Ă  ressembler Ă  un journal d’actualitĂ©, ce n’est pas qu’elle devient trop rĂ©aliste. C’est que le rĂ©el a dĂ©cidĂ© de copier le scĂ©nario.

Et pendant que le Groenland redĂ©couvre qu’il est au centre du monde, dans le Haut-Doubs, on se dit qu’au fond, on a peut-ĂȘtre bien fait de toujours se mĂ©fier des gens qui s’intĂ©ressent soudainement Ă  des territoires « qu’on croyait oubliĂ©s ».

La glace fond. Les cartes se redessinent.
Et comme souvent, la politique arrive sans prĂ©venir — mais jamais sans intention.


đŸ· Le dĂ©bat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest RĂ©publicain, le groupe de discussion rattachĂ© Ă  la page.

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