🌞 Marronnier d’Ă©tĂ© : quand la presse perd ses feuilles et meuble avec des guĂŞpes

La rĂ©daction – Chaque Ă©tĂ©, la presse vit une Ă©trange migration : l’actualitĂ© s’efface, les sujets sĂ©rieux fondent au soleil, et les journalistes partent en quĂŞte de guĂŞpes, de glaces fondantes et de “retours de marché”. C’est le règne du marronnier, ce monstre saisonnier qui meuble le vide en recyclant l’ennui. Reportage sous parasol.

📆 Éphémère, circulaire, indispensable : l’ère du marronnier est ouverte

Tous les ans, dès le 14 juillet passé, une odeur de transpi, de melon tiède et de sujet recyclé flotte sur les rotatives. C’est le retour du marronnier, cette tradition journalistique estivale qui consiste à meubler l’actualité avec des sujets qu’on ressort chaque année, comme les chaises longues en plastique à l’entrée du Super U.

Et non, on ne parle pas de l’arbre. On parle du concept éditorial gluant, glissé entre deux faits divers flasques : reportage à la piscine, micro-trottoir sur la crème solaire, photo de cigogne en contrejour. Le marronnier, c’est le tofu de l’info : ça n’a pas de goût, mais ça absorbe tout ce qu’on lui jette.

📜 Les 7 commandements du marronnier

Voici les règles implicites que tout média respecte l’été, surtout dans le Haut-Doubs :

  1. Un sujet mĂ©tĂ©o par jour, mĂŞme si le temps est “de saison”.
  2. Un zoom sur les touristes en claquettes (avec ou sans chaussettes).
  3. Une enquête sur un animal : méduse, frelon asiatique, hérisson qui traverse la RN57.
  4. Une recette fraîcheur avec du basilic (obligatoire).
  5. Une interview d’un plagiste, d’un maire ou d’un ado qui fait du paddle.
  6. Un article sur l’eau : trop d’eau, pas assez d’eau, qualité douteuse de l’eau.
  7. Un dossier “c’était mieux avant” : souvent sur les bals populaires, les feux d’artifice ou le prix de la baguette.
L’Ouest Républicain sort les dossiers frais pour survivre à juillet-août. Place aux bons vieux marronniers

Tout cela publié avec un enthousiasme de stagiaire forcé de titrer « La canicule, une chaleur pas si nouvelle ? » alors qu’il sue sur une chaise en skaï dans les bureaux de l’Ouest Républicain.

🤔 Mais pourquoi ça revient tous les ans ?

Parce que le président est à Brégançon, que les ministres sont planqués dans les Pyrénées, et que l’Assemblée nationale est vide. Parce que les gens veulent lire léger, et que les rédactions tournent à trois (dont Gisèle, qui s’occupe surtout du café et de l’horoscope).

Et surtout parce que ça clique. Rien ne marche mieux que “Les 5 glaces à tester à Métabief cet été” ou “Le top 3 des coins d’ombre pour échapper à la canicule entre Les Fourgs et Montbenoît”.

L’été, même Gérard Poncet, notre correspondant moustachu à Pontarlier, laisse tomber les dossiers explosifs sur les subventions agricoles pour pondre un papier sur “le retour du rosé-pamplemousse en terrasse chez Polo”.

🗞️ L’art d’enfiler les marrons dans le Haut-Doubs

Chez nous, on a élevé le marronnier au rang de discipline olympique.

Exemple

  • Chaque annĂ©e, un papier sur les bouchons Ă  Labergement.
  • Une chronique “C’est quoi cette odeur ?” sur la fromagerie locale.
  • Un tĂ©moignage de Gisèle : “Moi, je reste ici, et alors ?”
  • Et l’incontournable “Barbecue : attention aux incendies” alors qu’il a plu 11 jours sur 14.

Même les festivals sont devenus des points de repère éditoriaux. Dès qu’on entend les balances du Festiv’été de Gilley, on sait qu’il est temps de relancer le sujet sur “l’essor du ukulélé chez les jeunes frontaliers”.

đź”® Et sinon, il se passe des choses ?

Oui. Mais ce serait gâcher un bon marronnier. On ne va pas traiter la réforme de la fiscalité locale quand on peut envoyer Djäysonne faire un sujet sur “les jeunes qui ramassent des myrtilles pour se payer une trottinette électrique”. On aurait presque des scrupules.

D’ailleurs, le MHDGA, par souci de cohérence territoriale, a proposé que les vrais marronniers soient recensés et labellisés “patrimoine éditorial local” : chaque rédaction devra planter un arbre dans son jardin, un pour chaque sujet recyclé. Gérard Poncet a commencé : son gilet sans manches a déjà germé.

🕰️ À suivre

Demain : “Les truites aussi souffrent de la chaleur ?”, suivi d’un débat animé entre un pêcheur, une militante végan et un adjoint à la biodiversité de Frasne.

Si vous aussi vous avez repéré un marronnier local en pleine floraison éditoriale (sujet recyclé, interview molle, ou reportage sur des glaces artisanales), n’hésitez pas à nous le signaler.
➡️ On les recense tous dans notre inventaire annuel des sujets qu’on a déjà lus mille fois : Top 3 des trucs qu’on a vraiment vus dans un champ du Haut-Doubs

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🍷 Le débat se poursuit dans Le Comptoir de L’Ouest Républicain, le groupe de discussion rattaché à la page.

🔗 D’autres rebondissements, révélations ou photos floues à propos de ce sujet vous attendent sur nos réseaux :

🔗 Des mots vous semblent obscurs dans cet article ? Vous êtes probablement des gens du Doubs-Du-Bas, ou de la France-Du-Bas. Pas de panique : on vous aime quand-même, mais on vous suggère fortement de jeter un œil à notre glossaire.

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