Par DjÀysonne, notre stagiaire, actuellement en infiltration au bal de Noël de Gilley
Une bourrée, deux regards, trois rapports
Ă lâheure oĂč la sĂ©curitĂ© devient une prioritĂ© nationale, certaines communes du Haut-Doubs ont optĂ© pour une solution innovante et… inattendue : le folklore. Fini les camĂ©ras, place aux cloches, sabots et violons. Chaque pas de danse est dĂ©sormais une donnĂ©e, chaque accordĂ©on une antenne.

Ă Gilley, la mairie a officiellement intĂ©grĂ© les bals folks au plan local de sĂ©curitĂ© participative. DjĂ€ysonne, notre stagiaire, y a Ă©tĂ© envoyĂ© en immersion. « Je me suis fait inviter Ă une contredanse par une retraitĂ©e du Cantal dĂ©guisĂ©e en vache MontbĂ©liarde. Elle mâa posĂ© des questions sur mon adresse IP. »
Il n’Ă©tait pas prĂȘt Ă cette mĂ©thode de surveillance citoyenne, DjĂ€ysonne, lui qui donne toutes ses donnĂ©es Ă Meta en cliquant “j’accepte” sur tous les cookies.
La mĂ©thode est simple : on organise un bal, on distribue des galettes Ă la saucisse de Morteau, et on observe. Qui parle Ă qui ? Qui Ă©vite qui ? Qui connaĂźt les pas de la polka de Pontarlier ? Les informations remontent via un mystĂ©rieux “ComitĂ© des Traditions en Vigilance”. On parle de comptes-rendus transmis au sous-prĂ©fet de Pontarlier par pigeon voyageur masquĂ©.
Les associations culturelles sont partagĂ©es. Certaines voient lĂ une occasion unique de faire revivre les traditions locales, tandis que dâautres dĂ©noncent une instrumentalisation douteuse du patrimoine. Lâorchestre local âLes Sonneurs Frontalier·esâ a mĂȘme annulĂ© sa tournĂ©e dâhiver pour protester.
« On ne veut pas que notre valse serve Ă fliquer nos voisins, la surveillance citoyenne est une dictature qui ne dit pas son nom ! Macron dĂ©mission ! », explique la violoniste du groupe, en larmes, devant une banderole “LibĂ©rez les bourrĂ©es !” dĂ©ployĂ©e sur la place de la mairie de Morteau.
Des sabots connectés pour le bien commun
Dans certaines zones tests comme Mouthe ou Les HĂŽpitaux-Vieux, les danseurs portent mĂȘme des sabots connectĂ©s (fabriquĂ©s Ă Frasne) capables de dĂ©tecter les irrĂ©gularitĂ©s de rythme â un indicateur fiable, selon les autoritĂ©s locales, du degrĂ© de subversion politique latent.
Un Ă©lu de MĂ©tabief tĂ©moigne sous couvert dâanonymat : « Une personne qui ne sait pas suivre une valse peut difficilement suivre une consigne de confinement. » Depuis, le port du sabot connectĂ© est recommandĂ© pour toute manifestation publique non dĂ©clarĂ©e de plus de huit danseurs.
Le programme de surveillance citoyenne s’Ă©tend dĂ©sormais aux Ă©coles. Ă Jougne, les enfants apprennent la polka et le pas de la morvandelle dĂšs le CP, avec un suivi comportemental basĂ© sur le volume de clochettes activĂ©es. Un dispositif baptisĂ© “TradimĂštre”, pilotĂ© depuis un poste informatique situĂ© sous le clocher de Chapelle-des-Bois.
Mais certains habitants se rebellent : des bals clandestins, appelĂ©s “folks subversifs”, se multiplient dans les granges de la vallĂ©e de la Loue. On y danse sans surveillance, parfois mĂȘme en chaussettes. Les sabots sont laissĂ©s Ă lâentrĂ©e, sous une pancarte “ICI ON SWINGUE LIBRE”.
Ce modĂšle a dĂ©jĂ suscitĂ© des dĂ©bats en rĂ©gion. Un collectif baptisĂ© âLibertĂ© pour les Jigsâ milite pour le droit de danser sans surveillance. « On veut bien faire la scottish, mais pas sous Ă©coute ! », peut-on lire sur leur tract imprimĂ© en typo Franche-ComtĂ©.

Vous avez dit “surveillance citoyenne” ?
Mais les communes du Haut-Doubs restent fiĂšres. Une source proche de la mairie de Chapelle-des-Bois parle mĂȘme d’Ă©tendre le programme aux soirĂ©es raclette intercommunales. La prĂ©fecture, elle, Ă©tudie la faisabilitĂ© dâun label âBal sĂ©curisĂ©â pour les festivals alpins.
Bref, en matiĂšre de surveillance citoyenne, faites vos propres recherches : nous sachons !

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đïžâđšïžSurveillance citoyenne : le folklore du Haut-Doubs comme nouvel outil sensationnel
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